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Le couple Dubaquier aura blanchi 235 millions de francs



La première partie de cette deuxième journée du procès Dubaquier a été consacrée à l’audition de la fille du couple et de deux de leurs employées. Les trois jeunes femmes ont déclaré ignorer d’où provenaient les millions qui transitaient sur les comptes des différentes sociétés du groupe Dubaquier.

A travers leurs nombreuses sociétés, dont seules deux semblaient effectives, les époux Dubaquier auront blanchi 235 millions issus du trafic d’ice en l’espace de 15 mois. Comme en atteste l’enquête évoquée ce mercredi au tribunal, les fonds générés par la vente de méthamphétamines ont été déposés en numéraire sur les différents comptes des sociétés commerciales appartenant à Mercedes et Patrice Dubaquier. Les versements étaient effectués soit par la fille du couple, soit par Schipra T, l’une des employées de Mercedes Dubaquier. Interrogées ce matin par le président du tribunal, les deux jeunes femmes, dont les casiers judiciaires sont vierges, ont déclaré qu’elles ignoraient que l’argent venait du trafic de stupéfiants. Les magistrats ont également entendu Bénédicte R, comptable de l’une des entreprises du couple et associée de Mercedes Dubaquier dans une société.

A la barre, Schipra T a reconnu qu’il lui était arrivé de faire de fausses factures. La prévenue a également admis qu’au lendemain de l’arrestation de sa patronne, elle avait transféré les fonds des sociétés vers son compte personnel. Alors que le président du tribunal l’interrogeait sur son niveau de connaissance, la jeune femme a expliqué : « je n’osais pas lui demander car Mercedes me disait de ne pas poser de questions (…) Elle me disait que l’argent venait de sa famille et je la croyais. » Sur sa relation avec Mme Dubaquier, Schipra T a déclaré qu’elle avait « beaucoup d’estime » pour son employeur, « elle m’a beaucoup appris, m’a engagée alors que je n’avais aucun diplôme. » Questionnée sur les dépôts de billets qu’elle effectuait presque tous les jours dans des banques différentes, la prévenue a indiqué que cela correspondait à son « activité principale (…) il m’est arrivé de déposer plus d’un million en deux jours. » Mercedes Dubaquier préparait elle-même les liasses de billets avant de les confier à son employée ou à sa fille.

Bénédicte R a, ensuite, été entendue par les magistrats. De sa relation avec Mercedes Dubaquier, la jeune femme a indiqué qu’elle la voyait comme une figure « maternelle.» Ex-compagne et compagne actuelle d’individus impliqués dans des trafics d’ice, la jeune femme a, elle aussi, déclaré qu’elle ignorait d’où venait l’argent. Malgré l’insistance du président du tribunal qui la mettait face à certaines évidences, la prévenue, qui était employée en qualité de comptable, a déclaré qu’elle n’avait pas eu accès aux comptes des sociétés.


« Aucun avenir »

L’audition de la fille de Mercedes Dubaquier aura certainement été la plus instructive de la matinée. La justice soupçonne la jeune femme d’avoir sciemment blanchi de l’agent lorsqu’elle effectuait des dépôts à la banque. Il lui est également reproché d’avoir répondu à un revendeur qui tentait de joindre sa mère et de lui avoir donné la date d’un « arrivage » en provenance des Etats-Unis. Au tribunal ce mercredi, la jeune femme s’est exprimée d’une voix à peine audible : « durant les semaines qui ont précédé l’arrestation de ma mère, je me suis posée des questions. Mais, quand ma mère me demandait quelque chose, je le faisais car je n’étais pas très occupée. » Le président l’interroge sur l’appel du revendeur auquel elle avait donné des informations et l’armure se fend. La jeune femme évoque sa mère, la parole entrecoupée par l’émotion : « depuis que je suis enfant, je l’ai toujours admirée, c’était un modèle pour moi. Elle reste celle qui m’a donné la vie. » Invitée à réagir sur les propos de sa seule fille, Mercedes Dubaquier s’est effondrée en s’excusant. Alors que le président du tribunal lui demandait si elle avait manipulé sa fille, Mercedes Dubaquier a demandé pardon. A l’évocation de son avenir, sa fille a expliqué qu’elle souhaitait refaire sa vie ailleurs : « je sais que je n’ai aucun avenir ici. » Puis, elle a ajouté : « je ne cautionne pas ce qu’ont fait mes parents mais ils restent mes parents et je les respecte. »

Quelques instants après cet échange, le président du tribunal, qui connaît parfaitement le dossier, saisit l’occasion. Puisqu’il semble également bien connaître les ressorts de la psychologie humaine, il s’adresse à Mercedes Dubaquier : « madame, maintenez-vous votre version ? Etes-vous sûre que vous n’êtes pas à la tête de ce réseau ? » La prévenue se remet à pleurer et évoque ce qui pourrait constituer la vraie explication de son implication. Elle explique qu’elle a engagé les biens de sa famille dans une affaire dans laquelle elle a été escroquée en 2014. A l’époque, sa propre mère avait mis la maison familiale sous caution. Et cela semble avoir profondément marqué Mercedes Dubaquier : « on avait tout perdu, je ne savais pas quoi faire. »


Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 21 Mars 2018 à 16:31 | Lu 4089 fois





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