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Le directeur de Suez voit un grand potentiel en Polynésie



Bertrand Camus, directeur général Eau pour la France et l'Europe du groupe Suez, au premier plan. Derrière lui l'équipe locale, avec Mehiata Riaria, chargée de communication, et Benoît Burgin, directeur de la Polynésienne des Eaux.
Bertrand Camus, directeur général Eau pour la France et l'Europe du groupe Suez, au premier plan. Derrière lui l'équipe locale, avec Mehiata Riaria, chargée de communication, et Benoît Burgin, directeur de la Polynésienne des Eaux.
PAPEETE, le 10 janvier 2018 - Le directeur général Eau pour la France et l'Europe de Suez, Bertand Camus, était en visite la semaine dernière dans la filiale locale de la multinationale, la Polynésienne des Eaux. Il nous explique que la PME installée dans la vallée de la Fautaua a un grand potentiel de développement, tant au niveau local que dans la région Pacifique. Il promet également que l'entreprise de presque 200 salariés va continuer de recruter.

Parole à : Bertand Camus, directeur général Eau du groupe Suez pour la France et l'Europe
Tahiti Infos : Quels sont les projets que Suez développe avec la Polynésienne des Eaux ?


Bertand Camus : La Polynésienne des Eaux est une des entreprises phares des activités du groupe Suez en Outremer. Ça fait à peu près 30 ans que nous exploitons des services d'eau et d'assainissement sur le Territoire, nous avons donc développé ces savoir-faire au cours des années. Elles sont toutes à la disposition des collectivités qui veulent avancer vers l'excellence des services, dans l'objectif de fournir de l'eau potable à l'ensemble de la population. Et bien sûr nous sommes aussi au service de celles qui veulent avancer dans le domaine de l'assainissement.

De plus, après 30 ans de travail, beaucoup d'autres compétences ont été développées à partir de ces métiers traditionnels. Il s'agit par exemple de la gestion électromécanique, de la pose de tuyaux, du génie civil, de la gestion de la facturation et de la relation client ; nous faisons aussi beaucoup de numérique, du négoce de pièces… Donc notre entreprise peut offrir ces services à ses clients, et nous avons cette capacité à monter des partenariats.


La technologie Osmosun de dessalinisation de l'eau de mer à partir d'énergie solaire est testée à Bora Bora et… à Dubai.
La technologie Osmosun de dessalinisation de l'eau de mer à partir d'énergie solaire est testée à Bora Bora et… à Dubai.
Par exemple nous travaillons sur des innovations avec nos partenaires, collectivités et entreprises, pour pouvoir trouver des solutions adaptées aux problématiques spécifiques du Territoire. J'aime bien mentionner le pilote que nous avons actuellement sur l'île de Bora Bora, le projet Osmosun. Il s'agit de production d'eau potable à partir d'eau de mer, en utilisant de l'énergie solaire. Cette technologie est expérimentée en premier en Polynésie et à Dubai ! C'est un projet qui a été primé plusieurs fois en métropole et qui est très attendu par beaucoup d'acteurs au niveau mondial, qui cherchent une solution simple, flexible et propre d'un point de vue énergétique.

Vous allez donc continuer à embaucher ?

Alors notre entreprise s'est déjà bien développée, avec 195 collaborateurs, à 86 % originaires de la Polynésie. Nous sommes aussi un acteur important de l'insertion et de la formation, nous recevons beaucoup de stagiaires, et nous allons continuer. Et effectivement nous avons un besoin constant de recrutement. Nos métiers évoluent car les technologies sont de plus en plus sophistiquées. On parle de dessalement d'eau de mer avec de l'énergie solaire, de télérelève, d'offres numériques... Donc nous cherchons à intégrer de nouveaux cadres et de nouveaux profils pouvant maîtriser ces technologies. Des ingénieurs et des BTS donc, mais des formations commerciales, car il y a tout ce qui est l'accompagnement social et le service aux clients, où il y a de très beaux métiers en développement.

La Polynésie est donc un laboratoire d'innovation dans la gestion de l'eau ?

La Polynésie ne fait pas face aux problématiques auxquelles nous sommes habitués dans nos grands marchés, en Europe, en Australie ou aux États-Unis où nous avons de grandes exploitations. Nous sommes donc ici constamment dans l'innovation et à la recherche de solutions qui soient à la fois performantes et abordables pour les collectivités et les usagers. La Polynésie sert donc de laboratoire d'essai pour ces innovation, l'idée étant bien entendu de servir le territoire, puis d'exporter ensuite ces savoir-faire vers d'autres pays et d'autres collectivités.

Par exemple en novembre il y avait une conférence à Bora Bora sur cette problématique de l'eau, avec des représentants des îles du Pacifique. A l'occasion, les îles Cook ont manifesté leur intérêt pour une collaboration avec la ville de Bora Bora. L'Agence française de développement est arrivé au tour de table, et nous y sommes aussi pour apporter notre expertise dans nos domaine. Donc la Polynésienne des Eaux pourrait bientôt développer des projets aux îles Cook ! Notre filiale en nouvelle Calédonie est encore plus avancée sur un projet avec les Samoa.

En Nouvelle Calédonie, on attend avec impatience les résultats de l'expérience Osmosun de Bora Bora, qui serait idéal pour certaines communautés isolées. Un dernier exemple, dans l'autre sens, est la mise en place par la Polynésienne des Eaux du système de gestion de la facturation et de la relation client développé par la Martiniquaise des Eaux. Elle a aussi pu profiter de l'expérience de l'entreprise caribéenne avec ce logiciel pour rapidement le rendre opérationnel.

Seule 54 % de la population Polynésienne avait de l'eau 100 % potable au robinet en 2017 selon le Centre d'hygiène et de salubrité publique. Quel est le rôle que Suez veut jouer dans la généralisation de ce service public ?

En vert, les zones où l'eau est 100 % potable à Tahiti et Moorea. Notons que l'eau est aussi 100 % potable à Bora Bora, et sur une grande partie du réseau de Taha'a, Huahine et Rurutu.
En vert, les zones où l'eau est 100 % potable à Tahiti et Moorea. Notons que l'eau est aussi 100 % potable à Bora Bora, et sur une grande partie du réseau de Taha'a, Huahine et Rurutu.
Il y a beaucoup d'activité à développer pour relever le défi de l'alimentation en eau potable de l'ensemble de la population, et nous avons démontré avec les collectivités partenaires que c'était possible. C'est le cas à Papeete, à Pirae, à Bora Bora et la partie du réseau que nous gérons à Moorea. Donc les collectivités qui nous font confiance ont réussi. Il y a aussi la question de l'assainissement des eaux usées, pour protéger les ressources et en particulier ces magnifiques lagons. Ça a été mis en place à Bora Bora et ça commence à être fait à Papeete. Voilà nos axes de développement principaux. Sans oublier que notre groupe est aussi un acteur majeur du cycle intégral des déchets, de la collecte, au recyclage, au traitement final, et là aussi de beaux enjeux sont devant nous sur le Territoire.

La problématique des Tuamotu et des zones isolées est particulière, mais pas si différente de ce que l'on rencontre dans les zones rurales, dans les pays développés comme en Afrique, où l'historique des infrastructures d'eau et d'assainissement a généralement été une conception pensée autour d'une production centralisée, associée à un réseau de distribution. Mais nous sommes aujourd'hui en mesure, et même dans l'obligation, d'envisager des structures décentralisées, à l'image de ce qu'il se fait dans l'énergie avec le solaire ou l'éolien. Osmosun est vraiment dans cette idée, c'est la possibilité d'avoir des unités autonomes de production d'eau potable, avec de l'énergie solaire, et de les installer dans des périmètres plus limités en termes de population. Ce que nous devons valider au cours de nos tests et expériences c'est comment cela se maintien, s'exploite sur la durée, quels seront les besoins de maintenance qui permettront d'assurer la pérennité de ces solutions sur la durée. Il faudra aussi être capable de proposer un coût approprié aux collectivités qui retiendraient cette solution.





Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Mercredi 10 Janvier 2018 à 17:00 | Lu 2511 fois






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