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La Niña se poursuit pour la troisième année consécutive


Durant la Ninã, les eaux de l'océan sont plus froides, ce qui entraîne une inhibition de la formation des nuages et par conséquent une baisse de la pluviométrie.
Durant la Ninã, les eaux de l'océan sont plus froides, ce qui entraîne une inhibition de la formation des nuages et par conséquent une baisse de la pluviométrie.
Tahiti, le 22 septembre 2022 – Le phénomène climatologique La Niña va se poursuivre pour la troisième année consécutive. Une installation dans la durée du phénomène qui est inhabituelle. En Polynésie, il a pour conséquences une baisse de la température et une inhibition de la formation des nuages, ce qui entraîne une baisse de la pluviométrie et du risque cyclonique.
 
L'Organisation météorologique mondiale alerte les communautés du Pacifique sur un retour de La Niña pour la troisième année consécutive. C'est ce qu'indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU dans un communiqué publié mardi. Comme El Niño, qui est son contraire, La Ninã modifie la circulation océanique et atmosphérique de l'océan, notamment au niveau du Pacifique qui est le berceau de ces phénomènes. “Pendant une Niña, on va avoir des eaux plus froides du côté de la Polynésie française, et par conséquent on va avoir moins d'évaporation pour la formation des nuages. Ça va donc inhiber la formation des nuages et par conséquent freiner la pluviométrie et la formation des cyclones”, explique la responsable de la climatologie du bureau d'études à Météo-France, Victoire Laurent. “On peut avoir des températures plus basses que la normale au niveau des Marquises et plus élevées que la normale sur les Australes. Et tous les phénomènes qui vont naviguer vont être renforcés ou inhibés.” Par contre, à l'Ouest du Pacifique, comme vers la Nouvelle-Calédonie, c'est l'inverse qui va se produire, avec des eaux plus chaudes et une augmentation de la pluviométrie.
 
Si La Ninã est un phénomène climatologique normal, il est en revanche beaucoup plus inhabituel qu'il se poursuive trois années consécutives. “En soixante ans, on a observé des phénomènes de trois ans, trois ou quatre fois. Le dernier épisode de trois ans remonte à 1999-2001”, souligne Victoire Laurent. Quant à savoir si cet épisode La Ninã pourrait se prolonger une quatrième année, Victoire Laurent répond : “À ce jour, je ne connais pas d'épisode La Ninã qui a duré quatre ans.”

Moins de pluie sur l'année, mais record au mois d'août

Si La Ninã entraîne une baisse de la pluviométrie, nous avons toutefois connu cette année une saison sèche plus pluvieuse que la normale avec des épisodes de pluie très importants aux mois de juillet et août. On a enregistré 100 mm de pluie quand il en tombe normalement que 50 mm. Et des records de pluviométrie ont été enregistrés au mois d'août, dans l’archipel de la Société. Mais pour Victoire Laurent, il convient de “remettre cela dans le contexte d'une saison sèche. La pluviométrie a doublé, mais 100 mm pour une saison des pluies, c'est peu”. “On est en Niña, donc il y a des conditions de circulation océanique et atmosphérique qui sont modifiées. Et à l'intérieur de cette situation, on a d'autres situations qui sont plus à l'échelle synoptique qui se sont développées, qui ont permis d'avoir des situations de convection qui sont restées bloquées assez longtemps sur notre zone et qui ont permis ces cumuls de pluie”, explique-t-elle.
 
Quant aux éventuelles recommandations à la population liée à l'épisode La Ninã, la météorologue explique qu'il faut attendre la fin de la saison fraîche pour apprécier l'intensité du phénomène. Les services de Météo-France établiront des modèles prévisionnels pour la prochaine saison chaude fin octobre.

Rédigé par Anne-Laure Guffroy le Jeudi 22 Septembre 2022 à 18:41 | Lu 3034 fois