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La Direction de l’agriculture fait le point à Fakarava



Fakarava, le 10 mars 2021 - La Direction de l’agriculture en mission à Fakarava a tenu une réunion publique lundi. L’occasion de présenter les projets en cours, d'informer sur le gel des terres domaniales, d'évoquer la constitution d’une association qui a d’ailleurs vu le jour depuis, et de répondre aux interrogations des agriculteurs.
 
La Direction de l’agriculture (DAG), actuellement en mission à Fakarava, a tenu une réunion publique lundi soir. La délégation était constituée de William Ellacott, chef de la subdivision Tuamotu-Gambier de la DAG, accompagné de son adjointe Christine Wong, et de Raureva Juventin et Bruno Schmidt. Le technicien de la DAG basé à Fakarava, Hervé Tupaia, était également présent. L’ordre du jour était particulièrement riche, couvrant la constitution d’une association agricole d’intérêt général, les lotissements agricoles, les programmes Cocoteraie et Protège, l’apiculture et la vanille et enfin, les aides et cartes professionnelles.

Nouvelle association agricole d’intérêt général

La DAG, appuyée par les élus municipaux présents, a soumis l’idée de créer une association agricole d’intérêt général, à laquelle toute personne résidente, professionnelle ou non, peut adhérer. Les principaux avantages mis en avant sont la mutualisation du matériel agricole et l’accès aux aides territoriales au travers de la carte professionnelle de la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL) de l’association.
Face à cette proposition, l’audience s’est tout d’abord montrée dubitative : “S’agira-t-il d’une association dirigée par la commune et ses élus ou par nous la population ? On a du mal à comprendre ce que la commune vient faire là-dedans… En plus, nous sommes un peu pris de court, je pense que nous avons tous besoin de temps avant de décider si nous voulons de cette association”, s’interroge une habitante. James Mairoto, coprahculteur la rejoint : “Qui va rédiger les statuts et quels articles doivent-ils inclure ?”
Ce à quoi William Ellacott a répondu qu’inclure un élu au projet permettrait un soutien notamment en termes de connaissances de l’administration. L’élection du bureau et la rédaction des statuts revenant aux seuls membres. “Il faut savoir que ce genre d’association existe déjà à Tatakoto, Nukutavake et Makemo et cela porte ses fruits. C’est pour cette raison que nous vous en parlons aujourd’hui, à titre informatif d’abord, et parce que nous espérons pouvoir continuer les discussions avec vous par la suite”. Depuis la réunion, le sujet a fait son chemin puisque mercredi, l’association agricole d’intérêt général Havaiki Fakahotu Rau a effectivement vu le jour.

​Gel des demandes de terres domaniales agricoles

Autre sujet évoqué, les demandes de terres domaniales agricoles actuellement gelées par le Pays, le temps que la DAG mette en place des lotissements agricoles régis par un cahier des charges. Elle attribuera les terres selon un nouveau système (qui reste encore à définir), qui devrait faciliter les demandes et garantir que celles-ci restent à vocation agricole.
“Ici à Fakarava, il y a beaucoup de terres que vous appelez domaniales alors que ce sont les terres de nos tupuna. Si je comprends bien, pour exploiter ces terres il faudra votre accord et puis payer un loyer ?!” s’est exclamée une participante. Les membres de la DAG ont alors expliqué qu’il convient de suivre la loi. Le Pays n’est propriétaire que de ce qu’il a acheté, cependant certaines terres restent présumées domaniales tant que les propriétaires ne sont pas reconnus, ce qui est fréquent en Polynésie française avec l’indivision.

​Le programme Cocoteraie

Le programme Cocoteraie a ensuite été présenté. Les 22 et 23 avril prochains, Roland Bourdeix, chercheur en génétique et ethnologie spécialiste du cocotier, effectuera une mission aux Tuamotu avec la DAG afin de réaliser une sélection variétale à reproduire. Les coprahculteurs sont donc invités à notifier les espèces qu'ils estiment bonnes à reproduire.
Le tavana Etienne Maro, a précisé que la filière coprah subit une baisse de production et que les techniques proposées par la DAG pourraient améliorer le rendement. Il a rappelé l’importance de nettoyer les cocoteraies, la DAG pouvant apporter une aide matérielle.
Le cas de Toau a été évoqué, à ce sujet William Ellacott a souligné l’importance de faire la différence entre coprah de subsistance (revenu supplémentaire occasionnel) et coprah professionnel (revenu principal) pour comprendre les actions mises en place par la DAG. En effet, les moyens humains et matériels à déployer pour un nettoyage des terres à Toau sont colossaux, et réservés aux coprahculteurs professionnels exerçant sur des terres domaniales. Il a été rappelé que la caisse de soutien à la filière (environ 2 milliards de Fcfp) apporte son aide aux coprahculteurs en prenant en charge 100 Fcfp sur un prix au kilo de 140 Fcfp. Le cours mondial du coprah se situant aujourd’hui entre 40 et 60 Fcfp le kilo.

Apiculture

La DAG a suggéré la mise en place d’une miellerie collective dans le cadre de l'association agricole d’intérêt général. Elle a rappelé que l’apiculture est intégrée au programme de régénération des cocoteraies car la pollinisation par les abeilles participe grandement à la fertilisation. Les personnes intéressées à se former à l’apiculture sont invités à se rapprocher du centre de formation professionnel de la promotion agricole (CFPPA). 

​La carte CAPL et les aides

Des informations ont été données sur la carte professionnelle CAPL qui permet d’être reconnu comme professionnel de l’agriculture et offre de nombreux avantages tels que la gratuité de fret des intrants agricoles, la défiscalisation du matériel et l’accès à un ou plusieurs des onze dispositifs d’aide aux filières agricoles.

​Le programme PROTEGE en Polynésie

Christine Wong a présenté le Projet régional océanien des territoires pour la gestion durable des écosystèmes (PROTEGE), une initiative visant à promouvoir un développement économique durable et résilient face au changement climatique au sein des Pays et Territoires d’Outre-Mer européens du Pacifique (PTOM), financé par l'Union européenne. Concrètement, il s’agit par exemple d’actions pour mieux gérer l’eau ou utiliser des techniques propres. Parmi elles, la création de fermes de démonstration comme il en existe déjà sept en Polynésie dont une à Fakarava, qui bénéficie d’un accompagnement technique et matériel de la DAG. 

Rédigé par Manuhiti Balland le Mercredi 10 Mars 2021 à 14:33 | Lu 644 fois





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