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Les Houthis au Yémen menacent de riposter aux nouveaux raids américano-britanniques


Crédit Jake GREEN / MOD / AFP
Crédit Jake GREEN / MOD / AFP
Sanaa, Yémen | AFP | mardi 23/01/2024 - Les rebelles yéménites Houthis ont averti mardi qu'ils riposteraient aux nouvelles frappes américano-britanniques menées dans la nuit contre leurs positions au Yémen, sur fond d'escalade liée au conflit entre Israël et le Hamas palestinien.

Les Houthis qui contrôlent de vastes régions du Yémen en guerre multiplient les attaques contre des navires marchands en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, disant agir en solidarité avec les Palestiniens à Gaza. De nombreux armateurs évitent désormais ces passages clés pour le commerce international.

Après une deuxième opération conjointe des Etats-Unis et du Royaume-Uni contre des positions Houthis depuis le 12 janvier, le porte-parole militaire de ces rebelles, Yahya Saree, a affirmé que "ces attaques ne resteront pas sans réponse et impunies".

Dans un post sur le réseau social X, il a chiffré à 18 les raids menés, selon lui dans les provinces de Sanaa, Hodeida, Taëz et Al-Bayda. Il n'a pas précisé s'il y avait eu des victimes.

D'après la chaîne des Houthis, Al-Massirah, des frappes ont notamment ciblé la base militaire d'Al-Dailami, au nord de Sanaa.

Dans un communiqué militaire conjoint, les forces américaines et britanniques ont elles indiqué avoir visé lundi soir huit cibles, dont "un site souterrain de stockage et des sites de missiles et de surveillance aérienne". 

"Affaiblir l'arsenal" Houthi 

L'objectif est d'"affaiblir l'arsenal que les Houthis utilisent pour mettre en danger le commerce mondial et les vies de marins innocents", indique le communiqué. "Nous n'allons pas hésiter à défendre des vies et le libre flux du commerce dans l'un des passages navigables les plus importants du monde."

Les sites visés dans la nuit incluent "des systèmes de missiles et lanceurs, des systèmes de défense antiaérienne, des radars et des locaux de stockage d'armement profondément enterrés", a précisé le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom).

"Ce que nous avons fait à nouveau, c'est envoyer le message le plus clair possible que nous continuerons à réduire la capacité (des Houthis) à mener des attaques", a déclaré mardi le chef de la diplomatie britannique David Cameron.

Les frappes américano-britanniques sont une "menace à la paix et la sécurité dans la région" et constituent "un "élargissement de l'envergure de la guerre", a réagi l'Iran, qui soutient les rebelles yéménites, par la voix  de son ministre des Affaires étrangères. 

Au moment des frappes, "des images satellite montraient qu'environ 230 navires commerciaux et pétroliers se déplaçaient en mer Rouge", a ajouté Hossein Amir-Abdollahian qui s'exprimait lundi à New York, cité par l'agence officielle iranienne Irna. 

Les Houthis affirment ne viser que les navires israéliens ou se dirigeant vers les ports israéliens, "en solidarité" avec la population de Gaza, assiégée et confrontée à une catastrophe humanitaire, après le début le 7 octobre de la guerre entre Israël et le Hamas déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement palestinien sur le sol israélien.

"L'agression américano-britannique ne fera qu'accroître la détermination du peuple yéménite à assumer ses responsabilités morale et humanitaire envers les opprimés de Gaza", a commenté sur X Mohammed al-Bukhaiti, haut responsable Houthi.

Protéger le trafic maritime 

Les Houthis contrôlent une bonne partie du Yémen, après près d'une décennie de guerre contre les forces du gouvernement, appuyé par l'Arabie saoudite. 

Depuis mi-novembre, ils ont tiré de nombreux missiles et drones contre des navires qu'ils estiment liés à Israël, et ont également visé des navires américains depuis les frappes américano-britanniques. 

Lundi, ils ont affirmé avoir attaqué "le cargo militaire américain Ocean Jazz à l'aide de missiles" dans le Golfe d'Aden, ce qu'un responsable du Pentagone a affirmé à l'AFP être une "fausse" information. 

Les Etats-Unis, allié clé d'Israël, ont créé une coalition pour patrouiller au large du Yémen et "protéger" le trafic maritime international. 

Selon l'International Chamber of Shipping (ICS), 12% du commerce mondial transite par la mer Rouge.

Les attaques des Houthis ont fait grimper en flèche les frais d'assurances, incitant les grands transporteurs maritimes à dérouter leurs navires de cette zone, ce qui rend le trajet plus long et plus onéreux entre l'Asie et l'Europe.

Lundi, les Houthis ont répété qu'ils continueraient à "empêcher les navires israéliens" de passer en mer Rouge et dans le golfe d'Aden jusqu'à la fin de la guerre à Gaza.

Rédigé par RB le Mardi 23 Janvier 2024 à 06:56 | Lu 347 fois