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La mort d’une journaliste fidjienne relance le débat sur les violences conjugales en Océanie



SUVA, dimanche 19 avril 2015 (Flash d’Océanie) – Le décès début avril d’une figure des médias fidjiens, Losana McGowan, a relancé le débat sur le taux élevé de violences conjugales dans cet archipel et de manière générale en Océanie.

Cette ancienne journaliste de 36 ans, qui avait aussi ces dernières années exercé des fonctions au sein du Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique (CPS), avait été retrouvée morte à son domicile, le dimanche de Pâques.

Son conjoint, Osea Kilaverata, 28 ans, s’était ensuite livré aux autorités en expliquant que le couple avait eu une violente dispute alors qu’il rentrait d’une boîte de nuit.

Il devrait comparaître devant la justice locale d’ici à fin avril.

Lors des obsèques de cette personnalité régionale des médias et de la communication, mi-avril, de nombreux collègues de cette branche, représentant la presse locale, les organisations régionales et les association de lutte contre les violences faites aux femmes, ont rendu hommage à la personnalité rayonnante et enjouée de la défunte.
Au plan national, le ministère fidjien des affaires féminines a estimé que le genre de comportements ayant conduit au décès de cette personnalité « peut être combattu en s’attaquant à la racine du phénomène : les discriminations faites aux femmes ».


Toujours à Fidji, ce décès brutal a aussi coïncidé, à quelques jours près, avec la mort d’une jeune femme de 26 ans, à Lautoka (Ouest de l’île principale de Viti Levu).

Son mari l’avait aspergée d’un liquide inflammable, auquel il avait ensuite mis le feu, se brûlant lui-même aussi gravement.

« Les violences contre les femmes et les filles sont de graves violations des droits humains », a rappelé la ministre fidjienne Rosy Akbar.

« Les femmes sont l’épine dorsale de notre société, elle jouent un rôle crucial dans l’éducation de nos enfants (…) Quand les femmes et les filles deviennent victimes de violences domestiques, c’est la famille entière qui s’en trouve affectée et cela provoque une détresse émotionnelle, mentale et physique qui dure toute la vie (…) L’éducation des enfants est gravement perturbée et lorsqu’ils sont témoins de ce genre de violences, ils peuvent en subir les conséquences en reproduisant ces comportements violents », a-t-elle souligné en appelant à la collaboration de toute la société dans la lutte contre ce phénomène.

« En tant que nation, nous ne pouvons pas laisser cela continuer, nous ne pouvons pas rester passifs, nous devons travailler tous ensemble et intensifier nos efforts pour éliminer ce fléau », a-t-elle martelé en demandant aux familles concernées de « briser la loi du silence ».
Mme Akbar a notamment rappelé qu’une convention avait été récemment signée avec la police nationale en vue de faire appliquer un récent texte de loi relatif à la protection des femmes et des filles à Fidji.

Selon Shamima Ali, coordinatrice du centre de crise des femmes fidjiennes (Fiji Women's Crisis Centre, FWCC), une ONG qui lutte de longue date contre les violences faites aux femmes et aux filles, trop souvent encore, les plaintes déposées par des femmes contre leur mari ou leur conjoint ne sont pas prises en compte par la police.

Dans les cas où la victime obtient, sur décision de justice, une restriction de mouvement interdisant au conjoint de l’approcher, les forces de l’ordre négligent le plus souvent de surveiller les mouvements de la personne faisant l’objet de cette mesure judiciaire, accuse-t-elle.
Le FWCC a entrepris, ces dernières années, un travail de longue haleine, particulièrement ciblé sur les agents de police, en mettant l’accent sur leur information et leur sensibilisation en matière d’égalité des sexes.

« Mais il reste encore beaucoup à faire. Lorsqu’une femme veut déposer plainte, la police, trop souvent, ne veut pas prendre sa déposition et on demande, plus ou moins poliment, à la victime, de rentrer chez elle. Ou alors on lui fait comprendre qu’elle pourrait à son tour faire l’objet de poursuite si elle fournit de fausses informations au sujet de son mari », explique la militante associative.

pad

Rédigé par PAD le Lundi 20 Avril 2015 à 05:48 | Lu 628 fois




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