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Le couvre-feu instauré jusqu'au 15 avril



Tahiti, le 27 mars 2020 - Un couvre-feu est décrété sur l'ensemble du territoire de la Polynésie française de 20 heures à 5 heures du matin à compter de ce vendredi, pour faire obstacle à l'épidémie de coronavirus. Des contrôles plus "stricts" sont annoncés. Lors sa déclaration, le haut-commissaire a en outre récapitulé les aides nationales pour contrer la crise économique qui se profile au fenua. 

Les mesures de confinement général instaurées en Polynésie sont "renforcées" et prolongées pour stopper l'épidémie de Covid-19. Lors d'une conférence de presse organisée conjointement avec le président Fritch à la Résidence de Papeete, le haut-commissaire Dominique Sorain a décrété vendredi, à compter du jour-même, l'instauration d'un couvre-feu de 20 heures à 5 heures du matin jusqu'au 15 avril sur l'ensemble du territoire de la Polynésie française avec interdiction "de toute sortie dans l'espace public". 

La période de confinement général initialement décrétée jusqu'au 5 avril est en outre prolongée de dix jours au fenua, sous couvert de la loi sur l'état d'urgence sanitaire votée lundi au Parlement, et conformément à l'annonce du Premier ministre, vendredi. Cette loi d'urgence nationale s'applique en effet à l'ensemble du territoire de la République, y-compris dans les collectivités d'outre-mer bénéficiant d'un statut d'autonomie élargie, à l'instar de la Polynésie.

​Amendes et peines de prison

"Nous ferons le point à l'issue de cette période", a déclaré vendredi Dominique Sorain, laissant entendre que la mesure de confinement général renforcée par un couvre-feu était susceptible d'être prolongée au-delà du 15 avril.

A compter de ce vendredi soir, seuls sont autorisés à circuler de nuit les agents des forces de l'ordre et les personnels en lien avec la sécurité publique, les personnels de santé et les employés des "services essentiels", de l'énergie, des télécommunications, de l'assainissement, etc. (Voir encadré ci-dessous).

Autre mesure, décrétée : le renforcement du contrôle par les forces de l'ordre des personnes récemment revenues au fenua et placées en auto-confinement à domicile. Depuis le 17 mars, cette mesure concerne environ 1 500 individus. A leur arrivée sur le territoire, ils ont signé une attestation sur l’honneur par laquelle ils s’engagent à respecter les mesures de confinement. Une plateforme téléphonique a été ouverte au Haut-commissariat en liaison avec le bureau de veille sanitaire. Une douzaine d'agents aidés de personnels du régiment du service militaire adapté appellent quotidiennement ce millier de personnes tenues en quatorzaine pour s’assurer qu’elles sont bien chez elles, qu’elles appliquent les gestes barrières et suivent l’évolution de leur état de santé.

Les contrevenants à toutes des mesures de confinement, dont l'état de couvre-feu décrété à partir de vendredi soir, s'exposent à un peine d'amende de 16 100 Fcfp "qui pourra être augmentée et aller jusqu’à une peine d’emprisonnement en cas de récidive aggravée" parce que "ceux qui ne respectent pas les mesures mises en place nous mettent tous en danger" a rappelé le garant des libertés publiques en Polynésie. "Les forces de l’ordre amplifieront leur présence sur le terrain pour s’assurer que ce couvre-feu est respecté par tous."

A ce jour, les 30 cas de coronavirus connus dans la collectivité sont concentrés dans la zone urbaine de Papeete, entre Punaauia et Mahina ainsi qu'à Moorea. Pour empêcher la propagation du virus dans les communes rurales de Tahiti, des contrôles de circulation sont instaurés. Le haut-commissaire exhorte la population à limiter les échanges entre la zone urbaine et le reste de l'île de Tahiti et annonce des contrôles routiers "plus stricts" pour renforcer le filtrage, dans ce cadre. Les transports aériens en direction des îles sont déjà interrompus depuis dimanche 22 mars tandis que les liaisons maritimes ne concernent plus depuis la semaine dernière que les opérations d'approvisionnement.

​Assurances sur la solidarité nationale

En matière de soutien à l'économie de la Polynésie française, et sur les "questions légitimes" que se posent les pouvoirs publics locaux, le haut-commissaire a annoncé que l'Etat "accélère le versement des dotations aux communes et au Pays pour soutenir leur trésorerie et leur permettre de payer les entreprises".

Le représentant de l'Etat confirme aussi l'extension à la Polynésie du programme exceptionnel de 300 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat pour les entreprises. Il a précisé vendredi que cette assurance pour faciliter le renforcement de la trésorerie des entreprises sera directement accordée aux banques locales "via la Banque publique d’investissement". 

La création d'un fonds national de solidarité financé par l'Etat pour venir en aide "aux petites entreprises", telle que le prévoit la loi d'urgence sanitaire est en outre rappelée. "Ce dispositif sera mis en œuvre en coopération avec le Pays."

Des assurances dans ce sens par le Premier ministre Edouard Philippe ont été reçues dernièrement par le président Edouard Fritch dans un courrier en réponse à la demande envoyée la semaine dernière au chef du gouvernement français.

Enfin, sur la question du transport aérien et alors le dernier avion décollera samedi 28 mars, Dominique Sorain a rappelé vendredi matin que 3 400 touristes avaient pu être rapatriés depuis le début de l'état de crise sanitaire. Moins d'une cinquantaine de personnes qui ne peuvent pas transiter par les États-Unis sont actuellement suivies individuellement par les services de l'Etat afin d'être rapatriées dans les plus brefs délais. "La question que nous aurons maintenant à régler est celle du maintien d’un lien aérien suffisant avec la métropole pour les besoins essentiels tels que le fret médical et les évacuations sanitaires", a conclu Dominique Sorain en indiquant que "ce sujet est en cours de discussion comme pour tous les Outre-mer, et une réponse nationale sera apportée sur cette question".

Modalité d'application du couvre-feu

Entre 20 heures et 5 heures du matin, seuls les déplacements professionnels ne pouvant absolument pas être reportés ou pour motifs de santé urgent et grave, sont autorisés. 
Sont exemptés de cette restriction :
  • les forces de l’ordre et des professionnels en mission au titre de la continuité du service public ;
  • les professionnels de la santé pour des missions urgentes ;
  • les professionnels intervenant en urgence sur les réseaux (eau, électricité, gaz, télécommunication et radio) ;
  • les salariés intervenant dans le domaine des travaux publics (pour des opérations impératives ne pouvant être décalées). 
Les commerces dont l’ouverture demeure autorisée (commerces d’alimentation, stations-services notamment) doivent cesser d’accueillir du public au plus tard à 19h30 afin de permettre aux clients de respecter cette mesure et regagner leur domicile avant 20h00.
 
A titre exceptionnel, une dérogation est accordée vendredi 27 mars aux personnes qui doivent aller chercher les passagers arrivant de métropole cette nuit sur le vol d’Air Tahiti Nui .

Sanctions
La violation  de ces obligations est punie d'une amende de 16 100 Fcfp.
En cas de violations répétées, le non-respect de ces obligations constitue alors un délit puni d’une peine de six mois d'emprisonnement et de 450 000 Fcfp d'amende.
 
Attestations
 
Pendant le créneau du couvre-feu, les personnes qui circulent pour les motifs précités devront présenter aux forces de l’ordre les attestions obligatoires.      

Pendant la durée du couvre-feu, les anciennes attestations de déplacement dérogatoire ne doivent désormais plus être utilisées et sont remplacées par l’attestation nationale en annexe.    >> À télécharger ici

Cette attestation inclut les nouvelles restrictions de déplacement en vigueur, notamment la limitation des déplacements liés à l'activité physique individuelle des personnes à une durée d’une heure par jour et dans un rayon maximal de 1 km autour du domicile.

En revanche, les justificatifs de déplacements professionnels sont toujours valables mais devront être complétés en précisant la nécessité d’un déplacement professionnel entre 20 heures et 5 heures du matin.

Ces documents peuvent être téléchargés sur le site Internet du Haut-commissariat ou recopiés sur papier libre.


Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Vendredi 27 Mars 2020 à 10:10 | Lu 9700 fois

Tags : CORONAVIRUS





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