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La rentrée pour rattraper le temps perdu



Tahiti, le 13 août 2020 - Le confinement aidant, les élèves du fenua accusent un certain retard depuis mars sur leurs acquisitions. Exit la continuité pédagogique et la distanciation sociale : il s'agit de rattraper le temps perdu en s'appuyant sur un protocole sanitaire "à la carte". Et c'est en classe que ça se passe, pointage à l'appui. 
 
L'heure est au rattrapage des acquisitions. Et sans plus tarder, à en croire les instances de l'éducation réunies hier à la présidence pour le point presse de la rentrée scolaire. "Je serai particulièrement vigilante sur le pointage des élèves", a souligné hier Christelle Lehartel, ministre de l'Education. Quitte à "mettre en place des actions pour aller les chercher". Retrouver les devoirs n'enchante peut-être pas les élèves, "mais à un moment donné, il faudra bien qu'ils retournent à l'école" assène Thierry Delmas, directeur de la DGEE. C'est qu'avec le confinement certains élèves ont déserté les radars du ministère. Reste à savoir combien. Un diagnostic doit justement permettre de les identifier afin "d'évaluer les apprentissages perdus", annonce la ministre dans sa lettre de rentrée.

Afin de "tirer des leçons de cette crise" et "donner aux enfants l'envie d'apprendre", la feuille de route prévoit également de muscler les ressources numériques ou d'impulser de nouvelles pratiques éducatives comme le télé-enseignement. "On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif" et "on ne juge pas un poisson à sa capacité de grimper aux arbres,  illustre Philippe Lacombe, vice-recteur. Notre préoccupation c'est de motiver les enfants."

Oui, mais en tenant compte d'une double exigence : les "impératifs non négociables" de sécurité sanitaire et les "impératifs peu négociables" de progression dans les acquisitions. Hors de question donc de réintroduire la continuité pédagogique ni la distanciation physique qui impliqueraient de diviser les classes en deux groupes. "Aujourd'hui l'objectif c'est de se concentrer sur la classe, sauf si on venait à nouveau à confiner" commente Ernest Marchal, inspecteur de l'éducation nationale. Et les objectifs de performance sont ambitieux : "100% des élèves lecteurs en fin de cycle 2" et "100% de réussite dans les fondamentaux." "Nous devons à tous les parents la garantie absolue de la sécurité de leur enfant et de l'apprentissage qui va avec" justifie le vice-recteur.

Une procédure éprouvée par deux écoles

Si on pouvait s'attendre à des ajustements au protocole sanitaire, - en dehors du port obligatoire du masque pour le personnel et les élèves à partir de la 6e – la ministre a simplement rappelé le code couleur (vert, jaune, rouge) de la procédure, correspondant aux "trois cas de figure" susceptibles de se produire : "absence de cas de Covid", "suspicion d'un cas de Covid dans la structure", "cas déclaré de Covid dans la structure." Transmis aux chefs d'établissements le 7 août, la procédure a déjà été éprouvée par deux écoles, celle de Fariimata et celle de Pamatai. En alerte orange du fait de la présence d'un cas suspect dans le personnel, leurs directions respectives ont fait le choix de reporter l'ouverture. Preuve que le dispositif fonctionne selon les autorités. "Les familles attendent de nous qu'on soit les garants absolus de la santé de leur enfant, ils nous confient leur bien le plus précieux, et nous mettons en œuvre toutes les conditions pour qu'ils soient dans les meilleures dispositions pour apprendre" insiste le vice-recteur. "Au point que c'est à la carte : vous n'avez pas le même menu dans un gros lycée de centre-ville que dans une petite école au fond d'une vallée."

79 à 88% de présence pour les élèves

Dans ce contexte, un report de la rentrée comme suggéré en début de semaine par les partenaires sociaux, est inconcevable pour la DGEE. "Fermer 5 ou 6 écoles, ce n'est pas la même chose que de fermer 240 écoles, renchérit Thierry Delmas. La grande majorité des établissements est dans le scénario vert, prendre la décision de reporter la rentrée ou de fermer tous les établissements, ce serait pénaliser la grande majorité des élèves."

D'autant que les effectifs enregistrés les deux premiers jours font état d'une forte présence : 79% pour les élèves du premier degré, 88% pour ceux du second degré. Preuve de confiance des parents dans le système éducatif. Idem du côté des enseignants qui affichent 94% de présence dans le premier degré et 92% dans le second. Au final, seuls 3% d'entre eux se sont absentés pour des raisons liées au Covid-19.

Première collectivité à reprendre le chemin de l'école sur le calendrier national, la Polynésie ne fera donc pas marche arrière sur la rentrée, malgré le rebond du nombre de cas. "Un choix pertinent" note le vice-recteur. "Je ne dirais pas que [fermer les écoles] c'est un choix de facilité, mais c'est une situation extrêmement pénalisante pour les jeunes et notamment pour les enfants les plus en difficulté."
 

"On prend les décisions au fur et à mesure"

Christelle Lehartel, ministre de la Santé

Pourquoi attendre le lendemain pour communiquer sur la fermeture des écoles ?
N'oubliez pas que les établissements du premier degré sont sous la responsabilité du maire de la commune et on est aussi obligé d'attendre les avis de la veille sanitaire, c'est vraiment eux qui vont nous dire à quel moment fermer. Parfois les décisions sont prises dans la nuit, c'était le cas de l'école de Pamatai. Mais ce n'est pas moi qui prends la décision de fermer l'école, c'est le maire. Pour Fariimata, c'est une école catholique, c'est la direction diocésaine de l'enseignement catholique qui prend la décision.

Le protocole élaboré pour la rentrée précédente reste le même ? Pas d'ajustement ?
On a trois stades vert, jaune, rouge, c'est le même protocole qui sera adapté à chaque établissement. C'est ce que l'école de Pamatai et ce que Fariimata ont fait. Ils étaient au stade orange, ils ont pris des décisions, ils suivent la procédure.

Jugez-vous la situation inquiétante ?
Bien-sûr qu'elle est inquiétante, nous avons assisté à un boom dans les cas de Covid ce week-end. Mais en ce qui concerne l'école, vous voyez bien que les parents accompagnent leurs enfants dans les écoles, ils sont responsables et ils ont décidé d'envoyer leurs enfants à l'école. Je peux vous assurer que tout est mis en place pour assurer l'accueil des élèves dans les meilleures conditions. Depuis lundi nous sommes en contact permanent avec les chefs d'établissement et on prend les décisions au fur et à mesure.

Pas de distanciation physique pour cette rentrée même si la situation est pire que celle de la rentrée précédente ? 
Elle n'est pas nécessaire cette fois et elle n'est pas à l'ordre du jour. Sauf si la situation s'aggrave, à ce moment-là on reviendra peut-être là-dessus.

Le masque suffit ?  
D'après le ministère de la Santé oui. Je vous rappelle que je ne suis pas médecin. Je suis professionnelle de la pédagogie. Sur les questions de santé, je me base sur l'avis des médecins. Quand taote Raynal m'appelle pour me dire "Fa'aterehau, cette école il faut la fermer parce que le tāvana m'a contacté", je m'exécute.

Rédigé par Esther Cunéo le Jeudi 13 Août 2020 à 19:47 | Lu 2494 fois





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