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La France joue la carte de la diplomatie militaire en Asie-Pacifique



Paris, France | AFP | samedi 08/06/2018 - Passage de navires de guerre en mer de Chine, exercice aérien en Asie du Sud-Est...: la France joue la carte de la diplomatie militaire dans la région indo-Pacifique, pour y préserver ses intérêts et contribuer à contrer les velléités territoriales de Pékin.

Un bâtiment de projection (BPC) français, le Dixmude, escorté d'une frégate, a croisé fin mai en mer de Chine méridionale, revendiquée en quasi-totalité par Pékin en dépit d'un arbitrage international de 2016 qui lui a donné tort.
Pour appuyer leurs prétentions dans cette zone stratégique qui voit passer un tiers du commerce mondial, les Chinois construisent des installations en dur sur îlots et récifs, comme sur les îles Spratleys, où les Américains l'accusent d'avoir déployé des moyens militaires.
"Notre patrouille consistait à passer à proximité de ces îlots, pour collecter du renseignement avec tous les senseurs qu'il est possible d'utiliser dans les eaux internationales", a expliqué jeudi par visioconférence le commandant du Dixmude, le capitaine de vaisseau Jean Porcher, en évoquant des "contacts radio courtois" avec "des bâtiments chinois présents sur zone, jusqu'à notre sortie".
En août, la France effectuera également une mission aérienne d'une envergure inédite en Asie du Sud-Est ("Pegase"): 3 Rafale, un avion de transport militaire A400M, un A310 et un ravitailleur voleront d'Australie en Inde, avec de multiples étapes dans des pays partenaires, pour "contribuer à renforcer la présence de la France dans cette zone d'intérêt stratégique".
Une diplomatie militaire en ligne avec l'objectif affiché par le président français Emmanuel Macron lors de sa visite en Australie en avril: "construire un axe indo-pacifique" pour "faire respecter la liberté de navigation et de circulation aérienne", sans agir contre Pékin mais pour éviter une "hégémonie".
Des propos qui font écho aux inquiétudes des alliés régionaux de la France face à l'influence grandissante de la Chine dans le Pacifique. 
 

- Gros marché export -

 
"Le président Macron semble analyser de manière réaliste le défi chinois. C'est un changement bienvenu comparé à ses prédécesseurs, qui étaient captivés par les opportunités commerciales en Chine", salue Jonas Parello-Plesner, expert américain à l'Hudson institute.
La posture de Paris a commencé à évoluer il y a quelques années. Depuis 2014, la France fait régulièrement patrouiller ses navires en mer de Chine méridionale pour marquer son attachement à la liberté de navigation. Et en 2016, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, appelait les marines européennes à "une présence aussi régulière et visible que possible dans les espaces maritimes en Asie".
Outre le refus du "fait accompli" qui pourrait mettre en danger tout le système international du droit de la mer, Paris met en avant son statut de pays riverain, avec 1,5 million de citoyens répartis dans la région indo-Pacifique sur cinq territoires d'Outre-mer, et ses 9 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive. 
"Cette région, c'est chez nous aussi", affirmait début juin à Singapour la ministre française des Armées Florence Parly. 
"Jusqu'alors, on avait l'impression que seul Washington s'engageait dans la zone", commente Valérie Niquet, experte Asie/Pacifique à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). La marine américaine conduit régulièrement depuis des années des opérations baptisées "Liberté de navigation" en mer de Chine méridionale.
"Ce sont évidemment les Etats-Unis qui jouent un rôle essentiel de dissuasion face à la Chine mais ce n'est pas inutile ou anodin qu'une puissance comme la France, membre permanent du Conseil de sécurité, se positionne fermement sur le plan des principes et déploie des actions concrètes", estime-t-elle, en jugeant que "cela permet de délégitimer, marginaliser un peu plus les positions chinoises".
Autre facteur-clé: les intérêts commerciaux de la France dans cette région où elle a conclu ces dernières années de très gros contrats d'armement, impliquant une forte coopération militaire: vente de 36 Rafale en Inde, commande de 12 sous-marins nouvelle génération par l'Australie...
"Cela pousse aussi sans doute la France à être beaucoup plus ferme sur des thématiques qui, il y a encore peu, étaient abordées avec beaucoup plus de prudence", souligne Valérie Niquet.

le Lundi 11 Juin 2018 à 05:52 | Lu 787 fois





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