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L'ascension sociale au féminin: un "plafond de verre" persistant aux Antilles



Photo d'archives
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Pointe-à-Pitre, France | AFP | vendredi 05/03/2021 - "Ils n'auraient jamais accepté qu'une Antillaise prenne ce poste". Freinées par autrui ou par elles-mêmes, les femmes guadeloupéennes, considérées d'abord comme des "mamans", continuent à connaître, en 2021, des difficultés à accéder à des responsabilités dans les entreprises.

Lorsque, en pleine crise du coronavirus, un poste de direction s'est libéré dans sa boîte de communication, Marie n'a même pas posé sa candidature, anticipant la réaction de ses collaborateurs. "C'est une question d'état d'esprit. De dire: reste à ta place", explique-t-elle à l'AFP, avant d'assurer: "ils n'auraient jamais accepté qu'une Antillaise prenne ce poste. Un homme oui. Une blanche aurait été acceptée mais pas une Antillaise".

Betty Fausta, dirigeante de la société IPEOS et présidente de Guadeloupe Tech, qui regroupe les acteurs de l'économie numérique du territoire guadeloupéen, abonde: "je suis et femme et noire, et issue d'un milieu défavorisé et c'est vrai que je me bats plus que d'autres pour avancer".

"L'ascension sociale, ajoute-t-elle, au sens d'avoir des postes à responsabilité et rémunérateurs, c'est plus difficile pour une femme, et on le voit aux réunions stratégiques, il y a moins de femmes. Quand il s'agit de prendre des décisions sur le numérique, ce sont surtout des hommes qui décident."

Comment l'expliquer ? Selon Franck Garain, enseignant en économie à l'Université des Antilles et titulaire d'un doctorat en sociologie, cet "état d'esprit" énoncé par Marie trouve sa racine dans l'histoire locale où "la femme est mère d'abord. La société esclavagiste voulait qu'elle soit mère ou courtisane car on a fait de la mulâtresse une courtisane qui pour sortir son enfant du système esclavagiste voulait les faveurs du maître", développe-t-il.

Selon M. Garain, l'activité des femmes s'est ainsi beaucoup apparentée à la chose "domestique", l'intérieur plutôt que l'extérieur qui "est l'affaire des hommes". Cette réalité est, selon l'universitaire, "en train de s'effriter" mais reste encore bien présente dans la société antillaise.

"Comme un pot de fleurs"

"Lors des réunions, il y a des femmes qui ont de très bonnes idées et qui vont se faire clouer le bec par des hommes qui sont rompus à ça", déplore Betty Fausta. Elle fait remarquer aussi que "pour les femmes, il n'y a pas les à-côtés, les clubs de foot, faire du cyclisme, prendre son ti-punch ensemble, ces choses qui renforcent les liens. Pour les femmes ça n'existe pas. Elles ont la charge mentale de la femme au foyer".

Elise, jeune cadre, évoque "un plafond de verre". Dans le monde syndical aussi, très peu de femmes tiennent les têtes d'affiche.

Karine Gatibelza, cheffe d'une entreprise de beauté, impliquée dans le monde politique local, estime que "c'est assez compliqué, en tant que femme politique, de pouvoir se faire entendre car souvent on est là pour remplir des quotas" du fait de la nécessaire parité en politique.

Se sentant parfois considérée "comme un pot de fleur", la maquilleuse professionnelle se souvient de réflexions d'homologues masculins telles que "sé bebel ou vinisé" (NDLR: tu es venue pour faire la belle en créole) parce qu'elle "était bien habillée et bien coiffée".

"Beaucoup de femmes sont effectivement chefs d'édilité mais en réalité elles ne sont pas perçues comme des chefs mais comme des mères. Elles sont davantage dans des valeurs que l'on attribue à la maman", analyse M. Garain.

Dans le monde de l'entreprise, ce qui manque le plus aux femmes selon Betty Fausta, ce sont "les codes du leadership". "Très souvent, on ne va pas demander une promotion alors que le mec ne va pas hésiter."

De fait, la parité est loin d'être acquise dans les postes à responsabilité dans certains secteurs. Dans le numérique, "quand je ne serai plus aux responsabilités, il n'y aura plus de femme", prédit-elle avec regret.

le Lundi 8 Mars 2021 à 05:52 | Lu 136 fois





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