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L'enseignement favorise les produits locaux



Les établissements scolaires se lancent dans la transformation des produits locaux.
Les établissements scolaires se lancent dans la transformation des produits locaux.
FAA'A, le 27 septembre 2018 - La 33è foire agricole a ouvert ses portes ce jeudi matin, à Vaitupa. Plus de 310 exposants vous proposeront leurs produits jusqu'au 7 octobre. Parmi eux, on retrouve le lycée agricole d'Opunohu et différents Centres pour jeunes adolescents. Ces établissements scolaires sont venus présenter leurs mixtures à base de produits locaux.

La foire agricole, un moment que tout le monde au fenua attend avec impatience. C'est l'occasion de retrouver tous les produits locaux, que ce soit des plantes, des fleurs, des légumes ou encore des fruits. Durant dix jours, plus de 310 exposants vous proposeront leurs produits. Les animaux n'ont pas été oubliés, des poulets, à la chèvre, en passant par les lapins et les canards, il y en a pour tous les goûts.


AU CJA DE PIRAE, ON PRÉPARE DES ENGRAIS

Mais la foire agricole, c'est l'occasion également de découvrir des produits assez originaux. C'est notamment le cas des Centres pour jeunes adolescents (CJA) et plus particulièrement de celui de Pirae. Tama Haia, moniteur en agriculture est venu présenter ses différents engrais, produits essentiels pour le développement d'un arbre ou d'une plante. Mais la particularité de ces engrais, c'est qu'ils ont été faits avec des produits locaux, sans produits chimiques.

"Pour la nutrition des plantes, il y a trois éléments essentiels : l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K)", explique Tama Haia. "Pour avoir de l'azote qui va développer tout ce qui est tige et feuilles, comme les salades et les pota, on va utiliser un engrais à base d'algues. Ensuite, le phosphore va induire la floraison quand la plante est à maturité, et il va aussi permettre de développer tout ce qui est racinaire. Donc, la résistance aux maladies également. On en retrouve dans les poissons, ceux du lagon sont plus riches que ceux du large. Le dernier élément, le potassium va permettre à la plante de faire des réserves qui vont être stockées sous forme de fruits. Plus l'engrais va être riche en potassium, plus on va avoir des fruits plus sucrés et plus gros", rajoute le moniteur d'agriculture du CJA de Pirae. La fermentation des engrais s'est faite pendant trois mois dans des fûts.

Une fois que les fruits sont arrivés à maturité, place à la récolte, et au lycée agricole de Moorea, les fruits sont transformés en confiture, en jus ou en pâte de fruits.


LE LYCÉE AGRICOLE ET SES PETITS TRÉSORS

Pour cette foire agricole, le directeur de l'établissement est venu présenter leurs confitures. Que ce soit à la goyave, à la mangue, à la banane, et même à la fleur de la tiare tahiti. En tout, ce sont entre 15 et 20 parfums qui sont proposés à la vente.

"Sur 8 hectares, on a essentiellement de l'ananas et en agrume de la pamplemousse, petits et gros citrons et mandarines avec un peu d'oranges. On a aussi des bananeraies, des corossols, des papayes, des goyaviers et on a des fruits de la passion aussi, des pommes étoile…", décrit Philippe Mahe, directeur de la ferme agricole du lycée d'Opunohu.

Mélissa et Tiniarii vous feront goûter les différentes confitures exposées pour la foire. Passionnées, ces deux jeunes demoiselles veulent travailler dans l'agriculture (lire leurs interviews ci-dessous).

"Nous transformons les produits végétaux depuis 15-20 ans", indique Guy Sommer, proviseur du lycée agricole d'Opunohu.

Le lycée agricole propose également d'autres formations, "en production horticole, en aménagement paysager et la vente des produits alimentaires", assure Guy Sommer.

Un parcours intéressant pour leurs homologues du Pacifique. D'ailleurs, le proviseur du lycée agricole de Wallis et Futuna est sur le territoire.


LE LYCÉE AGRICOLE DE WALLIS ET FUTUNA CHERCHE DES STAGES AU FENUA

Le chef de l'établissement scolaire de Wallis et Futuna est à la recherche de stages. "Des stages dans le cadre du passeport mobilité qui sont en Terminale Bac Pro", indique Dominique Villé, proviseur du lycée de Wallis et Futuna.

Ce seront donc 4 à 6 élèves qui pourraient venir au fenua. "Et si ça marche bien avec les tahitiens, eh bien, on essayera de faire ça souvent pour entretenir des liens avec tout le Pacifique. On est déjà sur la Nouvelle-Calédonie, l'idée est que les trois lycées agricoles du Pacifique se rencontrent régulièrement", poursuit-il.

Le lycée de Wallis et Futuna compte 74 élèves, il propose trois formations bien distinctes : "Une formation polyculture et élevage, une formation en agro équipement et une formation en Sapat (service au territoire et à la personne). Nous avons une grande serre de 350-400 m², où on fait de la tomate sous serre, mais en pleine terre… On a aussi de la salade, on a de la culture plein champ avec le manioc, l'igname… La nouvelle directrice de l'exploitation expérimente des cultures, comme le poireau, les haricots pour essayer de diversifier. Mais, ce qui marche bien là-bas, c'est la tomate et la salade."

Avec l'ouverture de la foire agricole, Dominique Villé découvre la diversité de nos produits. Et cette année, les organisateurs ont mis un point d'honneur sur l'agro transformation. Divers concours, animations et conférences seront ainsi organisés sur toute la durée de la foire agricole.

L'enseignement favorise les produits locaux

LA PAROLE À

Philippe Mahe
Directeur de la ferme agricole du lycée de Opunohu

"On fait essentiellement des confitures"


"On a un fare confiture qui est équipé pour faire tout ce qui est transformation de nos fruits. On fait essentiellement des confitures et nous avons 15 à 20 parfums différents, la partie commune étant la vanille et le citron, puisque ce sont les deux éléments que nous mettons dans toutes les confitures, avec une particularité qui est la tiare tahiti et qui est très appréciée par les touristes. Autrement, nous faisons un peu de pâte de fruits et des jus à base d'ananas entre autres. En ce moment, nous avons un jus qui a été fait avec de la tomate, pamplemousse, citron et basilique."


Mélissa
Elève en BTS DARC (Développement de l'Agronomie des Régions Chaudes)

"Je veux en faire mon métier"


"L'agronomie, c'est l'étude du sol et du vivant. On apprend à gérer un écosystème et à développer la vie pour que tout respecte le cycle de la vie. On a besoin d'étudier tout ce qu'un fruit ou un légume a besoin pour pousser et donner une récolte. Le climat en Polynésie est différent de la France métropolitaine. Ici, il y a beaucoup plus de périodes de récoltes, c'est plus petit. Les fruits sont totalement différents. La nature, on en a tous besoin pour se nourrir, c'est quelque chose de fondamentale et s'il n'y a pas de gens passionnés par cela, eh bien, on ne pourra plus se nourrir, et moi, ça me passionne réellement et je veux en faire mon métier."


Tiniarii
Elève en Terminale STAV (Sciences Technologies et Agronomies du Vivant)

"On a tellement de fruits, fleurs et de légumes qu'on ne les valorise pas assez"


"J'ai beaucoup appris au niveau de l'agronomie et de la transformation, et comment on cultive chaque fruit et légumes, dans chaque île, parce que la composition de la terre n'est pas la même. J'aime parce que j'apprends beaucoup de choses sur notre fenua. Sur la transformation, on a appris quelques règles, comme le taux de sucre, il faut faire attention aux produits chimiques. Ce sont plutôt celles et ceux qui sont en vente qui se chargent de cela, moi, je ne fais que de la théorie. Je suis en plein dans l'agronomie.
Ici, on a tellement de fruits, fleurs et de légumes qu'on ne les valorise pas assez. Dans cette filière, eh bien, on les met en avant. On apprend à fabriquer nos propres produits, comme cela, on ne prendra plus ce qui vient de l'extérieur.
"


Guy Sommer
Directeur du lycée agricole de Opunohu

"Un travail de reconversion vers une agriculture raisonnée et biologique"


"Depuis un an et demi, nous essayons de faire évoluer nos techniques de production, de limiter au maximum l'utilisation d'intrants, dont les désherbants. Certes, certaines productions sont beaucoup moins propres qu'ailleurs, mais, elles sont nettement plus saines. Donc, c'est tout un travail de reconversion vers une agriculture raisonnée et biologique."


Dominique Villé
Proviseur du lycée agricole de Wallis et Futuna.

"Une priorité est donnée au développement du secteur primaire"


"C'est un tout petit lycée mais qui a un enjeu important sur le territoire de Wallis et Futuna, puisqu'il y a une priorité qui est donnée au développement du secteur primaire, qui, pour l'instant est une agriculture familiale. Elle n'est pas très organisée, on ne peut pas dire qu'il y a de vraies filières, comme à Tahiti. Ça reste une agriculture dispersée dans toutes les familles. Le lycée agricole essaye d'apporter aux jeunes, qui veulent développer leurs petites structures, des formations continues sur le site. Il y a aussi la formation initiale de nos jeunes qui sont appelés à devenir de futurs agriculteurs. Ce n'est pas facile et j'espère que l'installation sur le territoire de nos jeunes va s'améliorer puisque le foncier est très important là-bas. Maintenant, c'est au territoire aussi à aider ses jeunes à s'installer et à revenir sur le territoire pour développer l'agriculture."



Rédigé par Corinne Tehetia le Jeudi 27 Septembre 2018 à 17:30 | Lu 5276 fois






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