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Le volcan de Manam se réveille



PORT-MORESBY, dimanche 2 août 2015 (Flash d’Océanie) – Le volcan du Mont Manam, dans la province papoue de Madang, est entré en fin de semaine dans une nouvelle phase d’activité accrue, suscitant l’éventualité d’une évacuation des populations de cette île vers la Grande Terre de Nouvelle-Guinée.
Une éruption significative, accompagnée du rejet dans l’atmosphère d’un épais panache de cendres, s’est produite vendredi 31 juillet 2015, en fin de matinée (heure locale), a annoncé l’observatoire géophysique papou, qui appelle depuis les populations riveraines à la plus grande vigilance.
La ville la plus proche, sous le vent, Bogia, a depuis été recouverte d’une épaisse couche de cendres.
Les autorités locales considèrent comme probables d’autres éruptions, à la suite de l’ouverture de nouveaux canaux d’échappement au sein du cône.

Ces dernières années, sur l'île de Manam, le volcan éponyme (qui culmine à 1807 mètres) est entré à plusieurs reprises dans des phases majeures d'éruption, dont les plus importantes, en novembre-décembre 2004 et en mars 2006, avaient fini par provoquer l'évacuation de près d’une dizaine de milliers d'habitants de cette île vers la Grande Terre.

Évacuations en 2004

Ce volcan était entré en phase d’éruption active caractérisée par la projection d’un panache de fumée à une hauteur atteignant plusieurs kilomètres d'altitude et des retombées de pluies acides particulièrement dévastatrices.
Une fois l'alerte passée, les habitants, placés dans un camp de regroupement sur une ancienne plantation infestée de moustiques, avaient décidé de réintégrer leur île d'origine.
Ces évacuations avaient aussi entraîné de vives tensions entre populations déplacées et villages désignés d’accueil de Bogia, sur l’île principale.
Ces conflits étaient notamment liés à l’occupation des terrains désignés par les autorités pour reloger provisoirement les réfugiés de Manam.
En juin 2009, la police de la province de Madang (Hauts-Plateaux) avait dû intervenir après que le corps d’une fillette de trois ans ait été retrouvé décapité, dans ce qui semblait être le résultat direct d’un conflit coutumier et foncier entre communautés hôtes et celles des déplacés.
Cette querelle, entre villageois de Bogia et insulaires originaires de Manam, semblait entrer dans une nouvelle catégorie : celle des conflits d’origine environnementale.

Parmi les phases éruptives plus récentes du Mont Manam, celle de janvier 2013.

D’importants panaches de cendres avaient alors été projetés au-dehors du cratère Sud de ce cône, à intervalles réguliers d’environ quinze minutes.
Une précédente phase d’activité avait été observée en octobre 2012, avec une éruption notable le dimanche 21 octobre, qui avait été accompagnée de projections dans l’atmosphère d’importantes masses de cendres et de scories.
Selon les témoignages des villageois de l’île, cette éruption récente avait alors significativement obscurci le ciel, pendant une bonne partie de la journée.
Elle avait là aussi été suivie de retombées importantes de substances acides, mettant aussi en danger les cultures vivrières et les nappes phréatiques.
L’éruption s’était produite alors qu’une équipe de la Croix Rouge se trouvait sur l’île pour y distribuer du matériel humanitaire (moustiquaires, couvertures et bâches), selon les mêmes sources.
De retour sur la grande terre et forts de cette expérience, les membres de cette équipe avaient ensuite rendu compte aux autorités provinciales et recommandé que des mesures soient prises pour prévoir, en cas d’aggravation de la situation, une évacuation des populations les plus directement exposées à cette activité du Mont Manam, et en particulier de celles situées le plus près du volcan et le plus immédiatement sous les vents dominants.
Les premiers signes de cette phase éruptive qualifiée d’intense du volcan avaient été observés fin mai 2012, lorsque d’épais panaches de couleurs grise et noire s’étaient déjà élevés dans le ciel à des altitudes atteignant parfois les sept cent mètres.
Des coulées de lave s’étaient aussi déversées sur le versant Sud-ouest du mont.
Le volcan émettait aussi, déjà, de résonnants grondements, audibles dans un rayon de 25 kilomètres, selon l’observatoire volcanologique de Rabaul (île de Nouvelle-Bretagne).
Déjà, début juin 2012, l’observatoire volcanologique de Papouasie-Nouvelle-Guinée avait jugé utile de mettre en garde les populations de Manam à la suite des récentes observations concernant l’activité du volcan.
La Papouasie-Nouvelle-Guinée et la plupart des îles de la Mélanésie, ainsi que toutes les régions du Pacifique concernées régulièrement par cette forte activité volcanique et sismique, constituent ce qu’il est convenu d’appeler la « ceinture de feu du Pacifique », zone à très forte sismicité et à haute concentration de volcans actifs, qui englobe aussi bien les îles de la Mélanésie (Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon, Vanuatu) que celles, plus au Nord, de la Micronésie (Marianne du Nord, Guam), au Sud, une zone polynésienne incluant la Nouvelle-Zélande et Tonga et plus à l’Est, la région d’Hawaii en formant une sorte de fer à cheval inversé.

Entre-temps, à Vanuatu, plus au Sud de la Mélanésie, les autorités demeurent vigilantes et maintiennent toujours un niveau d’alerte 2 pour le volcan de l’île d’Ambrym, où les visites rapprochées du cratère sont toujours fortement déconseillées.
Concernant ce volcan qui culmine à quelque 1.334 mètres, le bureau gouvernemental des risques naturels, dans son dernier bulletin en date du 22 juillet 2015, mentionne toujours une phase éruptive et un danger, en particulier dans les zones proches des cratères (Benbow, Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu and Mbwelesu) qui dégagent toujours d’importants volumes de scories et de gaz acides.

« Par conséquent, approcher le volcan n’est pas sûr. Il serait plus sûr d’observer le volcan à bonne distance de ces cratères, afin d’éviter tout incident », note le bureau sous forme de conseils à l’attention des touristes, mais aussi les populations riveraines.
Depuis septembre 2014, l’activité volcanique à Ambrym est jugée préoccupante, forçant les autorités à rehausser le niveau d’alerte.
L’archipel de Vanuatu, situé en pleine ceinture de feu du Pacifique, possède une impressionnante concentration de volcan actifs, dont les plus célèbres sont ceux de Tanna (Sud), mais aussi d’Ambrym et d’Ambae (Nord).

Quatre volcans sous-marins au large de Sydney

En juin 2015, une équipe de scientifiques a par ailleurs découvert, par hasard, quatre nouveaux volcans sous-marins (situés à une profondeur de 4.900 mètres) et répartis sur une vingtaine de kilomètres au large de Sydney (Australie).
Le cratère d’un de ces monts sous-marins a été mesuré à 1,5 kilomètre de diamètre et s’élève sur 700 mètres.
Selon les volcanologues de l’Université Nationale d’Australie, ces volcans, depuis longtemps éteints, vont permettre d’en savoir plus sur un événement majeur dans l’histoire de la formation des continents : l’épisode de la séparation de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, il y a 40 à 80 millions d’années.

pad

Rédigé par PAD le Lundi 3 Août 2015 à 06:03 | Lu 508 fois




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