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Le bilinguisme progresse aux Marquises



Ua Pou, le 13 octobre 2020 – Les classes bilingues à parité horaire grignotent petit à petit les archipels. Les Marquises n'y font pas exception. L'inspectrice de l'Education nationale en charge de la circonscription marquisienne, Aline Heitaa-Archier, avec toutes les équipes pédagogiques concernées, travaille sur l'adaptation des programmes à la culture et à la langue marquisiennes.
 

Le projet de bilinguisme est déjà dans sa phase de concrétisation depuis août dernier pour une inauguration officielle en janvier 2021. Il concerne la mise en place de classes bilingues à parité horaire –50% français, 50% marquisien– dans le cycle 1, donc de la petite section à la grande section. Les STP, donc les moins de 3 ans, seront eux, logés à une enseigne 100% marquisienne.
 
Il fallait nécessairement, selon Aline Heitaa-Archier, commencer par mettre en place ce dispositif au CSP de Hakahau car c’est la plus grande école primaire des Marquises, elle accueille 252 élèves. Ensuite, l’école de Taiohae car elle se trouve sur l’île chef-lieu et enfin au sud de Tahuata, à Vaitahu. Ua Pou aussi car selon elle, il y a une identité clairement délimitée. Mais il y a tout de même une problématique autour du développement de programmes qui ne sont pas de la culture des enfants et qui engendrent donc des problèmes d’apprentissage. "Chacun a des codes propres à sa langue et ici aux Marquises, c’est très différent de la culture française ; il y a donc une nécessité de neutraliser cet obstacle".
 
Elle a ainsi fait venir tous les enseignants de cycle 1 de Taiohae, Hakahau et Vaitahu afin de travailler à harmoniser la culture : que devons-nous enseigner en français et en marquisien ? Mais aussi afin d’analyser les programmes et entamer la conception d’outils pour permettre l’enseignement de la littérature en marquisien. C’est dans cette optique que s’opère actuellement, en collaboration avec l’Académie Marquisienne –et également des sympathisants de la langue–, la traduction lors de comités de lecture de 220 ouvrages de littérature provenant de la liste des ouvrages de l’Education Nationale pour les tout-petits, petits, moyens et plus grands. 
 
Comprendre la culture de l’autre par sa propre langue ; c’est donc un travail effectué ces deux dernières années. Le second outil après les 220 ouvrages est de construire des corpus de mots en fonction des thèmes d’enseignement. Tous les mots et expressions que les enfants doivent avoir appris à la fin de la période vont être distribués aux familles pour les mettre en contexte dans la vie quotidienne. 

Les enseignants et le personnel impliqués

Ensuite, même si certains enseignants marquisiens ne parlaient pas la langue, ils ont eu un moment d’adaptation. "Comme ils ont la mélodie dans les oreilles car ils sont natifs, c’est un super atout pour apprendre aux enfants car les professeurs eux-mêmes réapprennent en même temps et sont très attentifs à tout. Comme pour éviter les obstacles que pourraient rencontrer les élèves car eux-mêmes ont surmonté ces mêmes difficultés, continue-t-elle. Et c’est d’ailleurs aussi l’affaire des surveillants, des personnes travaillant à la cantine ou au nettoyage des classes, les aides maternelles etc. Ils vont eux aussi intégrer ce dispositif pour pouvoir aussi être attentifs à leur propre niveau de langue pour que ça soit un modèle pour les plus petits. De plus, ici à Ua Pou, comme le maire est enseignant et maîtrise parfaitement le marquisien, c’est une personne ressource pour les enseignants".
 
Il y a quinze professeurs concernés dans le dispositif classe bilingue. Pour le moment, tout est encore à construire concernant les outils pour permettre aux enseignants d’assurer cet enseignement en toute sécurité. Stéphane Mahuta, directeur du CSP de Hakahau confirme que c’est très prenant car il y a énormément de choses à mettre en place. Cependant il est confiant car il y a un bon accompagnement, donc l’équipe enseignante est rassurée.
 
Enfin, pour Aline Heitaa-Archier, il y a une nécessité à l’élévation du niveau de conscience du Marquisien afin de permettre la réhabilitation du sentiment d’appartenance : "J’aimerais que les enfants aient une vision très claire des valeurs de la République. Notre rôle est de former des hommes et des femmes capables de vivre leur vie d’adulte dans la sérénité et le respect de soi et des autres ; former les futurs parents qui vont accompagner le devenir de l’île et des prochains enfants… Ce sont en réalité des diamants que l’on a dans les mains et il ne tient qu’à nous de tailler cette pierre à ajouter à l’édifice".

Rédigé par Eve Delahaut le Mardi 13 Octobre 2020 à 07:59 | Lu 1773 fois





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