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Les Marquisiens de Ua Pou habités par la danse



Ua Pou, le 3 juillet 2021 – Aux Marquises, la danse est une activité culturelle très présente dans le quotidien des habitants. Jeudi dernier les touristes de l’Aranui ont été reçus en grande pompe et ont pu constater l’importance de la culture pour les Marquisiens. L’île où le premier Matavaa a vu le jour compte de nombreuses troupes de danseurs.

L’archipel isolé des Marquises est mondialement reconnu pour son artisanat. On peut y rencontrer des sculpteurs de bois, de pierre, d’os, de dents de cachalot, des confectionneurs de tapas, ce vêtement traditionnel d’un autre âge qui sert aussi de toile pour les artistes, des tatoueurs qui maitrisent l’art du Patutiki depuis la nuit des temps mais aussi des danseurs !

Sur la petite île de Ua Pou, au cœur de l’archipel du bout du monde, plusieurs troupes de danseurs font sensation. A chaque Aranui, c’est l’effervescence : des costumes, des couleurs, du ukulele mais surtout, le fameux haka tant attendu par les touristes du célèbre paquebot. Jeudi dernier, les croisiéristes ont fait escale dans la baie d’Hakahau, deux groupes étaient présents pour les accueillir.
Tout d’abord la troupe Kanahau, dirigée par Jean Kautai, célèbre sculpteur de pierre fleurie de la vallée d’Hohoi. Un groupe de musique traditionnelle principalement axé sur les chants polynésiens et le ukulele. « Oh j’ai toujours aimé la musique, nous dit celle que tout le monde ici appelle affectueusement Mamie Tia, j’ai commencé à chanter et à jouer à l’église avec les enfants il y a longtemps. Depuis, les choses ont évolué, on a chanté avec le groupe News Banana à Tahiti déjà et on est présents à chaque Aranui maintenant, j’y prends beaucoup de plaisir à chaque fois. »

Fiers de partager leur culture


Mais si le spectacle a commencé par du ukulele il s’est terminé au rythme des tambours avec le haka traditionnel marquisien effectué par le groupe Naiki. Les danseurs ont épaté les spectateurs, comme à leur habitude, par des danses guerrières masculines ponctuées de chants traditionnels féminins. De belles tenues, des tatouages seyants, des colliers d’os et des coiffes de plumes, la troupe Naiki défend particulièrement les traditions locales et de la plus belle des manières. Cédric Bonno Teikitutoua-Ah-Lo s’est exprimé avec beaucoup d’émotion sur le sujet : « L’artisanat, la danse et la pêche c’est toute ma vie. Je vis comme ça, je me nourris comme ça : par la nature. Sans ça je meurs ! ». Pour Jean-Louis Kohumoetini, meneur de troupe aux côtés d’Arnaud Borgomano, « il ne faut pas que ça se perde, la nouvelle génération doit prendre le relais. Aujourd’hui, à cause d’Internet et de la modernité, les jeunes se détournent un peu de la culture. Lors des festivals tout le monde est présent mais une fois terminés, ça n’est plus pareil... Quand je danse je suis fier de partager notre culture et je veux le transmettre. ». Le groupe de danse, composé d’une vingtaine d’hommes et de femmes de Ua Pou, a été fondé par Claire Ah-Lo il y a de nombreuses années pour l’arrivée du premier Aranui et de ses passagers ; depuis la tradition se perpétue : « C’est ma culture, j’aime la partager. J’aime recevoir les touristes, on nous contacte aussi pour danser lors d’évènements spéciaux. On est très contents de revoir une activité touristique après des mois de crise sanitaire. ».

​Deux groupes exclusivement féminins


Mais il existe sur l’île d’autres groupes de danses, comme le groupe féminin Heinua créé par Gaëlle Kaiha il y a 8 ans qui danse principalement pour les fêtes organisées par des associations locales ou pour les événements comme le Rare qui approche à grands pas. La troupe est composée d’une douzaine de filles au registre large puisqu’elles effectuent aussi bien des danses traditionnelles que contemporaines. Pour Gaëlle, l’art est une affaire de famille. Si elle mène la troupe de danse elle peut aussi compter sur l’aide de ses frères Tekuhei (tatoueur, chanteur et compositeur) et Kahuetahi (acteur, producteur et chorégraphe) ainsi que sur son père Pierre Kaiha, sculpteur sur bois et mécène du groupe. « J’ai toujours travaillé en famille, explique la meneuse, en décembre nous irons à Bora Bora pour nous joindre au groupe masculin de mon père Kakaia. Ils intègrent des filles depuis 2019 et ça nous fait très plaisir. Je tiens aussi à remercier chaleureusement Eve Delahaut pour ses photos, vidéos et la communication qu’elle fait pour le groupe. Nous avons également notre propre couturière, nos propres costumières et nos propres chorégraphes. C’est une fierté de pouvoir dire que nous faisons tout nous même ! ».

A l'origine du festival des Marquises

Un deuxième groupe de danse exclusivement féminin est présent sur Ua Pou, il s’agit du groupe Kapa Mai, créé à la suite du dernier Matavaa. Heiana Virideau, la co-créatrice de la troupe de danseuses, nous raconte son parcours : « Lorsque je faisais mes études au lycée, je suis tombée par hasard sur une annonce qui disait chercher une danseuse aux Australes. Je n’avais aucune expérience dans ce domaine mais j’y suis allée quand même et j’ai adoré ça ! J’ai participé au concours Hura Tapairu et j’ai remporté le 1er prix en Ori Tahito ! Depuis, la danse fait partie de ma vie. ». La troupe Kapa Mai compte aujourd’hui une vingtaine de danseuses, les chorégraphies sont aussi bien traditionnelles que contemporaines. « Là nous partons pour l’île de Fatu Hiva tourner un clip avec les chanteurs Rataro et Kauana afin de mettre l’île en valeur car c’est là-bas qu’aura lieu le prochain Matavaa ». Deux dates à retenir pour le groupe, le 28 août prochain l’association organise un Ori Marathon et le 23 octobre le concert de Sissa-Sue à Ua Pou avec l’association Te Ati Mata’a. Pour Heiana, la danse n’est pas réservée aux professionnels « Kapa Mai veut dire : viens danser. Venez donc, peu importe votre niveau. Foncez ! ».

La culture comme art de vivre semble être le fer de lance des habitants de Ua Pou. C’est sur cette île qu’en 1987, sous l’impulsion de quelques-uns d’entre eux, le célèbre Festival des Marquises a vu le jour. Cela sonne comme une évidence lorsqu’on constate la richesse et la diversité culturelle de l’île, mises en valeur par ses danseurs et ses danseuses.

Rédigé par Jean Ollivier le Samedi 3 Juillet 2021 à 15:26 | Lu 1180 fois





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