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Le coronavirus en questions



Tahiti, le 11 mars 2020 - Alors qu’un premier cas vient d’être déclaré en Polynésie française, le Dr Jean-Marc Ségalin, responsable du bureau des programmes de pathologies infectieuses à la Direction de la santé, répond aux principales questions sur le coronavirus.

Quels sont les symptômes du coronavirus ?
« Ce sont des symptômes qui ressemblent à ceux de la grippe. La définition pour les épidémiologistes, c’est l’existence de fièvre et de signes respiratoires, c’est un peu ce qui fait le point commun. Après, il peut aussi y avoir d’autres symptômes qui ont été rapportés, comme des signes ORL, une rhinite, une toux, un mal de gorge, des douleurs musculaires ou de la diarrhée ».

Existe-t-il un traitement ?
« Le traitement actuel est un traitement symptomatique, il n’existe pas de traitement spécifique, efficace contre ce virus. Il y a certains médicaments testés, mais pour l’instant on n’a pas de preuves que ces médicaments sont efficaces. Il va falloir attendre que les études soient plus complètes ».


Existe-t-il un vaccin ?
« Il n’y a pas de vaccin, il y a des équipes qui travaillent sur les vaccins, mais c’est compliqué d’élaborer des vaccins. Généralement, on dit qu’il faut 12 à 18 mois pour mettre en place un vaccin, c’est-à-dire du début de la recherche à sa mise à disposition aux populations ».


Comment se transmet-il ?
« C’est une maladie qui se transmet par voie respiratoire par les gouttelettes. La parole peut être un mode de contamination, mais c’est effectivement la toux et les éternuements qui sont les plus contagieux (…).
Il faut une hygiène très importante pour éviter que les personnes soient en contact avec des objets qui ont été touchés par les personnes malades. On sait que le virus peut rester quelques heures sur une surface inerte comme une poignée de porte (…). »


Quelles sont les personnes fragiles ?
« Ce sont les personnes âgées et les personnes qui ont des comorbidités, c’est-à-dire qui ont des maladies chroniques comme le diabète, des maladies pulmonaires, cardiovasculaires, etc. ».


Comment réagissent les enfants ?
« D’après ce que l’on observe, les enfants réagissent plutôt bien. La maladie semble plus bénigne, mais par contre comme c’est le cas avec la grippe, ils sont des transmetteurs très efficaces. Dans ces circonstances, la fermeture des écoles est souvent une solution parmi d’autres, pour essayer de contrôler l’épidémie ».

 
Quelle est la période d’incubation ?
« La durée d’incubation est de 14 jours. C’est le temps qu’il y a entre le premier contact avec une personne contagieuse et le développement des symptômes ou l’apparition de la maladie, car on peut très bien avoir la maladie sans avoir de symptômes (…) ».


Existe-t-il un test pour détecter le virus ?
« C’est un test un peu compliqué qui fait appel à une technique que l’on appelle la biologie moléculaire. C’est à la fois un test coûteux et long, cela prend 4 à 6 heures pour obtenir le résultat. Ce n’est pas un test sanguin, une sérologie, c’est un test qui se fait directement par prélèvement. On insère un coton dans les narines et la gorge et on va frotter la paroi postérieure du pharynx pour récupérer des cellules et après on les teste. On va chercher la trace du virus dans ce prélèvement ».


Peut-on l’attraper deux fois ?
« Il y a, me semble-t-il, un cas qui a été décrit, mais cela ne semble pas être une situation commune. Mais on est au début de la maladie, toutes ces données-là, on les aura probablement plus tard.
Pour l’instant, le test nous permet de regarder si le virus est actif. Lorsque l’on a une maladie infectieuse, le corps réagit et fabrique des anticorps, or jusqu’à ce jour, on n’est pas encore capable de doser ces anticorps, quand on aura cette technologie, on pourra dire en étudiant les populations, si les personnes ont acquis des anticorps, ce qui signifie qu’elles ont acquis une protection ».


Peut-il y avoir une transmission mère/foetus ?
« Pareil pour ce type de questions, on n’a pas beaucoup de recul. Il y a une publication faite dans un journal de référence, mais cela porte sur une petite série de moins de dix personnes, selon mes connaissances. Les données étaient plutôt rassurantes. Mais je crois encore qu’il faut attendre pour en savoir plus avec le temps ».

Peut-on être porteur sain ?
« Oui effectivement, comme c’est le cas dans de nombreuses maladies virales. Il semble que les personnes porteuses saines sont plutôt moins contagieuses, mais elles pourraient l’être tout de même ».




«Il faut protéger les matahiapo »

Dr Jean-Marc Ségalin, médecin responsable du Bureau des programmes de pathologies infectieuses, Direction de la santé.
Dr Jean-Marc Ségalin, médecin responsable du Bureau des programmes de pathologies infectieuses, Direction de la santé.
Comment peut-on se protéger ?
« C’est une maladie contagieuse. Il faut que les personnes malades soient raisonnables et acceptent les contraintes pour éviter de transmettre la maladie aux autres. C’est ce que l’on appelle la chaîne de transmission. C’est un devoir civique de ne pas transmettre la maladie. La protection pour les personnes malades consiste à rester à l’écart le plus possible, à limiter les contacts, à mettre un masque à partir du moment où l’on tousse, à limiter les contacts rapprochés, à ne pas aller dans les endroits où il y a du monde, les spectacles, les fêtes de famille ; le travail fera sûrement l’objet d’aménagements…
Et surtout il faut protéger les matahiapo, car ils sont fragiles, c’est très important. Au sein des familles, il faudra prendre des dispositions pour les protéger, particulièrement s’il y a une personne malade. »


Que doit-on faire en cas de doutes ?
« La personne ne doit pas aller chez son taote ou aux urgences pour éviter de contaminer les autres, mais appeler le 15 (…)."


Quelles sont les mesures barrières ?
« Une personne malade qui tousse doit porter un masque. Il faut se moucher dans un mouchoir à usage unique puis le jeter. Le lavage des mains est très important. Il faut se laver les mains de façon régulière et prolongée avec du savon pendant 20 à 30 secondes toutes les heures. Les solutions hydro alcooliques devront n’être utilisées que lorsque le lavage des mains avec le savon n’est pas possible (…).


Faut-il porter un masque ?
« Si on n’est pas malade, sauf dans des conditions de soins apportés aux malades, comme c’est le cas justement pour les personnels de soins, le port du masque est inutile. »

Faut-il éviter de se serrer la main ?
« Le comportement social doit être adapté en cas d’épidémie (…) S’embrasser, se serrer la main à partir du moment où le virus circule, c’est proscrit. Il faut respecter une certaine distance, le plus possible, si on veut éviter de transmettre la maladie ou d’être contaminé. »


Doit-on avoir peur ?
« C’est difficile de répondre à cette question, cela dépend de la sensibilité. Même si les chiffres sont inquiétants, c’est une maladie plutôt plus bénigne que les deux précédents coronavirus, mais par contre, il y a un pouvoir de transmission, de contagiosité qui semble supérieur. Même si la maladie semble moins grave, il y aura plus de cas et c’est là où c’est embêtant, d’où l’intérêt d’avoir une réaction très saine, citoyenne et civique. Il va vraiment falloir adopter les mesures adoptées par le ministère de la Santé. »

Rédigé par Pauline Stasi le Mercredi 11 Mars 2020 à 17:40 | Lu 4859 fois

Tags : CORONAVIRUS





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