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L'homme d'Alfonsi à Huahine



Tahiti, le 29 septembre 2020 - Au deuxième jour du procès de l’affaire Sarah Nui, le tribunal correctionnel de Papeete a passé la matinée à entendre Gilles Morat, un proche de Tamatoa Alfonsi, qui revendait l’ice à Huahine et envoyait l’argent à ce dernier au Mexique. Également entendue, sa compagne, qui a toujours nié avoir eu connaissance du trafic, a été mise en difficulté par la lecture d’une lettre dans laquelle elle s'enorgueillissait de s'être fait passer pour une "femme crédule" lors de sa garde à vue…
 
Après une première journée de débats consacrée à une rapide audition de tous les prévenus, le procès de l’affaire de trafic d’ice dite "Sarah Nui" s’est poursuivi mardi avec l’interrogatoire de l’un des plus gros revendeurs du réseau, Gilles Morat. Déjà condamné dans le cadre de la Hawaiian connection, ce dernier est poursuivi pour avoir géré son propre trafic mais également pour avoir travaillé pour le compte de Tamatoa Alfonsi. Selon un intermédiaire, Gilles Morat, était un “revendeur très actif résidant à Huahine, qui déposait la drogue à Tahiti auprès de ses dealers” et qui récupérait ensuite l’argent pour l’envoyer à Alfonsi. Lors de son arrestation, les enquêteurs de la Section de recherches de Papeete avaient notamment trouvé une conversation enregistrée par Gilles Morat lui-même, alors qu’il était en train de faire une transaction. Tel que l’a affirmé le président du tribunal mardi, cet enregistrement avait pour but de "rendre compte" à Tamatoa Alfonsi de la véracité des transactions.
 
À la barre, Gilles Morat a reconnu que, lorsqu’il était aux États-Unis, il s’envoyait des colis Fedex contenant de l’ice. Il utilisait ce mode d’importation par prudence. "J’avais peur de prendre l’avion. Vu mes antécédents, on m’aurait fouillé de fond en comble". En couple depuis de nombreuses années avec une infirmière chargée de la prévention dans les collèges, Gilles Morat avait toujours assuré que cette dernière n’était pas au courant du trafic mis en place.
 
Femme "crédule"
 
Cette version a été mise à mal par la lecture, lors de l’audience, d’une lettre rédigée par la jeune femme à l’attention de son compagnon et alors qu’elle venait de ressortir libre après avoir fait plus de 80 heures de garde à vue. Elle lui écrivait notamment qu’elle avait dit "beaucoup de choses" pendant ses auditions : "Je me suis fait passer pour une femme crédule qui ne savait pas tout". Elle lui reprochait également de fréquenter des "cons" et disait lui en vouloir de se laisser, "encore et toujours", porter par la drogue.
 
Confrontée à ses écrits par le président du tribunal correctionnel, l’infirmière a invoqué l’amour qu’elle portait à l’époque à Gilles Morat : "Je pense qu’il y a plusieurs émotions dans cette lettre. Oui, j’ai menti en garde à vue, mais vous devez comprendre que j’ai passé onze années avec lui. Cela représente un tiers de ma vie." Alors que le président du tribunal l’interrogeait sur sa profession – infirmière en charge de la prévention pour les collégiens – et sur le fait qu’elle avait exercé ce métier tout en consommant de l’ice, la jeune femme a précisé qu’elle mettait les élèves en garde sur les "ravages" causés par la méthamphétamine.
 
Au cours du deuxième jour de ce procès qui doit durer jusqu’au 9 octobre, l’on aura également entendu une petite anecdote qui en dit long sur la structuration de ce réseau. Pour tester la "fiabilité des revendeurs", Gilles Morat leur faisait passer des tests pour savoir s’ils consommaient de l’ice. Si les revendeurs mentaient en expliquant qu’ils ne consommaient pas mais que les tests étaient positifs, ils ne récupéraient pas de marchandises. Un processus qui a fait dire au président du tribunal qu’il s’agissait là d’un "réflexe de trafiquant responsable qui ne veut pas confier la drogue à des camés"
 
Le procès reprendra mercredi avec l’audition de l’ancien personnel navigant commercial, Nikis Calmajis, qui est notamment poursuivi pour avoir fait office d’intermédiaire lors de transactions importantes.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 30 Septembre 2020 à 09:07 | Lu 4612 fois





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