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"L'essentiel, ce sera le développement économique"


Tahiti, le 17 avril 2022 - Après les annonces économiques d'Édouard Fritch à l'assemblée, le Medef Polynésie estime que les entreprises ne pourront pas continuer à répercuter les augmentations du Smig ou des cotisations sociales sur leurs charges : "Il va falloir, à partir de maintenant, assurer l'essentiel. C'est à dire le développement économique."
 
Votre sentiment sur les annonces économiques d'Édouard Fritch à l'assemblée, notamment sur la hausse du Smig ?
 
"Ça c'est l'application mécanique de la loi. C'est clair. Le problème, et ça le président l'a compris, c'est qu'il n'y aura pas de soutien à la protection sociale sans développement économique. Juste avant cela, le président a rappelé dans son bilan que si les entreprises étaient encore là c'est parce qu'elles avaient été soutenues par l'État à travers le FSE, les PGE et le prêt du Pays pour tenir la commande publique. Et c'est quand même déjà le sujet. C'est à dire que l'on sort d'une situation extrêmement difficile, dans laquelle clairement la casse a été limitée, mais qu'on va se retrouver dans une nouvelle situation face à nous. À commencer par ce que l'on vient de dire sur le Smig, c'est à dire les 2% que l'on a pris par anticipation en fin d'année dernière et les 2 à 3% qui vont tomber maintenant. Et puis demain on va parler des retraites, c'est la discussion que l'on aura la semaine prochaine au CA de la CPS. Mais derrière, il est clair que les entreprises ne vont pas pouvoir continuer à prendre dans leurs charges le reste des augmentations sans les répercuter dans les prix de vente… Ça va être le cas des autres salaires, qui ne sont pas couverts par les accords de Smig, et ça va être le cas évidemment sur tout ce que l'on importe. Donc les entreprises, on l'a déjà dit, vont se retrouver en étau. Et le président, je pense, a bien pris conscience aujourd'hui que cette assiette, que ce soit le chiffre d'affaires des entreprises ou le nombre de salariés, ne pourra pas porter la suite. Il va falloir, à partir de maintenant, assurer l'essentiel. C'est à dire le développement économique."
 
Édouard Fritch a tout de même évoqué dès ce matin des baisses de cotisation à court ou moyen terme grâce à la réforme de la TVA sociale ?
 
"Les baisses de cotisation étaient déjà actées dans le principe. Puisque c'était : mise en place d'une TVA sociale contre baisse des cotisations. Maintenant, et c'est le rendez-vous qu'on s'est fixé en octobre, il faut qu'on en mesure le rendement pour savoir de combien sera la baisse. Mais en tous cas, il a rappelé que l'objectif initial, c'est bien la réduction du coût du travail qui passera par la réduction des charges sociales. C'était très important qu'il le fasse. Ça et l'augmentation du nombre des salariés, qui va aussi se faire par le combat contre le travail au noir."
 
Une chose a été dite ce matin, c'est qu'en raison de l'inflation, certaines entreprises étaient contraintes d'annuler leurs marchés publics parce qu'elles n'arrivaient pas à honorer les prix qu'elles s'étaient fixés il y a quelques mois à peine. C'est une réalité ?
 
"Évidemment. Mais il y a ceux qui ont réussi à annuler leurs marchés avant qu'ils soient lancés. Ça il l'a dit. Mais le pire, c'est surtout pour ceux qui ont déjà des opérations en cours et pour lesquels le code actuel des marchés publics ne permet pas naturellement d'ajuster les montants de ces marchés pour couvrir les charges des entreprises. Et là le Medef a fait plusieurs propositions. Des mesures pour permettre à ceux qui ont des marchés en cours d'ajuster les montants, en tous cas de pouvoir se faire rémunérer en raison d'une augmentation qui n'a pas pu être prévue initialement. C'est ce qu'on appelle l'imprévisibilité. Et l'imprévisibilité, c'est quelque chose qui est traité aujourd'hui sur les marchés en métropole. Il faut maintenant que le Pays fasse la même chose en Polynésie."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Dimanche 17 Avril 2022 à 14:25 | Lu 1733 fois