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"Le paysage de la santé va changer ces prochaines années"



" Nous suivons la ligne directrice définie par le schéma d'organisation sanitaire (SOS), établi pour la période 2016-2021", souligne le ministre de la Santé.
" Nous suivons la ligne directrice définie par le schéma d'organisation sanitaire (SOS), établi pour la période 2016-2021", souligne le ministre de la Santé.
PAPEETE, le 15 novembre 2017 - Jacques Raynal, ministre en charge des Solidarités et de la Santé, a accordé un entretien exclusif à Tahiti Infos pour évoquer les grandes orientations en matière de santé pour l'année 2018. Cette année devrait notamment voir la concrétisation de plusieurs projets initiés par le ministère de la Santé et des Solidarités depuis quelques années. Réforme de la Protection sociale généralisée, développement de la télémédecine, travail de prévention en matière d'obésité ou de maladies sexuellement transmissibles, sont quelques-uns des grands chantiers qui attendent le ministre. Rencontre.


Quelles vont être les grandes orientations prises pour l'année 2018 en matière de santé et de solidarité?
"Les grandes orientations pour l'année 2018 en matière de santé vont consister à mettre en application les grandes dispositions déjà initiées. A savoir le plan cancer, le plan pour la prévention et la création d'un établissement de soins primaires. Cet établissement de soins, dits 'premiers' devrait permettre une administration plus efficace et plus réactive dans le domaine de la santé publique.
Nous suivons la ligne directrice définie par le schéma d'organisation sanitaire (SOS), établi pour la période 2016-2021. Or parmi les 67 mesures de ce SOS, certaines impactent le domaine de la santé. Depuis janvier, 85 % des mesures du SOS ont déjà été réalisées. Toutes ces mesures additionnées les unes aux autres, vont progressivement influencer et changer le paysage de la santé pour les années 2018 et 2019.
Ces mesures auront des incidences sur l'administration générale du système, sur l'efficacité, sur la performance et sur les coûts, puisque nous sommes toujours dans une logique financière.
En matière social, nous devrions également aboutir au 1er trimestre 2018 à la fin de la déclinaison de travaux datant de 2 ou 3 ans. Des textes spécifiques dans chacun des secteurs du domaine social devraient être finalisés.
Ce schéma d'organisation sanitaire - s'il peut paraître au départ contraignant- est en réalité très efficace et bénéfique. Il définit notre ligne directrice, un chemin de fer, une fois que l'on est dans le train, on franchit les étapes les unes après les autres."

"Une génération va sûrement avoir du mal à s'en sortir"

La Polynésie est dans le peloton de tête mondial dans le domaine de l'obésité. Quels sont les efforts des pouvoirs publics et politiques pour enrayer cette maladie ?
"Nous avons mis en place un plan de prévention, nous travaillons énormément afin d'informer, d'éduquer, d'enseigner, d'expliquer aux Polynésiens les bons comportements à avoir. En matière de prévention, il est difficile de modifier en cinq minutes les comportements alimentaires et environnementaux de la population, car ils se sont installés depuis des années. Tout cela prend du temps, je ne pense pas qu'il faille être coercitif, car cela ne fonctionne pas.
Je ne vous dis pas que cela va aller mieux dans 5 ans, mais peut-être dans 10 ou 15 ans. Une génération va sûrement avoir du mal à s'en sortir. Il faut éviter de rentrer dans l'obésité, les enfants sont victimes de la méconnaissance des parents, de la société. On a ouvert les portes des magasins sans dire à la population ce qui est sain ou malsain. La société entière a une part de responsabilité.
Toutefois, je crois qu'il y a une prise de conscience de la population, on peut remarquer que de nombreuses personnes se mettent à la marche, à trottiner. C'est le résultat des nombreuses campagnes et actions.
Outre ce travail de prévention, un projet d'activités physiques adaptées à la santé est en cours d'expérimentation. Il est pour l'instant testé sur différents groupes de personnes, il pourra ensuite être développé. Il est également possible d'obtenir une prescription médicale pour faire des activités sportives."

Le schéma d'organisation sanitaire avait souligné la pertinence de créer un futur pôle privé unique de santé à Tahiti. Un appel à candidatures a été lancé en juin dernier par la Direction de la Santé pour sa mise en place. Quels sont les projets en lice, quel serait l'intérêt d'un tel pôle ?
"Ce futur pôle privé unique de santé, acté par le SOS et voté par l'Assemblée de Polynésie doit être un pôle de médecine, chirurgie obstétrique. L'appel à projet a été lancé, deux projets ont été soumis, l'un est porté par la clinique Paofai, l'autre par les cliniques Cardella et Mamao. La commission d'organisation des soins devrait donner son compte rendu fin novembre début décembre.
Ce pôle privé unique de santé devra permettre de mutualiser les moyens et de réaliser des économies d'échelle. L'idée est de réunir dans une même clinique les acteurs privés qui le souhaitent afin d'optimiser les moyens nécessaires à la prise en charge des patients.
Je n'ai pas de préférence, c'est à la commission d'organisation des soins de rendre sa décision."


" Je trouve regrettable que le public et le privé se parlent si peu"

Un rapprochement ou un partenariat public/privé pourrait-il être envisagé ?
"A titre personnel, je prêche pour une conjonction publique/privée. En effet, je trouve regrettable que dans un pays comme le nôtre, contraint par l'éloignement et par les difficultés de recrutement, l'on ait deux domaines médicaux qui se parlent si peu. Selon moi, il ne devrait pas y avoir de frontières entre les deux : les médecines du privé peuvent parler au public et réciproquement. A titre d'exemple, l'hôpital du Taaone est doté de 12 blocs chirurgicaux. Si parfois il n'en utilise que huit, on pourrait ouvrir les quatre blocs restant à des spécialistes du privé, cela permettrait de baisser la pression technique sur les blocs du privé.
On espère avancer dans ce domaine d'ici le mois d'avril 2018."


Quels sont les projets concernant l'hôpital de Taravao ?
"Tout d'abord, au niveau des Urgences, la situation s'est améliorée. Par ailleurs, des locaux sont en train d'être construits pour permettre de suivre des traitements de chimiothérapie à Taravao.
Mais surtout le grand projet concerne la construction d'un nouvel hôpital, car la population augmente dans cette zone de Tahiti. Les études techniques vont débuter et les nouveaux locaux devraient être terminés d'ici 6 à 7 ans. Je souhaite qu'ils soient dotés d'un service de "petite" chirurgie.
Un nouvel hôpital devrait également voir le jour dans les mêmes délais à Raiatea."

" C'est devenu le bureau d'agence Air Tahiti !

On a pu noter une recrudescence inquiétante des maladies et des infections sexuellement transmissibles en Polynésie ces dernières années. A titre d'exemple, entre 2014 et 2015, le nombre de cas de syphilis a été multiplié par 2,7. Comment inverser cette tendance ?
"Effectivement, on constate une recrudescence importante de certaines maladies comme la syphilis ou la gonococcie (chaude-pisse) depuis quelques années sur notre territoire. Ce sont des maladies, qui, si elles sont détectées suffisamment tôt, se soignent facilement et rapidement. Par contre, si on laisse une maladie comme la syphilis se développer, elle peut générer des troubles beaucoup plus complexes. Par ailleurs, ces maladies se propagent à vitesse grand-V. Un dépistage rapide est donc primordial.
Pour cela, nous avons mis en place des campagnes de sensibilisation et de communication, car nous avons constaté un abandon de l'usage des préservatifs. Or c'est le préservatif qui permet de se protéger. Nous avons fait en sorte de faciliter l'accès de la population aux préservatifs. On peut désormais les trouver un peu partout, dans les stations-services, dans les centres de santé…
Par ailleurs, nous avons fait tout un travail de sensibilisation envers les professionnels de santé afin qu'ils multiplient les dépistages.
Concernant le VIH, la maladie est pour l'instant maîtrisée. Il faut tout mettre en œuvre pour que cela perdure, car sa propagation pourrait peser très lourdement sur les finances publiques.
On continue de sensibiliser par des campagnes. On sensibilise les professionnels pour faire des dépistages. La lutte contre ces maladies est un combat quotidien !"

"La e-santé est un secteur très porteur"

: La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication.
: La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication.
Face aux particularités géographiques de notre territoire, la e-santé semble être un outil de réponse intéressant. La Polynésie en est à ses tout premiers balbutiements. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Des projets en matière de télésurveillance, de téléconsultation, de télé-expertise, sont-ils à l’étude ?
"Une loi de Pays a été votée depuis peu instituant une base légale à la télémédecine. Un article est dorénavant consacré pleinement à la télémédecine. Par ailleurs, de nouveaux arrêtés vont régulièrement décliner les différents processus de télémédecine : la téléconsultation, la télésurveillance, la télé-expertise….
Etant donné la dispersion géographique des structures de soins en Polynésie, la e-santé est un secteur très porteur. Elle doit apporter un support technique médical aux personnes situées dans des zones isolées. La télémédecine va d'une part, permettre de rassurer les populations et d'autre part, épauler et soutenir les agents de santé communautaires, les auxiliaires de soins, les infirmiers et les quelques médecins isolée dans les îles. Ces personnels vont se sentir davantage en sécurité dans l'exercice de leur travail.
Les structures éloignées ne sont pas les seules à être concernées par la télémédecine. Les îles de la Société le sont également. Des processus de télé-expertise ou de télésurveillance existent déjà à Raiatea entre le centre de l'APURAD à Papeete et le service de néphrologie de Raiatea. On peut noter également des expériences positives de téléconsultation, effectuées par le biais de conventions entre la CPS et des sociétés privées à Tetiaroa, Nukutepipi et à Marutea sud.
Par ailleurs, les moyens techniques et numériques ont énormément évolué ces dernières années et ils permettent dorénavant d'avoir une visibilité à plus long terme.
Toutefois, la télémédecine aussi intéressante soit-elle, ne va pas être la solution à tous les problèmes."


"Il nous faut à tout prix respecter l’équilibre de cette réforme"

Après des années d'attente, la réforme de la PSG vient enfin de débuter. Comment va-t-elle se dérouler ?
"La réforme de la PSG est urgente à faire, les conditions économiques n'étaient pas réunies auparavant pour la faire, depuis la situation financière de la Polynésie s'est améliorée. Par ailleurs, une prise de conscience s'est opérée dans la population, parmi les partenaires sociaux et dans le patronat sur la nécessité de cette réforme. Le premier gros volet concerne la retraite puis nous prendrons des mesures concernant l'assurance maladie. Elles feront débat au sein de la CPS. Le texte sera voté au début de l'année 2018 pour être applicable en 2019."


Le premier volet concerne les retraites portant l'âge légal de départ à 62 ans. Ce projet reste-t-il négociable ?
"Ça reste à calculer. Ce que j’ai expliqué à nos partenaires, c’est que tout est une question d’équilibre. Il nous faut à tout prix respecter l’équilibre de cette réforme."

Le président Fritch a annoncé en septembre dernier l’adoption rapide d’un texte. Quel est votre planning aujourd’hui ?
"Les partenaires sociaux savent très bien que si l’on souhaite que la mise en application des textes sur la réforme ait lieu en 2019, il nous faut publier ce texte dès le début de l’année 2018, compte tenu des délais de prévalence et des recours éventuels. L’échéance est là. Il ne s’agit pas d’une volonté de faire vite ; mais plutôt de se plier aux contraintes législatives."

Quand le projet de loi sera-t-il présenté au CESC ?
"Très prochainement. Nous avons demandé aux partenaires sociaux de nous faire part de leurs remarques, sur la base des documents qu’on leur a délivrés. Dans la suite, s’il y a nécessité de les rencontrer à nouveau, nous les rencontrerons avant d’adresser le document final au CESC, en décembre si possible."

La discussion est donc encore ouverte pour de possibles modifications ?
"A la marge, oui certainement. Le document qu’on leur a fourni est une base très avancée. Le projet de loi est déjà écrit et il suffit qu’ils puissent en prendre connaissance totalement pour pouvoir ensuite donner leurs appréciations."

Quand attendez-vous une réponse de leur part ?
"Ce vendredi."

Rédigé par Pauline Stasi le Mercredi 15 Novembre 2017 à 10:28 | Lu 3263 fois

Tags : Santé





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