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Lumières sur Conrad L. Hall à la Maison James Norman Hall


TAHITI, le 19 juillet 2021 - Pendant trois semaines, des projections de films de Conrad Hall sont prévues à la Maison James Norman Hall. Ces projections sont introduites par sa fille, Kate, de passage sur le territoire. Elles sont suivies par un cocktail auquel Kate participe. L’occasion d’en savoir plus sur l’un des plus grands réalisateurs du XXe siècle.

Si la vie de James Norman Hall est toujours dans les mémoires polynésiennes, celle de son fils Conrad reste plus confidentielle. Pourtant, selon Kate Hall, la fille de Conrad, petite-fille de James, Conrad n’a rien à envier à son père en termes de notoriété, de création, de succès (lire aussi cet article. "Grâce à ses merveilleuses histoires, James a ouvert la Polynésie au reste du monde à bien des égards tandis que Conrad est l’un des plus grands réalisateurs du XXe siècle."

Né en 1926 à Tahiti, Conrad L. Hall est devenu un jeune homme qui "comme beaucoup de jeunes hommes" a souhaité "marcher dans les pas de son père". Arrivé à l’université, il a toutefois pris conscience qu’il n’avait "pas le talent des mots". En revanche, il s’est aperçu qu’il avait "celui de l’image et de la lumière". Tout au moins, à cette époque, en avait-il l’envie.

Un héros pour les cinéastes

Sa carrière professionnelle a duré plus de 50 ans, il a été nominé pour dix Oscars, en a remporté trois pour Butch Cassidy et le Kid en 1969, American beauty en 1999 et Les Sentiers de la perdition en 2002. "Il est un pionnier dans son domaine, un héros pour les cinéastes du monde entier", rapporte sa fille.

Pour lui rendre hommage, Kate Hall a choisi trois films qui sont projetés les vendredis soir depuis le 16 juillet au musée James Norman Hall à Arue. Ce ne sont pas les titres les plus connus, "mais ce sont de petites pépites", assure Kate Hall, "des trésors qui me touchent". Elle a également apporté deux des trois Oscars de son père. Elle introduit chacune des projections en revenant rapidement sur le parcours professionnel de Conrad L. Hall et ajoute des anecdotes qui éclairent le public sur sa vie.

Lors de la première projection, vendredi, elle est revenue sur le film Morituri et les conditions d’embauche de Conrad L. Hall et sa rencontre avec Marlon Brando au début des années 1960. Lors du tournage des Révoltés de la Bounty à Moorea et Bora Bora, ils se sont découverts. Conrad L. Hall travaillait dans la deuxième unité de tournage, celle qui capte les paysages et autres scènes d’habillage. Marlon Brando était déjà "une méga star", souligne Kate Hall. "Mon père était au tout début de carrière."

Une rencontre décisive

Quelques temps plus tard, Marlon Brando "qui avait dû trouver mon père sympa lui a demandé de tourner Morituri." Ce film était un gros projet à 100 millions de dollars. Un challenge pour Conrad L. Hall. "Honnêtement, connaissant les excentricités de Marlon, mon père se disait que de toute façon la décision finale reviendrait au producteur, à Aaron Rosenberg." Lequel, il en était persuadé, ne donnerait pas sa chance à un débutant pour ce projet ambitieux. C’était sans compter sur la force de persuasion de Marlon Brando qui a posé un ultimatum au producteur : "Il a dit à Aaron que s’il ne prenait pas Connie, alors il refusait de jouer pour lui". Connie étant le surnom de Conrad L. Hall.

Morituri était un thriller. Il se déroulait principalement la nuit. La pression était forte pour le réalisateur. Une technique de l’époque permettait alors de tourner de jour tout en rendant une ambiance nocturne. Mais cette technique devait être sensible. "Un premier coup de fil du laboratoire à mon père lui apprit que les images envoyées étaient complètement noires." Ce qui signifiait que le tournage était à refaire. "Mon père a demandé au labo de retravailler sur la pellicule, de pousser les contrastes, de trouver d’autres produits et/ou mélanges avant de s’avouer vaincu." Deuxième coup de fil du laboratoire : "Nous avons pu récupérer les images qui sont, contre toutes attentes, de meilleure qualité que tout ce qu’on a pu faire jusqu’alors !" Une ambiance tout à fait particulière s’en dégageait. Ainsi, une nouvelle tendance était née dans le milieu. "Cette expérience a donné à mon père le courage de prendre des risques tout au long de sa carrière. Il a pu faire, grâce à cela, de la magie, tomber sur des accidents heureux." Morituri, sorti en 1965 a été nominé aux Oscars.




Programme

Vendredi 23 juillet : projection de American Beauty. Séances à 18 heures.
Samedi 24 juillet : Histoires du conteur Douglas Pearson sur le thème : l’univers cartographique de Géo Détectout. De 10 heures à midi ou de 13h30 à 15h30.
Vendredi 30 juillet : projection de Cold Hand Luke. Séances à 18 heures.

Ambiance projection au musée.
  • Ambiance projection au musée.
  • Conrad L. Hall reçoit un Oscar.
  • Un Oscar.
Contacts

Réservation et renseignements directement à la Maison James Norman Hall.
Tél. : 87 33 56 16.
FB : Maison James Norman Hall Tahiti

Rédigé par Delphine Barrais le Lundi 19 Juillet 2021 à 14:14 | Lu 1256 fois