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Les clubs de plongée priés de réduire leurs risques pendant l'épidémie


La Direction de la jeunesse et des sports a demandé aux centres de plongée de tout faire pour limiter les risques d'accident afin de ne pas solliciter les structures de santé. (Crédit photo ©Uli Kunz– Top Dive)
La Direction de la jeunesse et des sports a demandé aux centres de plongée de tout faire pour limiter les risques d'accident afin de ne pas solliciter les structures de santé. (Crédit photo ©Uli Kunz– Top Dive)
Tahiti, le 3 septembre 2021- La Direction de la jeunesse et des sports a appelé les centres de plongée de Polynésie à réduire leur prise de risque lors de leur pratique pendant toute la durée de la crise sanitaire. Ceci dans le but de limiter au maximum l'utilisation d'oxygène et d'éventuels évasans en cas d'accident. Des recommandations reçues très positivement par les professionnels du secteur.
 
La Direction de la jeunesse et des sports (DJS) a adressé en début de semaine dernière un message de prévention aux centres de plongée polynésiens : "Merci de réduire vos prises de risques lors de vos plongées pendant toute la durée de la crise sanitaire."
 
Un appel qui a pour but d'éviter les recours à l'oxygénothérapie et bien sûr les évasans en cas d'accident de plongée. Une demande éclairée par l'avis du responsable du Samu qui confirme que le caisson hyperbare du CHPF reste opérationnel pour les urgences "mais tout surcroît d’activité pouvant entraîner des accidents évitables est à déconseiller, sinon à proscrire". Rappelons qu'actuellement seuls les centres situés aux Tuamotu et uniquement en semaine, sont concernés, ceux des autres îles étant fermés pendant le confinement. Le communiqué précise toutefois qu'il s'adresse aussi à "tous ceux qui rouvriront lorsque le confinement sera levé."
 
Réduire les risques d'accident
 
Dans son courrier, la DJS rappelle aussi quelques mesures de prévention à mettre en place, avec notamment la réduction du nombre de plongées, leur durée et leur profondeur. Des recommandations anticipées par les centres Top Dive qui avaient déjà limité leurs plongées à 30 mètres à Rangiroa et Fakarava. Car réduire la profondeur et rester dans la courbe de sécurité (le rapport temps de plongée/profondeur) permet de réduire les risques d'accident de décompression, comme le précise Sébastien Guilloux, le directeur commercial de Top Dive. Des dispositions prises pour ne pas surcharger inutilement les structures de santé déjà saturées. Comme nous le soulignions d'ailleurs dans nos colonnes le 26 août dernier, Top Dive est également à l'initiative d'un don de ses réserves de bouteilles d'oxygène à l'hôpital et centres médicaux.
 
Même accueil favorable de la part d'Yves Lefèvre, qui tient le Raie Manta Club de Rangiroa depuis 36 ans. "C’est une mesure qui me paraît logique. Dans le contexte actuel, il faut vraiment limiter le risque de surcharger le personnel hospitalier. Lorsqu'on utilise le caisson, cela signifie qu’il faudra encore de l’oxygène. Et dans une période comme celle-ci, si quelqu’un fait un accident de décompression, il faudra le mettre en avion sanitaire, puis l'envoyer au caisson avec du personnel, alors que ce personnel peut servir pour les malades du Covid. Oui, cette prévention c'est très bien."
 
Parmi les autres recommandations, la DJS suggère des actions de prévention à mener auprès des plongeurs telles que "favoriser l’hydratation de vos clients et de vos moniteurs, communiquer sur les différents autres facteurs favorisant les accidents de plongée (…) et les facteurs individuels de risques (…)."

Rédigé par Julie Barnac le Vendredi 3 Septembre 2021 à 15:49 | Lu 2435 fois