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La Nasa réussit le lancement de sa capsule Orion, première étape vers Mars



Cap Canaveral, Etats-Unis | AFP | vendredi 05/12/2014 - par Kerry SHERIDAN / Et Jean-Louis SANTINI à WASHINGTON

La Nasa a lancé avec succès vendredi sa capsule non habitée Orion, premier vaisseau américain depuis Apollo qui pourra transporter des astronautes au-delà de l'orbite terrestre, autour de la Lune et un jour vers Mars.

La fusée Delta IV Heavy de la société United Launch Alliance (ULA) transportant la capsule de 8,6 tonnes pour son premier vol d'essai, s'est arrachée de son pas de tir de la base de Cap Canaveral en Floride comme prévu peu après le lever du soleil à 12H05 GMT.

Trois heures après le lancement, "tout se déroule parfaitement", a indiqué le commentateur de la télévision de la Nasa, Rob Navias.

Après une ascension de 17 minutes, Orion s'est placée sur une orbite terrestre basse avant d'atteindre 2 heures et 48 minutes plus tard (bien 2H48 minutes) vers 15H05 GMT son altitude maximum de 5.800 kilomètres, propulsé par le moteur du second étage de Delta IV qui s'est rallumé quelques minutes comme prévu vers 13H10 GMT.

Le vaisseau effectue deux tours de la Terre, dont le second à 5.800 km d'altitude, soit près de quatorze fois la distance de la Station spatiale internationale du sol (420 km).

Au cours de son ascension vers l'apogée de son vol, Orion a traversé la ceinture de radiations de Van Allen, une zone de la magnétosphère de la Terre entourant l'équateur magnétique et contenant une grande densité de particules énergétiques.

Vers 15H23 GMT, vingt minutes après avoir atteint la plus haute altitude de son périple total de 4 heures 24 minutes, Orion devait se détacher du deuxième étage de Delta IV et du module de service pour préparer son retour dans l'atmosphère terrestre et son amerissage en douceur dans le Pacifique, à mille kilomètres des côtes mexicaines de la péninsule de Basse-Californie.

Etant donné l'orbite sur laquelle Orion évolue, la capsule refera son entrée dans l'atmosphère à plus de 32.000 km/h avant de se poser dans le Pacifique, freinée par trois gigantesques parachutes.

Ce vol est destiné à tester le bouclier thermique du vaisseau, qui doit résister à des températures de 2.200 degrés, ainsi que ses parachutes et ses ordinateurs de bord. Il y a aussi 1.200 capteurs pour mesurer les vibrations, les radiations, le niveau de bruit et la température.

"Nous vivons un moment exaltant car un succès de ce test nous rapproche du moment où nous mettrons des humains sur Mars", a déclaré vendredi peu avant le lancement le patron de la Nasa, Charles Bolden.

Les futures missions d'Orion dépendront du développement en cours d'un nouveau lanceur de très grande capacité, le "Space Launch System" (SLS).

Au total, la Nasa a dépensé à ce jour 9,1 milliards de dollars pour financer le projet Orion dont 370 millions pour ce vol d'essai.

Ensemble, Orion, avec la forme qui rappelle le vaisseau Apollo de la conquête de la Lune en 1969, et le SLS devraient coûter au total de 19 à 22 milliards de dollars, selon la Nasa.

- Premier voyage vers Mars vers 2030 -

Après ce premier vol d'essai, le prochain lancement d'Orion, toujours non-habité, est prévu en 2018 à bord de la fusée SLS dont ce sera le premier vol.

Orion sera alors attaché au module de service que doit fabriquer l'Agence spatiale européenne (ESA).

Orion, capable dans sa version actuelle d'emporter quatre astronautes pour des missions de 21 jours maximum, fera son premier vol habité pas avant 2021, avec peut-être un survol de la Lune.

Ensuite, parmi les missions potentielles envisagées par la Nasa figure une visite à un astéroïde qui aura été "remorqué" par un vaisseau automatique pour être placé sur une orbite stable près de la Lune.

Et dans les années 2030, l'agence spatiale parle d'un premier voyage vers Mars, un projet qui reste flou vu les contraintes budgétaires qui ont gelé le budget de la Nasa.

"Orion est seulement la première étape vers la création des capacités permettant d'aller un jour sur la planète rouge", souligne John Logsdon, ancien directeur du Space Policy Institute à Washington.

Le dernier vol d'un vaisseau habité américain au-delà de l'orbite terrestre remonte à la mission Apollo 17 en décembre 1972, qui a été l'ultime fois où des hommes ont posé le pied sur la Lune.

Rédigé par () le Vendredi 5 Décembre 2014 à 05:44 | Lu 222 fois






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