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Les antivax s'invitent à l'ouverture des centres de vaccination au fenua



Tahiti, le 18 janvier 2020 - C'est ce lundi qu'a eu lieu l'ouverture officielle de la campagne de vaccination aux îles du Vent. Pour l'instant, trois centres peuvent accueillir les matahiapo à Taravao, Afareaitu et au kiosque info santé à Paofai. Une prise de rendez-vous est obligatoire au préalable puisque le vaccin Pfizer doit être maintenu à -80 degrés. En effet, les doses sont sorties des conteneurs réfrigérés en fonction du nombre de rendez-vous et de vaccins à effectuer pour éviter le gaspillage. Les collectifs "Mā'ohi oui, cobayes non" ou encore "Masque-arade" étaient présents lundi matin sur le site à Paofai pour faire part aux matahiapo de leurs inquiétudes sur les risques potentiels du vaccin. Des manifestants qui ont même fait faire demi-tour à certains candidats à la vaccination… Tahiti Infos les a rencontrés et a interrogé le taote Philippe Biarez pour répondre à leurs interrogations.
 

René Ruiz, porte-parole d'un "mouvement citoyen" : "Il est urgent d'attendre"

"Dans ce contexte mondial de tétanisation, dû à une propagande de la peur, il y a des campagnes de vaccination qui ont commencé un peu partout. Le virus a muté plusieurs fois en moins d'un an. Et cela pose la question de la pertinence du vaccin. Il y a des vaccins qui ont été fabriqués à la hâte (...) et il y a déjà des effets secondaires (...). En Norvège, il y a eu plus de 23 morts dont 13 reconnus par l'agence du médicament norvégienne (NDLR : Aucun lien n'a encore été fait entre les décès et le vaccin). (…) Ce n'est pas une immunisation car cela ne protège pas, cela ne fait qu'une réduction et garantit une durée de trois mois seulement. Ils disposent aussi d'une autorisation de mise sur le marché qui est conditionnelle, et ont besoin de beaucoup plus de tests, de vérifications. Et là, comme par hasard, la cible numéro un, ce sont les matahiapo. (...). Pour nous, il est urgent d'attendre."
 

Eugène Tetuanui, président de Faatura te rahi a te atua : "Les Polynésiens ne sont pas des rats de laboratoire"

"J'appelle toute la population qui reste dans le doute devant cette campagne de vaccination, car effectivement il y a beaucoup de points d'interrogation qui flottent. La composition déjà du vaccin. Je devrais même dire la composition du pseudo-vaccin, car parmi les sommités du monde médical, il y a une partie qui soutient le gouvernement et l'autre partie qui n'est pas d'accord avec cette campagne de vaccination massive (...). Et ce qu'on apprend sur le net nous fait véritablement froid dans le dos. Quand on apprend que l'ADN risque d'être modifié à jamais. Qui sommes-nous pour vouloir chahuter la création divine ? Mais en même temps, mon incompréhension va vers le monde religieux (...). Les protestants sont comme nous, c'est-à-dire dans le doute. Ils préconisent d'être prudent et d'attendre et le libre choix en même temps. La fédération Faatura te rahi a te atua a demandé un moratoire sur la campagne car nous n'avons pas assez d'informations ou très contradictoires. Ce qui nous fait véritablement peur, car nous avons le spectre au-dessus de nous ou derrière notre dos, c'est le spectre de la bombe atomique, où l'Etat a complètement démissionné de son devoir d'accompagnement et de prise en charge des victimes de la bombe nucléaire. S'agissant de ce pseudo-vaccin, je n'ai vu nulle part que l'État, ordonnateur de cette campagne, a inscrit quelque part l'accompagnement des victimes de cette vaccination. (…) Autrement dit, le peuple est au même statut que les rats de laboratoire."
 

Oli Temarii, collectif Masque-arade : "Il faut se renseigner sur la composition de ce vaccin"

"C'est une suite logique de masque-arade. On n'est pas contre la vaccination, mais il faut que les gens se renseignent (...) sur la composition de ce vaccin. Après, ceux qui trouvent qu'il y a trop de taote (auto-proclamés) sur facebook, non. Ce sont des gens qui se sont renseignés. On a des amis qui sont dans le milieu de la santé, ils nous ont dit, vous avez raison, il faut sensibiliser les gens. (…) Je suis contre ceux qui sont en train de comploter contre nous. Donc oui j'assume, je suis complotiste à cause de ceux qui mettent en place la vaccination. Ils disent que ce n'est pas obligatoire, mais tu te rends compte, on ne pourra plus prendre l'avion si on n'est pas vacciné. On dit que ce n'est pas obligatoire mais si tu veux voyager, il faut te faire vacciner."
 

Orlane Turia, manifestante : "Je ne veux pas être un OGM"

"Nous pensons que cette vaccination c'est de la thérapie-génique. C'est-à-dire que ce n'est pas un vaccin pour nous protéger de quoi que ce soit. On nous ment, on veut nous injecter quelque chose qu'on ne connait pas. On n'en a jamais entendu parler. On ne sait pas ce que c'est et on demande d'abord à notre gouvernement, à l'État français, de nous expliquer ce qu'est ce vaccin et ce qu'il y a à l'intérieur. Pourquoi autant de précipitation pour nous faire vacciner déjà maintenant, en janvier, alors qu'ils nous avaient parlé de juin-juillet ? (…) J'ai travaillé dans le domaine pharmaceutique. Nous ne sommes pas forcément contre le vaccin, mais nous sommes contre cette chose qu'on veut nous imposer, en nous faisant croire que c'est quelque chose de bien ou de bon. Il n'y a jamais rien de bon quand c'est imposé comme cela un peu rapidement. Et personnellement, je ne suis pas pour, pourquoi autant de précipitation ?"
 

Un matahiapo vacciné : "Il faut nous laisser le libre arbitre"

"Il y a des recherches qui ont été menées par les scientifiques, et ce n'est pas seulement une personne, ils sont plusieurs personnes à avoir travaillé sur ce vaccin. Comment faire pour qu'aujourd'hui on soit bien ? On devrait accepter les recherches faites par ces scientifiques-là. Je n'ai rien contre les manifestants, mais il faut nous laisser le libre-arbitre et ne pas nous dire que d'autres médecins ont, eux aussi, fait leurs recherches de leur côté et disent que ce vaccin, il n'y a pas que du bon".

Une matahiapo convaincue par les antivax : "Je n'étais pas tellement sûre"

"Je ne vais finalement plus aller me faire vacciner. J'ai lu aussi dans l'Apocalypse dans la Bible ces trucs-là. Je n'étais pas tellement sûre. Mais mon mari qui est venu me disait qu'il faut que je me fasse piquer. Il n'a fait que me gronder ce matin et c'est pour cela que je suis venue."
 

Taote Philippe Biarez : "Il faut voir tout cela avec beaucoup de sérénité et de discussions"

Le taote Philippe Biarez, directeur de l'hôpital de Afareaitu, a accepté de répondre aux questions posées par les antivax lundi matin devant les centres de vaccination en Polynésie française.
 
Les sceptiques disent qu'il n'y a pas d'urgence pour la vaccination ?

"Oui, ce n'est pas urgent. C'est-à-dire que la précipitation n'est pas une bonne idée, mais c'est intéressant de commencer à le proposer à tous ceux qui le veulent. Et il y a beaucoup de volontaires et ils sont les bienvenus. C'est sûr que certains ont des doutes. Il faut respecter cela. S'ils souhaitent attendre plus longtemps, eh bien, pourquoi pas ? Il y a aussi plusieurs dizaines de millions de gens qui ont été vaccinés dans le monde. Et cela fait beaucoup de monde pour lesquels on a maintenant du recul. Mais en tout cas, il faut se vacciner, c'est important. Je pense qu'en Polynésie, on a beaucoup de gens qui ont envie de se vacciner. Si les autres veulent attendre un petit peu, eh bien, c'est leur choix et on doit le respecter".
 
Ont-ils des raisons de se poser des questions sur la composition de ce vaccin ?

"Je dirais que ces vaccins sont certifiés par l'agence nationale de sécurité du médicament, la haute autorité de santé et également par l'agence européenne et aussi par l'OMS (Organisation mondiale de la Santé, NDLR). Effectivement, on peut douter de ces agences internationales et nationales pour leur sérieux, mais c'est compliqué. Si on commence à douter de tout cela, cela va être difficile de vivre de manière générale, puisque tous les jours des médicaments neufs sortent pour différentes pathologies, certifiés par ces agences, et pourtant on les prend et on les prescrit sans trop de difficultés. Je pense qu'il faut avoir confiance car il y a des gens qui ont travaillé pour analyser les dangers et les bénéfices de ce vaccin et qui ont décidé que les bénéfices étaient plus importants que les problèmes que cela peut poser ainsi que les effets indésirables."
 
À qui incombera la responsabilité s'il y a des conséquences après la vaccination ?

"(…) En terme de responsabilité, c'est d'abord le médecin prescripteur qui partage cette responsabilité avec le patient. Je rappelle que pour la vaccination, on doit tous aller voir un médecin. Je suis allé voir moi-même un médecin, nous avons discuté et il m'a fait une ordonnance. Et donc cette responsabilité est déjà partagée. Et le patient qui vient se faire vacciner, eh bien, il n'est pas obligé".
 
On est obligé d'aller voir son médecin traitant avant de se vacciner ?

"Pas nécessairement, il y a des médecins dans les centres de vaccination. Et on le voit d'abord pour avoir une discussion sur les effets indésirables, il va vérifier qu'il n'y a pas de contre-indication à la vaccination, et ensuite il va discuter avec le patient pour voir s'il est bien d'accord de se faire vacciner et ensuite on vaccine. Donc, je pense que la question de responsabilité ne se pose pas puisque les personnes ne sont pas obligées de le faire. Donc, s'ils ont des doutes, il ne faut pas se faire vacciner et ce n'est pas grave".
 
Les manifestants anti-vaccins craignent que les Polynésiens soient des "cobayes", des "rats de laboratoire" pour tester le vaccin ?

"Je suis dans ce cas-là moi-même, un rat de laboratoire, puisque je me suis fait vacciner la semaine dernière. Mais c'est une manière de voir les choses, effectivement, en disant qu'on n'a pas envie de le tester sur nous. Mais comme je le disais, ce vaccin a été injecté sur plusieurs dizaines de millions de personnes. C'est important de rappeler qu'on a voulu mettre beaucoup de sérénité dans cela et que chaque personne doit pouvoir réfléchir doucement, s'informer, aller voir son médecin, et prendre sa décision à la vitesse qu'il veut. Il y a certaines personnes qui sont prêtes, là, tout de suite et il y en a qui demandent plus de temps. Il faut voir tout cela avec beaucoup de sérénité et de discussions, d'échanges, et on va arriver à vacciner tout le monde, je suis confiant. Le doute est quelque chose de normal, il faut juste simplement aller discuter avec son médecin. Nous sommes là pour cela, pour discuter et probablement de manière plus appropriée que les réseaux sociaux ou autre source d'informations qui sont quand même difficiles à appréhender et pas toujours très fiables".
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 18 Janvier 2021 à 20:19 | Lu 2996 fois




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