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Les élections fidjiennes déclarées crédibles, la communauté internationale applaudit



SUVA, jeudi 18 septembre 2014 (Flash d’Océanie) – Le groupe d’observateurs internationaux, coprésidé par l’Australie, l’Indonésie et l’Inde et chargé de veiller au bon déroulement des élections législatives qui se sont déroulées mercredi à Fidji, a donné de fait une première légitimité à ce scrutin en le qualifiant jeudi de « crédible ».
« Ce fut une élection crédible », estime ce groupe international constitué d’un total de plus de 90 observateurs représentants onze pays, dont la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, les États-Unis, ainsi que des experts de l’Union Européenne.
Il estime aussi que les conditions ont été réunies pour que les Fidjiens aient pu exercer librement leur droit de vote et que ce scrutin a été mené « dans une atmosphère de calme, exempte de malversations électorales ou d’intimidations évidentes ».

« Alors que le dépouillement se poursuit et que les résultats restent à être finalisés, nous estimons que le résultat est en passe de « représenter largement la volonté des électeurs fidjiens », poursuit un communiqué de ce groupe, qui estime par ailleurs que le processus en cours de dépouillement « semble bien organisé et consciencieux, aussi bien dans les bureaux de vote qu’au centre national de dépouillement et des résultats (établi dans une salle omnisports de la capitale Suva).
« Le bureau fidjien des élections et ses agents ont été compétents, professionnels et dévoués dans l’exercice de leurs fonctions, parfois dans des circonstances difficiles », a poursuivi le communiqué.
Ce groupe d’observateur tempère toutefois son évaluation en admettant, sans avoir observé d’irrégularités « significatives », avoir constaté « quelques problèmes, en particulier dans l’enregistrement des électeurs, pendant la période ayant précédé le scrutin et pour les votes par correspondance ».
Ces couacs, selon le groupe, seraient partiellement attribuables à une « courte période de préparation ».
Après cette déclaration préliminaire, un rapport complet concernant ces élections devrait être remis ultérieurement.
Les législatives fidjiennes sont les premières à avoir été organisées dans cet archipel après le putsch de décembre 2006.
Les résultats officiels ne seront proclamés que dans plusieurs jours, mais les décomptes en cours donnent l’ancien chef de l’armée fidjienne et auteur du putsch du 5 décembre 2006, Franck Bainimarama, comme largement en tête avec plus de soixante pour cent des voix, à la tête du parti qu’il a créé, Fiji First.

Jeudi, les réactions se sont multipliées de la part de la communauté internationale.

Depuis Paris, le ministère français des affaires étrangères a salué « le bon déroulement des élections législatives du 17 septembre, qui marquent le retour du pays à la démocratie. »
La France « se tient prête à travailler avec les autorités nouvellement élues et à renforcer notre coopération bilatérale, notamment dans le domaine de l'intégration des collectivités françaises du Pacifique dans leur environnement régional », poursuit une déclaration du porte-parolat au Quai d’Orsay.

Depuis Bruxelles, l’Union Européenne, mercredi, saluait elle aussi, via son porte-parolat, la tenue de ces élections dans un climat « paisible ».
Bruxelles souligne aussi le fort taux de participation, « y compris chez les jeunes, qui pour beaucoup votaient pour la première fois. Les autorités électorales devraient maintenant administrer le processus électoral en toute transparence et ceci jusqu’à sa conclusion. L’Union Européenne s’engage à travailler étroitement avec le gouvernement élu en vue de soutenir la consolidation de la démocratie dans ce pays », ajoute l’UE.

Après le putsch de 2006, Fidji a été suspendu du Commonwealth (en septembre 2009) et du Forum des Îles du Pacifique (en mai 2009).
De nombreux programmes d’aide au développement, dont ceux de l’Union Européenne, ont aussi été gelés, à l’exception de volets strictement humanitaires.

Les enjeux géopolitiques

Ces élections, censées marquer le retour de Fidji dans le giron des démocraties, sont aussi perçues comme hautement stratégiques au plan des équilibres régionaux.
Elles devraient sceller le réchauffement entre Fidji, puissance incontournable dans la géopolitique régionale, et le bloc occidental.
Durant les années post-putsch, marquées par les sanctions imposées par les grands voisins occidentaux (Australie et Nouvelle-Zélande), Fidji a joué à fond la carte de la diversification géostratégique.
L’archipel, sous la férule de Franck Bainimarama, a multiplié les alliances et coopérations diplomatiques, économiques et militaires avec d’autres pays, à commencer par la Chine, très présente en Océanie, ou encore des pays comme l’Indonésie, Cuba ou la Russie.


En Australie, la ministre des affaires étrangères Julie Bishop a elle aussi « félicité Fidji pour la tenue des élections du 17 septembre, les premières depuis 2006. Ce fut un jour historique pour le peuple de Fidji », a-t-elle estimé en confirmant que Canberra se réjouit de travailler avec le nouveau gouvernement fidjien « lorsqu’il sera formé ».

En Nouvelle-Zélande, le ministre des affaires étrangères, Murray McCully, s’est lui aussi fendu d’un communiqué jeudi dans lequel il applaudit et de félicite du « retour de Fidji aux urnes ».
« Ces élections sont un événement significatif, à la fois pour Fidji et pour la région Pacifique dans son ensemble », a-t-il estimé et annonçant par avance sa volonté de travailler avec le prochain gouvernement.

Par contraste, toujours jeudi à Suva, un groupement des six partis en lice autres que Fiji First et notamment composé du SODELPA (qui, derrière le parti en tête, se retrouve loin derrière en matière de suffrages avec moins de trente pour cent des voix, selon les comptages toujours en cours), a décidé de faire un coup d’éclat en annonçant qu’ils refusaient par avance les résultats de ces élections.
Motifs : le scrutin n’aurait pas été « libre et juste » et aurait été entaché d’irrégularités et le Premier ministre sortant aurait profité de sa position au cours de sa campagne.
Les partis, qui se sont exprimés à l’issue d’une réunion dans la capitale jeudi, demandent depuis que les opérations de dépouillement soient suspendues.
« Les partis politiques déclarent par la présente qu’ils n’accepteront pas les résultats de ces élections générales, sur la base de preuves dont ils disposent et qui montrent un effort coordonné et systématique de spolier les citoyens de Fidji d’une élection libre et juste », a lu devant la presse Mick Beddoes, ancien chef de l’opposition et désormais candidats sous la bannière du parti SODELPA.
Ce groupe, composé des partis Social Democratic Liberal Party (SODELPA), National Federation Party (NFP), Fiji United Freedom Party (FUFP), People’s Democratic Party (PDP), One Fiji Party et du parti travailliste (Fiji Labour Party, FLP), affirme notamment que des urnes ont été manipulées avant le début du dépouillement.

Aiyaz Sayed-Khaiyum, garde des sceaux, ministre de la justice et ministre en charge des élections au sein du gouvernement sortant, a pour sa part rejeté en bloc ces accusations en estimant que les allégations proférées par les partis rivaux de Fiji First (dont il est l’un des candidats) « manquent de crédibilité ».
« Je trouve ça très intéressant de voir qu’ils commencent à lancer ce genre d’accusations, juste quand les résultats commencent à sortir indiquant que Fiji First va prendre les rênes du gouvernement. Ils avaient tout le temps mercredi (jour du scrutin). S’ils avaient trouvé des anomalies, alors ils auraient dû en faire part aux responsables électoraux presque immédiatement », a-t-il lancé jeudi en réaction.
« Je donnerais toutefois toute la crédibilité voulue à des conclusions émanant d’un groupe indépendant », a-t-il ajouté en référence directe au groupe international d’observateurs qui, lui, venait de donner un verdict exempt de tout problème majeur pendant le déroulement de ces élections.
Mohammed Saneem, Superviseur des élections, a quant à lui affirmé jeudi ne pas avoir jusqu’ici reçu de plainte formelle de la part des partis.
« Ils savent très bien quelle est la procédure à suivre et ils ne l’ont toujours pas suivie », a-t-il commenté en excluant toute idée de suspension des opérations de dépouillement.


Scrutin à la proportionnelle

Les quelque 520.000 électeurs inscrits des îles Fidji (pour une population totale d’environ 900.000 habitants) ont voté mercredi pour la première fois depuis 2006, année où un coup d’État avait renversé le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre Laisenia Qarase.
Au cours d’un scrutin qui n’a été marqué par aucun incident majeur, les électeurs avaient à faire leur choix entre sept partis politiques, dans les rangs desquels, dans un système à la proportionnelle, devraient se trouver les députés du prochain Parlement de 50 sièges.

L’âge légal de vote a été rabaissé de 21 à 18 ans, ouvrant ainsi ce scrutin à pas moins de vingt pour cent de l’électorat.

Aux termes de la nouvelle Constitution, promulguée en septembre 2013 par le Président de la république Ratu Epeli Nailatikau, un gouvernement doit être formé dans les 17 jours suivant les législatives.

pad

Rédigé par () le Vendredi 19 Septembre 2014 à 05:57 | Lu 236 fois





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