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La 3e injection, c'est pour bientôt


Tahiti, le 7 octobre 2021 – Pour lutter contre le variant Delta, les polynésiens vaccinés avec le Janssen vont recevoir dans le courant du mois d'octobre une piqûre de rappel avec le Pfizer. Mais l'efficacité des deux doses de ce vaccin pour lutter contre le variant se dégraderait elle aussi au-delà de six mois. Les résultats observés en Israël suggèrent la nécessité d'une troisième dose dans un contexte d'une circulation massive du Delta.
 
Dans son dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire, la plateforme Covid du Pays s'est penchée sur l'efficacité à long terme du vaccin Pfizer et la nécessité d'une troisième dose pour faire face au variant Delta. En septembre au fenua, 100% des souches criblées par les services de la plateforme présentaient le profil de ce variant.

La plateforme explique que si le vaccin Pfizer permet d’éviter les risques d’hospitalisation après deux doses, il ne serait pas efficace éternellement face au variant Delta. Une étude publiée le 4 octobre dans la revue scientifique et médicale britannique The Lancet a évalué l’efficacité à long terme de ce vaccin. L’analyse des données des patients de plus de 12 ans d’un grand centre médical californien a mis en évidence une efficacité globale du Pfizer de 73 % contre les infections du Covid 19 et une efficacité de 90 % contre les hospitalisations à la suite d'une infection. Si l’efficacité observée se maintient jusqu’à six mois après les deux injections, une augmentation du nombre d’infections est observée six à douze mois après la deuxième dose.
 
La mémoire immunitaire du Moderna
 
Le bulletin ajoute que des travaux publiés dans la revue scientifique américaine Sciences affirment qu'une vaccination à faible dose du vaccin Moderna est quant à elle efficace. Des travaux menés certes sur un échantillon de seulement 35 personnes, mais qui mettent en évidence qu’une injection de seulement un quart de la dose recommandée du vaccin permettait de conserver une forte mémoire immunitaire six mois plus tard. Une dose de ce vaccin qui génère, d'après les observations des chercheurs, une mémoire immunitaire contre la protéine Spike, la protéine similaire à celle induite par l'infection naturelle. Six mois après la vaccination, les chercheurs ont constaté des taux d'anticorps comparables à ceux des personnes rétablies après infection.
 
L'exemple israélien
 
La plateforme Covid a également réalisé un focus sur la situation vaccinale en Israël, qui “reste un pays dont il est intéressant de suivre l’évolution épidémique. Il a présenté le plus haut nombre de cas et d’hospitalisations rapporté à la population”. Comme au fenua et dans la majorité des pays aujourd'hui, c’est le variant Delta qui y est majoritaire avec 98% des tests. Si la campagne vaccinale a été initiée très tôt dès décembre 2020, elle s’est depuis largement essoufflée. Au 3 octobre, seule 64% de la population israélienne était totalement vaccinée contre 66% en France métropolitaine par exemple.

Au 20 août dernier, plus d'un million d'Israéliens avaient déjà reçu une troisième dose du vaccin Pfizer selon le ministère de la santé du pays. Les résultats préliminaires indiquent que les personnes vaccinées avec trois doses ont 86 % moins de risque d'être infectées que celles ayant reçu deux doses, et 92 % de moins de connaître une forme grave.
 
L'efficacité d'une troisième dose
 
Une étude publiée dans la revue médicale américaine The New England Journal of Medicine vient appuyer cette observation en mettant en évidence une réduction de l’immunité au cours du temps chez les personnes âgées de plus de 60 ans vaccinées au Pfizer. D'où l’intérêt d’une troisième dose de rappel. D'après l'étude, cette injection a un effet seulement 12 jours après l'administration. Ainsi, le taux d'infection était 11 fois plus faible dans un groupe de personnes ayant reçu la troisième dose que dans le groupe ne l'ayant pas reçu. Le taux des formes graves était quant à lui 19 fois plus faible. “Ces données suggèrent qu'une troisième dose de rappel est très efficace dans un contexte où le variant Delta représente presque tous les cas, et démontrent la nécessité d’une surveillance au long court au niveau international”, conclut la plateforme Covid.

Jacques Raynal : “Plus de la moitié de la population est complètement vaccinée”

Dans le cadre de la deuxième séance de la session budgétaire organisée jeudi matin à l'APF, une question relative à l'état des lieux de la vaccination au fenua a été posée au ministre de la Santé, Jacques Raynal. Ainsi, le ministre a rappelé que les 44 centres de vaccination toujours en place sur l'ensemble des archipels du fenua ont permis d’assurer une capacité de vaccination allant jusqu’à 18 700 injections par semaine, un pic atteint entre le 23 et le 29 août dernier.

S'il a affirmé qu'à ce jour, “plus de la moitié de la population est complètement vaccinée contre le Covid (52%)”, le ministre de la Santé a ajouté que “les taux de vaccination ne sont pas encore suffisants face à un variant extrêmement transmissible tel que le Delta. J’invite ceux qui ont été atteints par le virus lors de ce pic épidémique à venir terminer leur schéma vaccinal par une dose de vaccin dès le deuxième mois suivant leur infection. Enfin, j’invite ceux qui hésitent encore à se faire vacciner à faire confiance aux chiffres qui sont constatés partout dans le monde. Les formes graves du Covid sont plus fréquentes et plus graves que les effets secondaires du vaccin. Le bénéfice de la vaccination contre ce virus est supérieur aux risques encourus en cas d'infection”, a insisté pour la énième fois le ministre. Rappelons que si la vaccination s'essouffle depuis maintenant plusieurs semaines, la seconde vague épidémique liée au variant Delta aura permis à cette dernière de faire un bond significatif. Mi-avril, la couverture vaccinale n'était que de 12,3% en Polynésie française.

Rédigé par Etienne Dorin le Jeudi 7 Octobre 2021 à 19:09 | Lu 2569 fois