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Le mari violent reprend deux ans ferme


Les deux filles du couple, âgées de 15 et 18 ans, ont assisté à la scène et ont même prêté main forte à leur mère. L'une d'elle s'est saisie d'un balai pour frapper son père avant de finalement appeler la gendarmerie.
Les deux filles du couple, âgées de 15 et 18 ans, ont assisté à la scène et ont même prêté main forte à leur mère. L'une d'elle s'est saisie d'un balai pour frapper son père avant de finalement appeler la gendarmerie.
Tahiti, le 15 novembre 2021 - Un homme de 51 ans a été condamné, lundi, à trois ans de prison dont deux ans ferme, pour avoir battu et menacé de mort sa femme, dans la nuit du 13 au 14 octobre, à Mahina. Le prévenu avait menacé sa concubine avec deux couteaux et un marteau. 

“Une violence incroyable et une scène d'un mauvais film”, a déclaré, lundi, la présidente du tribunal lors du procès d'un homme de 51 ans renvoyé à la barre pour avoir battu et menacé de mort sa femme. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 13 au 14 octobre, à Mahina.

Le prévenu, après une après-midi de beuverie, a regagné le domicile familial. Et là, comme c'est le cas depuis 25 ans et le début de leur relation, le quinquagénaire s'est mis à battre sa femme sans aucune véritable raison. L'homme s'est par ailleurs saisi de deux couteaux et d'un marteau pour menacer de mort sa femme, complètement terrorisée et prostrée dans son lit. Les deux filles du couple, âgées de 15 et 18 ans, ont assisté à la scène et ont même prêté main forte à leur mère. L'une d'elle s'est saisie d'un balai pour frapper son père avant de finalement appeler la gendarmerie.

Si le prévenu a nié dans un premier temps les faits, notamment lors de sa garde à vue, des photos prises par ses filles avec leur téléphone portable l'ont mis devant la réalité de cette nuit “d’horreur”. “On n'est pas passé loin du drame”, a insisté la présidente du tribunal, en brandissant les clichés vers le prévenu.

“Prêt à lui couper la tête”

Interrogé ensuite sur les menaces de mort qu'il a proféré envers sa concubine, l'une des filles a déclaré lors de sa déposition qu'il était prêt à lui “couper la tête et à la jeter sur la route”. “Est-ce-que vous avez menacé votre femme en lui disant ça ?”, a lancé la présidente. “Oui”, a répondu machinalement, l'homme, les bras croisés dans le box. Le tribunal a par ailleurs tenté d'interpeller le prévenu sur la violence de ses actes. L'intéressé les a écarté en déclarant que sa famille ne pourrait pas subvenir à leurs besoins sans lui.

“Il y a dans ce dossier de la violence gratuite, une terreur imposée à sa famille et l'idée d'asseoir sa domination”, a indiqué la procureure avant de requérir quatre ans de prison.

Pour sa défense, son avocate a évoqué son enfance difficile durant laquelle le prévenu a été “déraciné” de son atoll de Tureia. “Il a souffert de carence affective. La violence est le signe d'une extrême souffrance. C'est un homme qui a besoin d'aide pour s'en sortir”, a plaidé l'avocate.

Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné le mari violent à trois ans de prison, dont deux ans ferme. Par ailleurs, sa peine d'un an de prison avec sursis, prononcée en septembre 2019, a été totalement révoquée et s'ajoute donc à celle prononcée ce lundi. L'homme devra également indemniser sa femme et ses filles à hauteur de deux millions de Fcfp.

Rédigé par Désiré Teivao le Lundi 15 Novembre 2021 à 19:43 | Lu 2049 fois