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“L’urgence, c’est la reprise de l’activité”



Tahiti, le 22 avril 2020 - Le président de la commission économie du Medef Polynésie et directeur de l’entreprise Cegelec, Frédéric Dock, pilote la “task force” de l’organisation patronale qui s’est fixée comme objectif de proposer des mesures d’ordre économique au Pays. L’urgence ? “Les entreprises demandent à reprendre l’activité immédiatement, dans le respect des mesures barrières.”
 
Comment les entreprises, notamment du Medef, se sont organisées pour se faire entendre du Pays et de l’Etat pendant cette crise ? Sont-elles entendues ?

“La ‘task force’ du Medef Polynésie, qui est en réalité aujourd’hui une véritable cellule de crise économique et sociale, s’est fixée comme objectif de proposer au Pays des mesures d’ordre économiques et sociales à prendre immédiatement. L’organisation des échanges est maintenant en place d’une manière claire et fluide. Nous sommes entendus par le Pays et par l’Etat depuis maintenant presque une semaine. Mais sorti des mesures d’urgence –qu’il fallait prendre, qui ont été prises et qu’on a saluées– le travail ne fait que commencer.”
 
Quelles sont les mesures prioritaires que vous proposez au Pays ?

“Ces mesures sont de plusieurs natures. La première c’est de redémarrer l’activité immédiatement et durablement dans le respect des mesures barrières à chaque fois que c’est possible. C’est-à-dire pour toutes les activités endogènes qui ne dépendent que de notre échelle à l’intérieur du Pays. C’est-à-dire que le niveau de confinement, son éventuelle sortie ou ensuite un retour en confinement, ne doit pas perturber l’organisation que l’on propose de mettre en place. C’est notre premier objectif. Et il est partagé par le Pays et par l’Etat.”
 
Pour vous, l’urgence aujourd’hui, c’est la reprise de l’activité immédiate ?

“Il faut bien comprendre qu’aucune subvention, aucune aide, ne peut remplacer la reprise des activités. Et si les activités qui peuvent fonctionner, celles que j’appelle endogènes, ne sont pas là pour soutenir un minimum l’économie et soutenir les activités exogènes, je parle du tourisme, on ne pourra pas aider ces secteurs plus tard. Si vous voulez, si en ce moment on ne fait pas tourner ce qu’on peut faire tourner, on ne pourra pas aider ceux qui ne tourneront que d’ici quelques mois ou quelques années. Donc l’urgence, elle est effectivement à assurer le minimum économique réalisable tout de suite.”
 

“Aucune subvention ne peut remplacer la reprise”


Ce qui signifie que pour vous, il n’y a pas besoin d’un déconfinement pour reprendre cette activité économique “endogène” ?

“Le terme de déconfinement ou de confinement relève des autorités et plus particulièrement des autorités sanitaires du Pays. Nous, on considère qu’on peut reprendre les activités dès demain, quel que soit ce qui est imposé au grand public. Maintenant, évidemment, si le grand public ne peut pas sortir de chez lui, il ne peut pas aller consommer. Et c’est aussi un point fondamental parce que, rappelons-le, le PIB de la Polynésie est constitué pour deux-tiers de la consommation des ménages.”
 
Les entreprises seront-elles en capacité de mettre en place les mesures barrières ?

“Les entreprises n’ont pas attendu le Covid-19 pour se préoccuper de la santé et de la sécurité de leurs salariés. Elles évaluent le risque aujourd’hui en permanence dans toutes les manières dont elles interagissent avec leurs salariés et leurs clients. Et le Covid-19 est une contrainte supplémentaire qui se traite avec des mesures barrières que nous mettrons en œuvre, comme nous avons toujours mis en œuvre les mesures de protection de nos salariés.”
 
Vous nous expliquiez avant cet entretien ne pas vouloir parler de “relance” mais de reprise immédiate. Pourquoi ?

“On est dans une optique de reprise et de continuité des activités qui ne se sont pas arrêtées. La relance est une notion vague aujourd’hui. L’urgence, c’est de sauver les entreprises. La relance, c’est quand il faut accélérer le développement économique ou la création de l’emploi. Là, on est dans la nécessité de sauver les entreprises qui peuvent être sauvées et de maintenir le maximum d’emplois possible.”
 

"Permettre aux entreprises de continuer à investir"


Dans l’hypothèse d’une reprise immédiate, quelles mesures économiques devront être prises pour permettre aux entreprises de franchir cette crise ?

“De quoi les entreprises ont-elles besoin pour survivre ? Premièrement, c’est de travailler avec la mise en œuvre pratique des mesures barrières. On l’a dit. Ensuite, elles ont besoin de maîtriser leurs charges. Avec d’un côté, les charges variables qui sont constituées principalement de la masse salariale. Et là dessus, il va y avoir des discussions pour savoir comment les entreprises en activité partielles peuvent préserver au meilleur coût les charges d’emploi. Et de l’autre côté, il y a les charges fixes, dont certaines, comme les loyers, ont déjà été évoquées. La question est de savoir comment on peut réduire ces charges ? Parce que tout ce qui est reports ou moratoires ne règlera rien sur le long terme. Cela règle les problèmes de trésorerie immédiats, mais cela ne règlera rien au niveau économique à long terme. Enfin, il faut savoir comment on va maintenir l’investissement. Et ceci alors que techniquement la défiscalisation est en panne aujourd’hui et qu’il va falloir trouver des dispositifs de report ou de continuité qui vont permettre aux entreprises privées de continuer à investir.”
 
Pourquoi la défiscalisation est-elle en panne ?

“Elle est en panne, parce que les investissements qui sont en cours reposent sur des résultats fiscaux d’entreprises en activité qui, elles-mêmes, ne vont vraisemblablement pas avoir les résultats prévus en 2020.”
 
Pour finir, estimez-vous que les mesures de prêts mis en place pour soutenir la trésorerie des entreprises fonctionnent bien ?

“L’objectif du PGE (prêt garanti par l’Etat) ou des autres outils mis en place, par la Sofidep par exemple, c’est effectivement de traiter l’urgence des problèmes de trésorerie des entreprises. A ce jour, les remontées que l’on en a nous renvoient que cela fonctionne bien. Evidemment, les entreprises qui étaient déjà en difficultés ou en grande difficultés avant la crise ne pourront pas y accéder. Malheureusement c’est, pour des raisons économiques, incontournable. Donc ça fonctionne bien, mais ce ne sont que des mesures qui permettent de prolonger le fonctionnement des entreprises. Encore une fois, elles ne règlent rien au niveau économique. C’est-à-dire qu’à la sortie de ces avances de trésorerie, dans quelques mois ou dans un an au plus tard, si économiquement les choses n’ont pas été faîtes entre temps, les entreprises ne s’en sortiront pas. Donc ces avances sont indispensables. Elles fonctionnent. Mais elles ne règlent pas le problème économique, et encore moins de structure des entreprises en Polynésie qui souvent sont sous-capitalisées par rapport à ce qu’on connaît en métropole en particulier.” 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mercredi 22 Avril 2020 à 21:16 | Lu 7107 fois





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