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Le coup de gueule de l'UPJ


Les membres de l'UPJ de gauche à droite: Tao'ahere Maono directeur, Sylvie Teariki secrétaire générale, Patricia Teriiteraahaumea présidente, Vaitea Legayic trésorière générale et Nahiti Teariki vice-président
Les membres de l'UPJ de gauche à droite: Tao'ahere Maono directeur, Sylvie Teariki secrétaire générale, Patricia Teriiteraahaumea présidente, Vaitea Legayic trésorière générale et Nahiti Teariki vice-président
Tahiti, le 13 décembre – Lundi, l’Union polynésienne de la jeunesse (UPJ) a fait le point au cours d'une conférence de presse sur les actions et surtout sur les problèmes qu'elle affronte, notamment à cause de la crise sanitaire. Budget en recul, pass sanitaire et situation des jeunes dans la société étaient au menu de la grogne.

L’Union polynésienne de la jeunesse (Te tama ti’a hou) n'est pas satisfaite, et elle a tenu à le faire savoir. Sa présidente Patricia Teriiteraahaumea et son équipe se sont présentés hier devant la presse pour faire connaître les problèmes qui minent les actions de l'association.

En tant que seule coordination des associations de jeunesse et d’éducation populaire, l’UPJ déplore le manque d’ambition général en Polynésie dans les actions menées pour la jeunesse. Un point a donc été effectué lundi autour des sujets suivants : la situation des bourses pour les centres de vacances, le positionnement de l’UPJ concernant le pass sanitaire et leur projet d’avenir pour la jeunesse.
 

-40 % de budget
 
Et puisque l’argent est le nerf de la guerre, l’UPJ fait le triste constat d’une baisse de 40% des dotations du Fonds d’action social qui financent les bourses cette année. Les dotations de l’année 2020 s’élevait à 279 millions de Fcfp et sont tombées à 167 millions en 2021. Résultats, le nombre de centres de vacances est réduit ainsi que leur capacité d’accueil. Ils ne peuvent donc accepter que 7 070 enfants contre 13 728 l'année précédente. Ce défaut de moyens financiers oblige l'UPJ à demander plus de subventions au Pays et l'amène aussi à demander une participation des parents, qui ne sont pas toujours en mesure de payer. Un dilemme se présente alors, comme l'a expliqué le vice-président de l’UPJ Nahiti Teariki : “Est-ce qu’on accueille quand même les enfants tout en sachant que nous allons être déficitaires ou on ferme tout en sachant que ces enfants vont être seuls à la maison ?”. L’UPJ réclame donc la “sanctuarisation des crédits de bourses”.
 
Non au pass sanitaire
 
L'autre motif de grogne concerne le pass sanitaire. L’UPJ s'y oppose, affirmant ne pas être prête à l’inclure dans l’organisation de ses centres car cela implique une accessibilité réduite, une augmentation des démarches administratives et un impact financier. Selon l'UPJ, de nombreux parents n'ont pas inscrit leurs enfants à cause du pass sanitaire qui, rappelons-le, ne concerne pourtant pas les moins de 12 ans. L'UPJ précise que les centres de vacances ne réclament pas de pass sanitaire aux enfants, y compris pour les plus de 12 ans, du moins jusqu'à nouvel ordre…
 
Le projet d’un “plan jeunesse” 
 
Enfin, l’UPJ a abordé lundi le projet d’un “plan jeunesse” visant à établir un schéma directeur de la jeunesse pour prévenir la délinquance. L'exemple du phénomène des jeunes qui traînent en bandes le mercredi après-midi en centre-ville est éloquent selon l'UPJ, qui l'explique simplement : “Les jeunes n’ont rien à faire”. Les moyens et le personnel manquant, “les opérateurs sociaux s’essoufflent”, regrette le directeur des services de l’UPJ, Tao'ahere Maono. Il encourage les volontaires à effectuer la formation Bafa afin de grossir le nombre des accompagnements éducatifs. De plus, les élus de l’UPJ lancent un appel aux autorités : “Que le gouvernement reconnaisse notre organisme. On a besoin du soutien de notre ministère, qu’il nous accompagne dans toutes nos décisions.” Pour rappel, l’UPJ fait partie d’un réseau d'associations qui accompagne en moyenne 20 000 enfants chaque année grâce à l’investissement de plus de 2 000 bénévoles (animateurs et cadres).

 

Rédigé par Meleana CHE FAT le Lundi 13 Décembre 2021 à 17:48 | Lu 1394 fois