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Listes orange-bleu : Où en est-on ?



Tahiti, le 30 décembre 2019 – Si le président du Tahoera’a Gaston Flosse évoque désormais ouvertement la constitution de listes d’union anti-Tapura baptisées « Amuitahira’a » qu’il appelle de ses vœux dès les prochaines municipales, le leader du Tavini Oscar Temaru est bien plus mesuré. Pour autant, dans la plupart des communes, des discussions sont entamées entre les deux camps avec plus ou moins de réussite.
 
Gaston Flosse est véritablement sorti du bois ce week-end en affichant publiquement sa stratégie pour les prochaines municipales. Une stratégie qu’il résume en un mot : « Amuitahira’a », du nom des listes d’union anti-Tapura qu’il appelle de ses vœux pour les communales des 15 et 22 mars prochain. Sur TNTV vendredi soir tout d’abord, le leader du Tahoera’a a confirmé sa volonté de constituer des listes bleu-orange dans un maximum de communes : « Ca se confirme au niveau des fédérations dans chaque commune, jusqu’aux îles Sous-le-Vent. Hier au soir encore nous discutions avec les représentants Tavini de Taputapuatea et l’accord a été conclu pour cette liste d’alliance, le Amuitahira’a. »
 
Le lendemain, à l’occasion du bal annuel du parti au motu Ovini -sur les terres d’Oscar Temaru à Faa’a- Gaston Flosse a appelé ses militants à adhérer à la stratégie de « rassemblement » qu’il entend conduire depuis les municipales de 2020 jusqu’aux territoriales de 2023. « Ce ne sont que des municipales me direz-vous ? Elles sont capitales », a lancé l’ancien président du Pays à ses troupes. « Ce sera la première étape pour arriver ensuite en 2023 et proposer aux électeurs de Polynésie une réelle alternative avec le Amuitahira’a ». Gaston Flosse entend en effet attaquer le parti d’Edouard Fritch sur ses fondements : les tavana. Depuis les sénatoriales de 2015, les maires de Polynésie française constituent en effet le socle électoral d’un Tapura qui a globalement remporté toutes ses batailles électorales : législatives et présidentielle de 2017, territoriales de 2018, européennes de 2019…
 
« Après les élections municipales de 2020, il y aura en septembre de la même année les élections sénatoriales. La dynamique que nous aurons impulsé en mars prochain trouvera là, pour le Amuitahira’a, une autre occasion de s’illustrer », a détaillé samedi Gaston Flosse au pupitre devant ses militants. « En 2022, il y aura les élections législatives. Là encore, le Amuitahira’a, planté deux ans plus tôt, pourra à nouveau donner de beaux fruits que nous enverrons à l’Assemblée nationale. Enfin en 2023, ce sera le grand rendez-vous, pour choisir une nouvelle majorité politique à qui les électeurs confieront les destinées de notre Pays. » Pourtant, si le plan est parfaitement clair dans l’esprit du leader orange, il l’est beaucoup moins dans celui du leader du Tavini, Oscar Temaru.

Je t'aime, moi non plus

Dès dimanche, la secrétaire générale du parti bleu ciel rappelait sur Tahiti Infos la ligne adoptée par le Congrès du Tavini pour les municipales : des « listes d’ouverture » possibles mais étudiées « au cas par cas ». Et pour chacune de ces listes d’ouvertures, six à sept « conditions » sont imposées aux éventuels partenaires parmi lesquelles l’impossibilité de mettre de côté la décolonisation ou la plainte pour crime contre l’humanité visant la France pour les essais nucléaires. Contacté lundi matin, le président du Tavini Huiraatira, Oscar Temaru, balaye même le concept de l’union Amuitahira’a voulu par Gaston Flosse. « Ca, c’est sa salade à lui », cingle le leader indépendantiste.
 
En interne au parti bleu ciel, on prend bien soin également de garder ses distances avec le leader du Tahoera’a et sa stratégie électorale. Même si dans le même temps, on ne renie pas entièrement la finalité de la démarche. « On veut expliquer à nos militants que nous ne sommes pas dans une stratégie d’opportunité électorale à n’importe quel prix, mais que nous avons une idéologie et des valeurs qui dépassent ces municipales », explique un cadre du parti qui concède néanmoins : « après quand mathématiquement la victoire est possible comme c’est le cas dans certaines communes, on ne peut pas non plus aller à l’encontre de ce que nous demande la base sur le terrain ».
 
Sur le terrain justement, des listes d’union constituées de personnalités fortes des deux partis apparaissent déjà à Paea, Teva i Uta ou encore Arue. Des discussions sont encore en cours, notamment à Papeete avec Gaston Flosse, et même la liste d’Oscar Temaru à Faa’a pourrait accueillir un Tahoera’a historique en la personne de Jean Temauri. De quoi faire vaciller l’édifice électoral des tavana du Tapura ? Réponse en mars prochain.

Les unions possibles aux îles du Vent

Les discussions sont particulièrement avancées dans deux communes de Tahiti sur la constitution de listes d’union réunissant des candidats Tahoera’a et Tavini. A Paea, une entente a été conclue depuis déjà plusieurs mois et le parti orange soutiendra une liste unique menée par le numéro deux du parti indépendantiste, Anthony Géros, sur laquelle figurent des sympathisants des deux camps. A Teva i Uta également, les discussions sont particulièrement avancées entre l’ancien député Tahoera’a et ex-maire délégué de Papeari, Jonas Tahuaitu, et la représentante Tavini et ancienne maire de Teva i Uta, Valentina Cross. C’est le candidat orange qui devrait mener la liste, même si le Tavini tempère en indiquant que rien n’a été décidé officiellement pour l’heure.
 
Sans faire de bruit, la création d’une autre liste d’union réunissant des membres du Tahoera’a et du Tavini est en formation à Arue derrière la présidente du groupe orange à l’assemblée, Teura Iriti. Un rassemblement qui se veut « plus large » que le fameux Amuitahira’a cher à Gaston Flosse, précise-t-on dans les deux camps, avec une ouverture à la société civile. Plus en retrait pour cette élection, Richard Tuheiava « travaille » avec Teura Iriti, confirme-t-on également au sein des deux partis. Seul bémol, cette « union » fera notamment face à la liste menée par Tepuanui Snow. Lui-même ancien porte-parole du Tahoera’a…
 
Là où ça discute encore...
 
Dans la capitale, l’idée d’une liste d’union Tahoeraa-Tavini pour peser face au maire Tapura Michel Buillard a déjà largement été discutée ces derniers mois entre les deux partis d’opposition. Pour autant, aucune décision définitive n’a encore été prise. Côté Tavini, la représentante Minarii Galenon a été adoubée par le parti indépendantiste pour mener la liste avec notamment le président de Te Reo o Tefana, Heinui Le Caill. Côté Tahoeraa, le leader du parti Gaston Flosse doit encore remporter son bras de fer avec la commune pour valider son inscription sur les listes électorales et pouvoir se présenter officiellement. Les deux candidats ne sont pas opposés à une liste d’union dès le premier tour. Mais la décision qui devra attendre, d’une part, la clarification de la situation de Gaston Flosse et, d’autre part, la validation finale du Tavini pour l’heure beaucoup plus réservé que le Tahoera’a sur cette liste commune.
 
A Mahina, le Tapura partant pour l’heure divisé, le Tahoeraa essaie de convaincre le Tavini de s’unir pour tirer son épingle du jeu. Le nom de l’ancienne ministre, Natacha Taurua, revient avec insistance dans l’entourage du parti orange pour mener une liste d’union. « Rien n’est encore fait », tempère-t-on au Tavini.
 
Beaucoup plus curieusement, à Faa’a, dans le fief incontesté d’Oscar Temaru, le Tahoera’a Jean Temauri pourrait entrer sur la liste menée par le leader indépendantiste. Les discussions sont toujours en cours et leur interprétation varie selon les deux camps. Côté Tavini, on explique que Jean Temauri s’est démarqué du Tahoera’a ces derniers temps. Côté Tahoera’a, on affirme que l’entrée de Jean Temauri dans la liste d’Oscar Temaru est en négociation et devra être accompagnée de quelques autres noms orangés… 
 
Là où ça ne passe pas...
 
Dans certaines communes en revanche, l’accord semble bien plus difficile à trouver. A Papara, on peut même compter deux listes Tahoera’a et deux listes Tavini. Bruno Sandras menant la liste officielle du Tahoera’a et Médéric Tehaamatai celle officielle également du Tavini. Clément Le Gayic et Michel Snow menant des listes dissidentes.
 
Sans véritable enjeu pour les deux partis, la commune du président du Pays à Pirae semble tellement inaccessible que le Tavini comme le Tahoeraa ne concentrent pas vraiment leurs tractations. Thilda Harehoe est annoncée pour mener la liste Tavini. Une autre liste Tahoera’a étant en préparation.
 
A Punaauia, la situation a déjà évolué et peut encore changer d’ici le dépôt des listes. Mais il apparaît que le Tavini proposera sa liste menée par Cécile Mercier. Le Tahoera’a n’ayant pour l’heure aucun candidat officiel.
 
Enfin, rien n’apparaît très clair à Moorea où le Tahoera’a évoque le nom de la Tavini Christiane Kelley pour sa liste d’union. Tandis que le parti bleu ciel annonce miser davantage sur Benoît Tarahu.

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 31 Décembre 2019 à 06:02 | Lu 3569 fois





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