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Le père incestueux condamné à 12 ans ferme



Tahiti, le 2 septembre 2020 - Un père incestueux a été condamné mercredi, au terme de deux jours d’un procès particulièrement sordide, à 12 ans de réclusion criminelle. Il était poursuivi pour des viols et des agressions sexuelles commis sur deux de ses filles alors que ces dernières étaient âgées de 7 et 10 ans. 
 

Au terme de deux jours de procès, la cour d’assises de Papeete a condamné mercredi un père incestueux à 12 ans de prison ferme. L’homme était poursuivi pour des faits de viols et d’agressions sexuelles imposés à ses deux filles mineures de 7 et 10 ans et ce, pendant 15 mois. L’affaire avait démarré après le dépôt de plainte de la mère des victimes et femme de l’accusé, une femme profondément ancrée dans la religion, auprès de laquelle l’une de ses filles avait relaté qu’elle était victime de sévices sexuels imposés par son père. L’enquête avait permis d’établir que ce dernier obligeait les fillettes à lui faire des fellations sous la menace de coups ou bien en promettant de leur donner de l’argent ou de leur offrir des cadeaux. Comble du sordide, l’accusé filmait ces scènes et imposait ensuite à ses enfants de regarder les vidéos. 
 
Après une première journée de procès, mardi, consacrée à l’exposé des faits et à l’audition de l’accusé, des enquêteurs et des experts, la matinée de mercredi a débuté par une nouvelle audition de la mère des victimes. À la barre, cette femme qui continue d’aller rendre visite à son mari depuis la révélation des faits, a invoqué le seigneur et la nécessité de pardonner. "La paix avec le seigneur si vous voulez Madame, mais vous devez protéger vos enfants", lui a fermement opposé la présidente de la cour d’assises. Lors des débats, les jurés ont découvert que, malgré la gravité des sévices subis par les deux enfants, la mère leur avait montré une vidéo de leur père que ce dernier avait tournée en prison pour évoquer notamment les conditions dans lesquelles il était incarcéré. Ils ont également appris que cette femme avait, pour l’anniversaire de son mari alors incarcéré, demandé à toute la famille de lui souhaiter un bel anniversaire à la radio. 
 
En défense pour les deux petites victimes, Me Armour Lazzari a tout d’abord rappelé aux jurés que le juge d’instruction en charge de l’affaire avait désigné un administrateur ad hoc pour les représenter dans la mesure où il avait estimé que leur mère, "très ambivalente" quant à la situation, n’était pas apte à défendre leurs droits. Lors de sa plaidoirie, elle a abordé les lourdes conséquences des viols et des agressions sexuelles subis par les deux victimes : "Aujourd’hui, ces petites vivent avec la souffrance d’avoir été exposées à une sexualité pour laquelle elles ne pouvaient pas être prêtes. Cette souffrance est amplifiée car chacune a été témoin de ce que le père faisait subir à l’autre. Elles ont d’ailleurs tiré leur force l’une de l’autre car il n’y en avait pas pour elles ailleurs". L’avocate a conclu sa plaidoirie sur que soit "crié haut et fort ", "sur tous les toits", que les deux enfants étaient des victimes et rien d’autre que cela. 
 

Le "vol de l’enfance"

Avant d’entamer des réquisitions remarquables de justesse, l’avocat général a tenu à s’adresser aux jurés, de simples citoyens, pour leur signifier qu’il avait conscience de la "lourde tâche" qui allait leur incomber. "Ne soyez pas effrayés car, au-delà du monde judiciaire, il y a les valeurs et le bon sens qui nous réunissent. Même si l’on donne des mots, des tournures et des circonvolutions aux faits, nous parlons d’un accusé qui est violemment rentré par effraction dans le corps de deux enfants." Le représentant du ministère public a ensuite fustigé les dégâts de l’inceste, le "vol de l’enfance", le "vol du sentiment de sécurité, parfois définitif", et le vol, enfin de la "confiance" que les enfants doivent avoir envers les adultes. Avant de requérir 12 ans de prison ferme assortis d’un suivi socio-judiciaire, l’avocat général a invoqué la "nécessité de rendre sa place à chacun" et de dire ainsi aux victimes que, face aux sentiments de "honte" et de "culpabilité", elles n’étaient "exclusivement que des victimes" face à un homme qui était à la "recherche de son plaisir immédiat". 
 
Tâche ardue pour l’avocate de l’accusé, Me Karina Chouinni, qui a rappelé en amont de sa plaidoirie que son métier revêtait un rôle "nécessaire et indispensable" dans la mesure où "tout homme a le droit d’être défendu", "tout homme a le droit que sa parole soit portée et son opinion exprimée". Pour la défense du père de famille, l’avocate a souligné son enfance "émaillée de violences et d’alcoolisme", sa "maladresse" lors des débats. "À l’époque des faits, il a voulu s’évader d’une réalité qui lui pesait énormément. Il est responsable, il se sent coupable de ses actes et, même s’il a fait subir cela à ses enfants, il reste leur père."
 
Après en avoir délibéré durant trois heures, les jurés de la cour d’assises ont suivi les réquisitions de l’avocat général. L’accusé a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle assortis d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans. En 2009, cet homme avait déjà été condamné à deux ans de prison avec sursis pour des atteintes sexuelles commises sur sa belle-sœur alors âgée de 12 ans.  
 

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 2 Septembre 2020 à 18:40 | Lu 2447 fois





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