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La Nouvelle-Calédonie tient dimanche des élections provinciales cruciales et incertaines



La Nouvelle-Calédonie tient dimanche des élections provinciales cruciales et incertaines
NOUMÉA, 9 mai 2014 - Les électeurs de Nouvelle-Calédonie sont appelés aux urnes dimanche pour les dernières élections provinciales de l'accord de Nouméa, dont la campagne a été marquée par une polémique sur le corps électoral et des débats sur l'avenir institutionnel de l'archipel.

Ce scrutin va ouvrir l'ultime mandat de l'accord de Nouméa, signé en 1998 entre l'État, les loyalistes et les indépendantistes kanaks. Ce texte organise la décolonisation progressive du Caillou par les transferts successifs des compétences de l'État aux institutions locales.

Le Congrès, où siègent 54 des 76 élus des trois provinces du sud, du nord et les îles Loyauté, pourront à la majorité des 3/5èmes décider d'organiser entre 2014 et 2018 un référendum d'autodétermination. S'ils ne font pas, l'État l'organisera d'autorité en 2018.

Dimanche, le vote sera réservé aux personnes figurant sur une liste électorale spéciale, dont la composition a suscité durant la campagne une vive polémique entre les deux camps rivaux.

En vertu de la décolonisation en marche, seuls peuvent voter aux provinciales les "citoyens" calédoniens, c'est-à-dire les habitants installés dans l'archipel depuis au moins novembre 1998, au terme de dix ans de résidence.

Se fondant sur un arrêt de la cour de cassation de 2011, le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste) affirme qu'il ne suffit pas d'avoir été "installé" mais qu'il est nécessaire en plus d'avoir été inscrit sur la liste générale de 1998.

Le président indépendantiste du Congrès, Roch Wamytan, a dénoncé "des tripatouillages et des fraudes" sur les listes électorales et a alerté les Nations-Unies, la Nouvelle-Calédonie figurant depuis 1986 sur sa liste des pays à décoloniser.

Le FLNKS a déposé plus de 5.600 demandes de radiations, examinées en avril par les tribunaux, suscitant la colère de la droite qui a dénoncé un mauvais coup porté "à la communauté de destin" qui reste à inventer.

Au final, moins de 300 électeurs ont été rayés des listes mais le droit de vote demeure un sujet explosif, qui ne manquera pas de ressurgir.

Dans cette collectivité de 260.000 habitants, seul 152.462 sur les 175.514 électeurs du corps électoral général pourront se rendre aux urnes, soit 23.000 "exclus" qui sont essentiellement d'origine européenne et vivant à Nouméa et dans sa banlieue.

Progression des indépendantistes ?

La campagne a aussi été phagocytée par la perspective du référendum d'autodétermination.

La droite non-indépendantiste voudrait éviter ce "vote couperet", mais, en raison de profondes divisions, elle ne parvient pas à s'entendre sur une alternative commune.

En face, les indépendantistes veulent suivre les étapes prévues. "L'accord, rien que l'accord", affirment-ils, prônant la création d'un État souverain, qui choisira librement ses partenariats avec la France ou des pays de la région.

Bien qu'il n'y ait pas de sondages en Nouvelle-Calédonie, les observateurs anticipent tous une progression des indépendantistes au Congrès, où ils possèdent actuellement 23 sièges sur 54.

Cela devrait être due à l'augmentation de leur nombre d'élus dans la province sud où ils n'ont que 4 élus sur les 40 de l'assemblée locale. Au terme d'âpres négociations, les sept partis indépendantistes ont en effet réussi à former une liste unitaire.

Dans cette province clé (32 des 54 sièges du Congrès), la liste de la présidente sortante Cynthia Ligeard, issue d'une des deux branches de l'UMP locale, ne devrait pas arriver en tête. Calédonie ensemble (centre droit), victorieux aux législatives de 2012 et à Nouméa en mars dernier, semble avoir le vent en poupe.

Les querelles internes à droite et au sein des indépendantistes, plus feutrées mais bien réelles, augurent d'un Congrès où les majorités pourraient fluctuer.

Cette assemblée a également la charge d'élire, selon un scrutin de listes, les membres du gouvernement collégial, lequel pourrait par ricochet se retrouver en équilibre instable.

Toutes ces incertitudes pèsent sur l'économie locale, déjà en net repli à cause de la chute des cours du nickel en 2013 et des interrogations des chefs d'entreprises sur l'avenir du pays.

A cela s'ajoutent des finances publiques dans le rouge, une fiscalité obsolète dont la réforme est sans cesse reportée, une crise du logement à Nouméa, des problèmes de vie chère irrésolus et des inégalités sociales et ethniques importantes.

AFP

le Samedi 10 Mai 2014 à 06:29 | Lu 487 fois





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