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L’état de calamité naturelle déclaré au fenua


René Temeharo, ministre des Grands travaux et des Transports terrestres, a fait le point avec la presse à l’issue du conseil des ministres extraordinaire.
René Temeharo, ministre des Grands travaux et des Transports terrestres, a fait le point avec la presse à l’issue du conseil des ministres extraordinaire.
Tahiti, le 15 juillet 2022 – Le gouvernement s'est réuni vendredi en conseil des ministres extraordinaire afin de déclarer la Polynésie en état de calamité naturelle. Suite au recensement des dégâts actuellement en cours, une enveloppe de "plusieurs centaines de millions" doit être débloquée afin d’aider à réparer ou reconstruire ce qui doit l’être. Tout en se posant la question de comment consolider les infrastructures et les bâtiments pour faire face à des phénomènes climatiques exceptionnels, qui pourraient devenir de plus en plus fréquents et violents…
 
Un conseil des ministres extraordinaire s’est réuni vendredi après-midi, en présence de la quasi-totalité du gouvernement. Il faisait suite à l’épisode de forte houle qui a touché la Polynésie en milieu de semaine. Un arrêté a ainsi été pris déclarant le pays en état de calamité naturelle, afin de pouvoir consolider rapidement un budget d’intervention pour venir en aide aux particuliers et pour remettre en état les infrastructures endommagées.
 
"Des ouvrages publics ont été arrachés. À Taiarapu, des ouvrages maritimes ont été impactés. Taiohae (chef-lieu des Marquises, à Nuku Hiva, NDLR) a également été touché, tout comme les routes de Tubuai, aux Australes", énumère René Temeharo, ministre de l'Équipement et des Transports terrestres. Du côté des sept aérodromes qui ont été fermés dans les Tuamotu, il semblerait que les pistes n’aient pas été abîmées. Aucun signalement non plus pour le moment de la part des infrastructures hôtelières, dont les bungalows sur pilotis auraient pu être touchés en première ligne. Un recensement est actuellement mené par les équipes du Pays et des communes sur le terrain, pour évaluer l’étendue des dégâts.
 
Les foyers ayant subi des dommages sont donc invités à se faire connaître auprès des agents communaux, si ce n’est pas déjà fait. Cela permettra par la suite de calibrer un financement global, en concertation avec l’OPH, les affaires sociales et la direction de l’équipement, afin de débloquer les fonds du budget propre aux interventions exceptionnelles, dont font partie les calamités naturelles. Pour les particuliers, ces aides pourront se matérialiser en bons alimentaires pour les familles ayant perdu des denrées, en matériaux pour les travaux de rénovation, en électroménager pour remplacer les appareils hors service…
 
Le montant total de l’enveloppe n’a pas encore été arrêté. "C’est trop tôt pour l’instant, avec les recensements à venir, d’imaginer un montant exact. Je pense que nous pourrons le consolider d’ici mercredi mais cela se chiffre déjà en quelques centaines de millions de Fcfp", poursuit René Temeharo.
 
Exceptionnel ou récurrent ?
 
La question de savoir comment faire face à l’avenir à ce genre de phénomènes climatiques violents a également été évoquée lors de ce conseil des ministres. Qualifié aujourd’hui d’exceptionnel, pourrait-il être lié au changement climatique et devenir la norme dans un futur proche ? "Effectivement, la question s’est posée. Avec le ministre de l’Environnement Heremoana Maamaatuaiahutapu, nous allons entreprendre les démarches avec l’État et ses partenaires, notamment Météo-France, pour réfléchir à la manière d’aborder ces phénomènes. Ce qui survient aujourd’hui tous les 20 ans pourrait à l’avenir se produire tous les 5 ans, sur de plus longues durées. Donc il faut qu’on réfléchisse à comment mener nos ouvrages. Nous les avons calibrés en fonction de ce que nous connaissons mais il va falloir prendre en compte ces phénomènes exceptionnels."
 
Il faudra donc tirer les leçons de cet évènement, pour reconstruire à bon escient, tant du côté des aménagements publics que des maisons des particuliers. Privilégier les bâtis sur pilotis et ne pas reconstruire en zone rouge, suivant la règlementation du plan de prévention des risques (PPR), serait un bon début.
 

Rédigé par Lucie Ceccarelli le Vendredi 15 Juillet 2022 à 19:05 | Lu 2564 fois