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L'ex-comptable du CE de Polynésie la 1ère condamnée



L'ex-comptable du CE de Polynésie la 1ère condamnée
Tahiti, le 29 septembre 2020 – La secrétaire en charge de la comptabilité du comité d'entreprise de Polynésie la 1ère avait détourné plus de 15 millions de Fcfp entre 2016 et 2019. Démasquée, elle a reconnu les faits. Elle a été condamnée à deux ans de prison avec sursis et au remboursement des sommes détournées.
 
Le tutoiement n'est pas de coutume dans les salles d'audience. Le procureur s'y est pourtant risqué pour pointer du doigt le comportement de la comptable, coupable d'avoir abuser de la confiance des salariés de Polynésie la 1ère en piquant dans la caisse de son comité d'entreprise. Évoquant une responsabilité "trop lourde", le magistrat n'a pas mâché ses mots. "Quand on est responsable de sommes aussi importantes, on se doit d'être parfaitement irréprochable (...). Tu as abusé de cette confiance et c'est exactement ça qu'on te reproche".
 
Double comptabilité et "petit confort"
 
Presque muette à la barre, la désormais ex-secrétaire ne s'épanchera pas trop sur les techniques qu'elle a employées pour déjouer la vigilance des experts comptables et la confiance des salariés du média public. L'exposé aurait été long. Entre ponction sur les ventes de billets, de tickets restaurants ou de transport, les recettes de locations diverses directement dans sa poche, les petits gains cumulés atteindront des "montants considérables" selon la présidente du tribunal. "Vous avez presque doublé votre salaire sur la période". Pour masquer ces petits larcins, l'intéressée trafiquera allégrement sa comptabilité, soit en maquillant par des fausses inscriptions, soit en omettant d'enregistrer les recettes dans les comptes.
 
Pendant près de quatre années, elle indiquera avoir pris 20 000 par ici, 100 000 par là. Une pratique aussi discrète que limitée aux yeux de son avocat. "Elle pensait apporter un peu de confort à sa famille, un peu chaque jour pour ne pas éveiller l'attention de son mari". Si son époux n'y a vu que du feu, le dernier expert-comptable validant les comptes n'est pas resté de glace. Avec l'utilisation d’un nouveau logiciel de comptabilité, Il découvre le pot aux roses. La secrétaire n’était pas une oie blanche. Les comptes étaient en fait dans le rouge et les précédents experts se sont fait avoir comme des bleus. L’avocate de la serial détourneuse relèvera qu’en 2017 elle obtiendra pourtant quitus pour sa gestion avec un précédent expert. Rattrapée par la patrouille, elle ne niera pas l'important décalage de 15,7 millions de Fcfp entre les recettes théoriques et celles réellement encaissées par le comité d'entreprise. Autant d'argent détourné à son profit.
 
Une enquête plus vaste encore dans les tuyaux
 
Difficile dans cette affaire pour les avocats, les magistrats et la prévenue elle-même de ne pas effleurer au cours de l’audience la pratique des prêts accordés par le CE à des salariés de l’entreprise. Si la secrétaire, licenciée depuis, comparaissait pour avoir détourné quasiment exclusivement à son profit le montant évoqué, l’enquête a également révélé les contours d'une activité bancaire douteuse. Un système de prêts très généreux, pouvant aller jusqu'à huit millions de Fcfp, était mis en place et peu suivi. L'octroi de ces crédits, pas forcément remboursés, fait l'objet d'une instruction disjointe toujours en cours.
 
La pratique est censée être du passé. "Officiellement, cela s’est arrêté. Officieusement, on voit bien que cela a continué" avancera son avocate. Un état de fait qui serait à l’origine du mal. "Quand elle a vu toutes ces largesses, toutes ces faveurs, elle s’est dit : Pourquoi pas moi ?". Dans ce petit monde de la télé, la réaction en chaine a conduit l'opportuniste à se servir sur un plateau. À la barre, l’intéressée, peu expansive, a tenté de faire passer ses agissements individuels comme la conséquence des petits arrangements collectifs. "Depuis combien de temps ces détournements ?" lui demandera la présidente du tribunal. Une question à laquelle sera répondu du tac au tac par une autre question : "Pour moi ou pour tout le monde ?". Concernant l'argent détourné à son seul profit, elle reconnaitra les faits non sans avoir commencer à se défendre sur l'autre volet. "Je regrette ce que j’ai fait, je regrette d’avoir aidé les autres". "C'est surtout vous-même que vous avez aidé" lui répondra la magistrate. Quelques instants plus tard, le verdict tombera : deux ans d'emprisonnement avec sursis, une confiscation des sommes saisies sur son compte ainsi qu'une obligation de travailler et d'indemniser le CE à hauteur de 15,7 millions de Fcfp. Un montant déjà lourd d'autant que son avocate a prévenu. "Si la deuxième affaire sort, elle aura encore une autre dette en tant que complice".
 

Rédigé par Sébastien Petit le Mardi 29 Septembre 2020 à 20:55 | Lu 3381 fois





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