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Labo d'ice sur un voilier : Deux ans ferme pour le chimiste



Lors de la perquisition du bateau en septembre 2017, des produits chimiques, plaquettes d'Actifed et une balance électronique avaient été retrouvés à bord.
Lors de la perquisition du bateau en septembre 2017, des produits chimiques, plaquettes d'Actifed et une balance électronique avaient été retrouvés à bord.
Tahiti, le 14 septembre 2021 - Les quatre hommes impliqués dans l'affaire du laboratoire d'ice installé sur un voilier ont comparu, mardi, devant le tribunal correctionnel. Tous ont nié au cours de l'audience les faits de fabrication et de trafic de méthamphétamine. L'homme identifié comme le chimiste a pourtant été condamné à deux ans de prison ferme. 

Un voilier éco-responsable transformé le temps d'une croisière entre les Marquises, les Tuamotu et les îles Sous-le-Vent en laboratoire d'ice. C'est en résumé les faits reprochés à quatre hommes âgés de 25 à 56 ans. Ces derniers, dont un père, propriétaire du navire, et son fils, ont été présentés, mardi, au tribunal correctionnel de Papeete pour répondre de ces faits qui remontent à 2017. 

A l'époque, des renseignements concernant la fabrication d'ice sur un catamaran sont parvenus aux services de gendarmerie. Les prévenus sont placés d'abord sur écoute téléphonique, puis une perquisition du bateau est menée en septembre 2017 aux Tuamotu. A bord, les gendarmes ont retrouvé une balance électronique, des sachets plastiques contenant de la “poudre blanche”, différents produits chimiques (white spirit, sodium, manganèse, nitrate d'ammonium, acétone) et aussi des plaquettes d'Actifed. Un médicament connu pour contenir de la pseudoéphédrine, une substance qui rentre également dans le processus de fabrication de la méthamphétamine. Les quatre prévenus ont tous nié les faits et ont été relâchés à l'issue de leur garde à vue avec néanmoins le maintien des écoutes téléphoniques. 

Mais en février 2018, la compagne du “chimiste” est passée aux aveux en affirmant que son compagnon s'adonnait en effet à la fabrication d'ice. Il lui a fait acheter plusieurs fois des boîtes d'Actifed et des piles au lithium. Entre-temps l'intéressé, avec déjà un casier judiciaire bien fourni, est condamné en mars 2018 à trois ans de prison pour trafic de stupéfiants dans le cadre d'une autre affaire. Et c'est finalement au bout de plus d'un an et demi de détention qu'il avouera et détaillera aux gendarmes et à un juge d'instruction son processus de fabrication qu'il a découvert sur Youtube. 

“Je n'ai jamais réussi à fabriquer de l'ice mais je m'en suis vanté pour avoir du respect dans le milieu”

Confrontés aux faits et à la lecture des échanges téléphoniques qu'ils entretenaient, les quatre hommes ont de nouveau tout nié en bloc lors de leur audition par le tribunal. Le chimiste qui était passé aux aveux est revenu sur ses déclarations. “Ce que j'ai dit je l'ai dit sous le coup de la pression des gendarmes”, a-t-il indiqué plein d'assurance à la barre. “On m'a promis des privilèges en prison si je confirmais tout ce que ma femme avait dit sur moi concernant la fabrication. Mais c'est faux. Je n'ai jamais réussi à fabriquer de l'ice, mais je m'en suis vanté pour avoir du respect dans le milieu.” 

Sur la présence des produits chimiques et de l'Actifed retrouvés lors de la perquisition du navire, le propriétaire du voilier, âgé de 56 ans, également constructeur naval de son état, s'est justifié en déclarant que ces produits étaient indispensables à son activité. Pour l'Actifed le médicament était lui incontournable pour se soigner lors des longues traversées en mer.   Quant à la teneur de leurs échanges téléphoniques, “quand vous évoquez les nombres “20”, “50” il s'agit de quantité non ? Et les mots “cailloux”, “cold” ou “sachet” c'est pour parler de l'ice ?”, a insisté la présidente de tribunal.  Mais là encore le propriétaire du voilier, calme et imperturbable à la barre, s'est justifié. “On vivait du troc sur le bateau. On pêchait et on récupérait des fruits et légumes que l'on échangeait ensuite avec les habitants sur place. C'est ce à quoi font référence les sachets et les nombres.”

Une défense qui n'a pas convaincu la procureure qui a requis notamment quatre ans d'emprisonnement à l'encontre du chimiste du groupe et deux ans de prison pour le propriétaire du catamaran qui “avait un rôle constant dans la fabrication et la vente”. Pour les deux autres prévenus, des peines de deux ans de prison, assorties d'un sursis de six mois, ont été requises. 

Les avocats des prévenus ont pour leur part plaidé la relaxe de leurs clients, en estimant entre autres “qu'aucun élément dans le dossier ne vient caractériser la vente. Concernant la fabrication, ils ont peut-être essayé. Mais aucun élément du dossier ne permet de nous dire quelle quantité a été produite. Quant aux écoutes téléphoniques elles sont sujettes à interprétation”. 

Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné le chimiste, déjà placé en détention, à deux ans de prison ferme. Le propriétaire du voilier a lui écopé de deux ans de prison, dont six mois ferme. Le troisième prévenu a été condamné à un an de prison avec sursis. Et le fils du propriétaire du bateau a été relaxé. 

Rédigé par Désiré Teivao le Mardi 14 Septembre 2021 à 19:38 | Lu 5485 fois





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