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Les tāvana dressent leur bilan à mi-parcours



Les élus communaux dresseront le bilan de leurs actions durant ce congrès qui se terminera jeudi.
Les élus communaux dresseront le bilan de leurs actions durant ce congrès qui se terminera jeudi.
MAHINA, le 31/07/2017 - Le 28ème congrès des communes a ouvert ses portes ce lundi à Mahina. L'occasion pour les élus des 48 communes Polynésiennes de voir ce qui a été fait à mi-parcours, et ce qui devrait être mis en place durant les trois prochaines années. Dans leurs discours, le Pays se dit satisfait de ses relations avec les communes. Mais le Haut-commissaire met les maires en garde.

Les tāvana des 48 communes de Polynésie française sont en congrès jusqu'à jeudi à Mahina. Accompagnés des conseillers municipaux, et des cadres communaux, ils tireront le bilan des actions qu'ils ont mené durant les trois premières années de leur mandature, que ce soit positif ou négatif. Une initiative qui leur permettra de parler des futures actions à mener durant le reste de leur mandat.

Lors du dernier congrès qui s'est tenu à Taravao, l'an dernier, les maires avaient demandé le transfert des compétences sur certains domaines. Un an plus tard, le président du Syndicat pour la promotion des communes, Cyril Tetuanui semble être satisfait. "On a beaucoup avancé sur les discussions avec le Pays. On nous a entendus. C'est vrai que cette résolution a résonné comme un ultimatum, mais quinze jours après, tout est rentré dans l'ordre. Le Pays avait mal compris le message des tāvana au niveau des finances, des compétences que l'on doit transférer aux communes, le social. Ce sont des compétences du Pays. Nous, nous ne faisons que les exécuter en toute illégalité. Donc, les maires ont demandé à ce qu'on légalise la situation."

"Notre message de l'année dernière est déjà de dire que dans le cadre des compétences actuelles, nous avons encore des choses à faire. Néanmoins, le Président est toujours resté ouvert, et il y a une concertation avec le SPC sur l'évolution de la loi organique, parce que ce n'est pas le Pays qui décide des compétences. C'est dans le cadre de la loi organique, donc du statut de la Polynésie. Je crois que nous avons aujourd'hui une proposition de modification de la loi organique qui recueille aussi le soutien du SPC. Maintenant, il faut que ça passe au parlement national, et donc c'est avec le gouvernement de Monsieur Macron qu'il faut qu'on se mette d'accord sur le calendrier pour faire cette modification de la loi organique polynésienne. J'espère que ça va se faire dans les prochains mois. Ça fait partie des sujets que l'on doit discuter avec le Ministère de l'Outre-mer, le mois prochain", répond Teva Rohfritsch, vice-président du Pays.

De son côté, le maire de Arue reste prudent : "Il y a un certain nombre de compétences qui ont été dévolues aux communes. Je prends par exemple, le cas du développement économique et de l'aménagement sur les terrains militaires. C'est sûr que les maires voudraient que cette compétence soit étendue sur l'ensemble des communes en Polynésie, ce que je trouve tout à fait normal. Je leur dirai simplement : commençons déjà par ce que le gouvernement nous a déjà donné, mettons ces compétences en œuvre. Pour l'instant, nous en sommes encore loin. Arue a reçu la compétence en matière de développement économique, comme la commune de Pirae, Papeete, Taiarapu Est et Mahina. Mais nous n'avons pas encore mis en œuvre parce que ce n'est pas si simple que ça. Les procédures sont lourdes, la question du financement se pose également, etc. Ce sont autant de questions qui doivent être réglées et ce n'est pas aussi simple que cela", explique Philip Schyle.

Un avis qui est partagé par plusieurs de ses homologues.

ARUE ET FAA'A HORS DU SPC

Si l'ensemble des communes en Polynésie française fait partie du Syndicat pour la promotion des communes (SPC), deux d'entre elles font encore bande à part : Arue et Faa'a, ce qui n'empêche pas leurs élus de travailler avec le SPC.

"La commune de Arue ne fait toujours pas partie du SPC pour des raisons historiques qui remontent déjà à plusieurs années, où on considérait que le SPC était un organe politique. Depuis un certain nombre d'années, ce n'est plus une réalité. Mais je vous avouerai qu'avec mes élus municipaux, mes collaborateurs, nous estimons qu'on a une position confortable. Cela n'empêche pas Arue d'être solidaire avec toutes les communes", raconte Philip Schyle.

Le discours est le même du côté de Faa'a : "Nous participons, depuis cette mandature, aux travaux sur lesquels nous sommes sollicités. Nous apportons notre pierre, mais pour des raisons pour des raisons financières notamment, nous sommes très réticents à faire partie d'une organisation telle que le SPC. Parce que nous avons au niveau de la commune de Faa'a, l'ensemble des personnes ressources sur le plan juridique, institutionnel, des ressources humaines, de la sécurité dont nous avons besoin", dit Robert Maker, adjoint au maire de Faa'a.

Et puisque le congrès est basé sur le bilan à mi-parcours, les élus de Arue et de Faa'a tirent un bilan positif de ce qui a été annoncé lors des Municipales de 2014. "Les terrains militaires figuraient dans mon programme, mais ce n'est pas fini. Il y a aussi d'autres projets dans les quartiers à poursuivre. Le SPC fait aujourd'hui une bonne démarche, sur le fait de s'arrêter, de regarder le chemin qui a été parcouru, et de se projeter pour les trois ans qui reste jusqu'au terme du mandat. Qu'est-ce qui nous reste à faire ? Comment est-ce qu'on peut le faire ? Est-ce qu'on pourra le faire ? Parfois, il faut savoir se remettre en cause, et se dire qu'on n'a pas réussi à certains endroits, parce qu'on n'a pas les moyens et c'est plus compliqué que ce qu'on avait prévu", déclare Philip Schyle.

"Nous pensons que c'est un bilan positif puisque la plupart du programme que nous avons exposé en 2014 est accompli au fur et à mesure sur le terrain", rajoute Robert Maker.

En tous les cas, chaque commune fera son bilan. Jeudi, ils mettront sur papier ce qu'ils devront faire pour atteindre les objectifs qu'ils se fixeront jusqu'en 2020.

Et l’État et le Pays resteront des partenaires essentiels dans le développement des communes.

LES MISES EN GARDE DE L’ÉTAT

"Ne souhaitez rien, ne proposez rien qui puisse apparaître ou être interprété comme une volonté d'affaiblir l'exécutif", les mots sont durs et pourtant le Haut-commissaire estime que cette pratique est essentielle pour se faire entendre "car c’est toute la collectivité qui en pâtirait dans un contexte national qui justifie la prudence et où toute situation perçue comme incertaine ou instable serait porteuse de réticence".

Si le message n'est pas compris, les communes auront du souci à se faire, puisque cela leur ferait perdre non seulement le soutien de l’État, "mais encore plus l’esprit d’entreprendre de tous les investisseurs locaux et internationaux qui fondent des espoirs sur une reprise qui frémit", déclare René Bidal, Haut-commissaire de la Polynésie française.

Cependant, le Haut-commissaire a tout de même tenu à rassurer les élus communaux en leur faisant un petit récapitulatif de la contribution de l’État aux communes sur la période 2013 à 2017. "Toutes dotations confondues, progresse de plus de 10 %, passant de 11,09 milliards de francs pacifiques en 2013 à 12,21 milliards en 2017", souligne René Bidal. "Malgré la baisse de presque 26 % de la quote-part de l’État au FIP sur cinq ans".

Un message qui a bien été entendu par les élus communaux.

Ce mardi, les choses sérieuses commenceront puisque les congressistes seront répartis dans différents ateliers basés, entre autres, sur les outils juridiques et financiers mis en œuvre par les municipalités.


Ce congrès réunit les élus communaux mais aussi leurs cadres.
Ce congrès réunit les élus communaux mais aussi leurs cadres.

Plusieurs ateliers sont installés dans les jardins des écoles maternelle et élémentaire de Fareroi. Ici, le stand tenu par le Centre de gestion et de formation.
Plusieurs ateliers sont installés dans les jardins des écoles maternelle et élémentaire de Fareroi. Ici, le stand tenu par le Centre de gestion et de formation.

Malgré que la commune de Arue ne fasse pas partie du SPC, son maire et ses élus travaillent avec le syndicat.
Malgré que la commune de Arue ne fasse pas partie du SPC, son maire et ses élus travaillent avec le syndicat.

L'ensemble des participants au 28ème congrès des communes.
L'ensemble des participants au 28ème congrès des communes.

Rédigé par Corinne Tehetia le Lundi 31 Juillet 2017 à 18:45 | Lu 1241 fois




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