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La pièce de théâtre Sandre s'invite en prison



Le comédien Erwan Daouphars et l'auteure Solenn Denis proposeront pendant quelques jours des ateliers d'écriture et de jeux théâtraux aux détenus qui le souhaitent.
Le comédien Erwan Daouphars et l'auteure Solenn Denis proposeront pendant quelques jours des ateliers d'écriture et de jeux théâtraux aux détenus qui le souhaitent.
Papeete, le 3 mai 2018 - Deux représentations de la pièce de théâtre Sandre ont eu lieu jeudi 3 mai dans les locaux du centre de détention de Papeari. Le comédien, Erwan Daouphars, joue seul sur scène, devant les détenus présents, le rôle d'une femme en prison. Une initiative originale qui semble avoir séduit ce public peu habitué à l'art théâtral.

Au théâtre, il y a le côté cour à droite, mais aussi à gauche, le côté jardin… Pas évident de prime abord, d'imaginer entre les murs du centre de détention de Papeari, ce côté jardin. Et pourtant pendant une heure, l'estrade de la grande salle de la prison ressemblait à n'importe quelle scène de théâtre au monde et le public à n'importe quel public ! Ou presque, car le public, composé pour la première représentation de 70 détenus de tout âge, n'était pas forcément habitué à ce genre de spectacle.

"JE N'ETAIS JAMAIS ALLE AU THEATRE"

"C'est la première fois que je vois une pièce de théâtre, même à l'école, je n'ai jamais eu l'occasion d'y assister, je ne sais pas ce qui va se passer", explique avec réserve un détenu d'un certain âge.
Et pour ce "baptême" théâtral, la compagnie du Caméléon, à l'initiative de l'évènement et soutenue par le service pénitentiaire d'insertion et de probation (le SPIP), avait prévu une programmation pas forcément facile pour un public novice dans cet art.
Seul sur scène avec un décor minimaliste, le comédien Erwan Daouphars interprète pendant une heure, le rôle d'une femme emprisonnée pour avoir commis un crime. Le comédien ne cherche pas à se travestir, il apparaît tel qu'il est, et dévoile tout au long de la pièce, le mystère de son personnage.

"COMME UN MIROIR"

"Dès le début de la représentation, je me suis dit que le choix de la pièce était bon pour être joué ici. Cette pièce est un peu comme un miroir pour les détenus", note soulagé Guillaume Gay, de la compagnie du Camélon.
"Le sujet de la pièce n'est pas facile. J'ai voulu montrer que dans chaque être humain, tout n'est pas tout noir ou tout blanc. Parfois, il peut arriver à une personne de commettre un acte horrible. Pendant un moment, la personne 'sort d'elle-même', cela peut arriver à tout le monde", explique l'auteure Solenn Denis, qui ne cherche pas à travers son texte à dédouaner ou à excuser l'acte commis, mais à en comprendre la genèse et les raisons.
Erwan Daouphars, accompagné de Solenn Denis, vont proposer dans les prochains jours quelques ateliers d'écriture et de jeux théâtraux aux détenus qui le désirent. Une manière de faire découvrir l'art théâtral… et ses bienfaits.
Et il semble bien que la pièce, qui sera jouée également au Petit théâtre les 11 et 12 mai prochains, ait trouvé de l'écho parmi le public présent dans le centre pénitentiaire. En effet, au fur et à mesure de la représentation, la salle devenait plus silencieuse, les détenus de plus en plus attentifs aux paroles du comédien.
A l'issue de la représentation, Solenn Denis et Erwan Daouphars ont noué un échange avec les détenus et les langues, d'abord timides, se sont petit à petit déliées. " C'est fort, ça me fait réfléchir comme même cette pièce. Parfois, si je tiens ici, c'est pour mes enfants", avoue un détenu. "En fait finalement, ce n'est pas parce que j'ai commis un acte pas bien, que je suis quelqu'un de mauvais", conclut tout bonnement un autre.
Il semble bien que la 'mission' -si mission il y avait- ait été remplie.

Le comédien Erwan Daouphars est seul sur scène pendant une heure.
Le comédien Erwan Daouphars est seul sur scène pendant une heure.
Erwan Daouphars, le comédien :
"Je me devais de dire ces paroles devant ce public"

"Je me suis pris une grosse claque ! C'est une perte totale de repères pour eux, mais également pour moi, car je n'ai pas habitude de jouer dans un tel lieu, il y avait aussi du bruit, des sonneries de téléphones, le public bougeait un peu plus que dans un théâtre normal. Je n'avais jamais joué cette pièce comme aujourd'hui. Cette pièce fait vraiment résonnance, miroir. Je me devais de dire ces paroles devant ce public", reconnaît l'acteur vidé, mais heureux de cette prestation dans ce lieu particulier.



Véronique Vidal, directrice pénitentiaire d'insertion et de probation :
"Il ne faut surtout pas réduire une personne à son seul acte"

"Je suis ici pour représenter le directeur du Service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip), Lionel Lecomte. Le Spip suit environ 2500 personnes, on s'occupe des détenus au sein de la prison, mais on assure également l’exécution des peines alternatives à l’incarcération. On essaye de programmer des activités avec Gilbert Marceau, le directeur de l'établissement pénitentiaire.
Ces actions sont des supports, qui permettent de révéler les forces et les compétences de ces personnes. Souvent, elles sont sans repère, elles ne savent plus qui elles sont vraiment, ce sont parfois des situations de bombes à retardement. Il faut soutenir ces personnes, leur redonner confiance, les aider à participer à la réflexion, à une meilleure prise de conscience. Il ne faut surtout pas réduire une personne à son seul acte, on prend la personne telle qu'elle est."

L'histoire

Dans un petit coin de salon au style désuet, une femme se livre. Epouse d’un homme qui ne fréquente plus le domicile conjugal que pour ses plats en sauce, elle nous confie ses secrets et ses maux trop longtemps enfouis. Elle porte son mystère comme une plaie. Sa langue tangue dans un flot maladroit, la confusion est là, mais la parole peu à peu se dénude et le puzzle s’assemble. Savamment construit et magistralement interprété, le récit distille peu à peu ses indices. " Ce qui est certain c’est que je ne voulais pas faire de la peine aux gens. Mais j’ai tué quelqu’un. Une fois, j’ai tué quelqu’un, même si je ne suis pas folle. "
Un voyage sous tension dans les méandres de l’âme humaine, dans les chaos d’une vie qui s’est perdue.

Infos pratiques :

Au Petit théâtre de la Maison de la Culture
Le vendredi 11 et le samedi mai à 19h30
Durée : 1 heure
Âge conseillé : A partir de 14 ans
Tarifs : Adultes : 4 000 francs ; - 18 ans/étudiants : 3 000 francs ; -12 ans : 2500 francs
En vente à Carrefour Arue, Faa'a, Punaauia et Radio 1 à Fare Ute ou www.ticket-pacific.pf/
Plus d'infos sur : www.cameleon.pf
Page facebook : La Compagnie du Caméléon Tahiti

Rédigé par Pauline Stasi le Jeudi 3 Mai 2018 à 16:42 | Lu 1161 fois

Tags : THEATRE





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