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L'ancien directeur de l'Egat jugé pour prise illégale d'intérêts



L'ancien directeur de l'Egat jugé pour prise illégale d'intérêts
Tahiti, le 9 mars 2021 – Le parquet a requis mardi 6 mois de sursis et 500 000 Fcfp d'amende à l'encontre de l'ancien directeur de l'Egat, Gilbert Guido, et l'un de ses prestataires et ex-hôtelier, Christophe Faure, après une convention douteuse passée en 2017 et des soupçons de “partage” de l'argent public entre les deux hommes.
 
Trois ans après la publication du rapport accablant de la chambre territoriale des comptes sur l'Établissement de gestion et d'aménagement de Teva (Egat), l'ancien directeur de l'établissement public, Gilbert Guido, et l'un de ses prestataires et ex-responsable hôtelier, Christophe Faure, comparaissaient mardi matin devant le tribunal correctionnel de Papeete pour “prise illégale d'intérêts”.
 
A l'époque de sa publication, le rapport de la juridiction financière avait révélé une “explosion” des recours aux contrats de prestation passés par l'ancien directeur de l'établissement administrant le golf de Atimaono, le Musée Gauguin et le Jardin botanique pour le compte du Pays. Et c'est l'un de ces contrats passé par le directeur de l'Egat avec son propre prédécesseur qui avait conduit les magistrats financiers à saisir le parquet de Papeete pour demander une enquête. Pourtant, comme l'a détaillé mardi le président du tribunal, cette première enquête pénale n'a rien donné… Si ce n'est qu'au cours de leurs investigations, les gendarmes de la section de recherches de Papeete ont mis le doigt sur une autre convention de prestation douteuse passée entre Gilbert Guido et Christophe Faure.
 
Chronologie “dérangeante”
 
Passée en 2016 avec la société THM de l'ancien hôtelier, la prestation portait sur une mission d'inventaire et de perspectives de développement de l'Egat. Une prestation dont les conclusions sont apparues assez “légères” aux yeux de la CTC, des enquêteurs et même des nouveaux dirigeants de l'Egat. “En teneur, il n'y a pas grand chose. J'en ai une lecture de non technicien. Mais je me demande s'il fallait être technicien pour lire ce rapport et même pour le faire”, a taclé à l'audience, Me Mestre, l'avocat de l'établissement public qui s'est constitué partie civile dans le dossier.
 
Autre problème pour les enquêteurs, Christophe Faure et Gilbert Guido n'ont pas caché dans leurs dépositions qu'ils étaient “des amis”, “des potes”. Des déclarations qui caractérisent “à elles seules”, selon la procureure présente à l'audience, le délit de prise illégale d'intérêts. En effet, la convention avait été passée à l'époque “sans appel d'offres et sans mise en concurrence”, dans un contexte évident de “conflit d'intérêts”, pour la représentante du parquet.

Enfin, et c'est là que le bât blesse, les enquêteurs ont découvert qu'au moment où avait été passée cette convention avec Christophe Faure, ce dernier avait procédé à des versements d'argent sur le compte personnel du directeur de l'Egat, Gilbert Guido. Comme l'a fait remarquer mardi l'avocat de l'Egat, c'est toute la “chronologie” de ces versements qui est apparue assez “dérangeante”.

En résumé, le 17 octobre 2017 l'Egat a signé une convention de prestation pour 1,35 million avec la société THM de Christophe Faure. Le 27 octobre suivant, Christophe Faure a versé 550 000 Fcfp sur le compte de Gilbert Guido. Le 20 décembre ensuite, la société THM a versé 280 000 Fcfp sur le compte de Gilbert Guido. Puis le 26 décembre, l'Egat a payé la prestation à la société THM de Christophe Faure. Et dix jours plus tard, THM a reversé précisément la somme de 550 000 Fcfp sur le compte personnel de Christophe Faure… “On pourrait croire que vous vous êtes partagés l'argent”, s'est interrogé le président du tribunal, essuyant les dénégations de la défense. Pour Guido et Faure, il s'agissait d'un “prêt” remboursé depuis “petit à petit” et “en espèces”.
 
“Amitié” contre “relations professionnelles”
 
A la barre, Gilbert Guido a justifié l'intérêt de la prestation –et plus généralement de toutes celles passées sous sa direction par l'Egat– par l'état lamentable de l'établissement “laissé à l'abandon pendant 30 ans”. Réplique amusée du président du tribunal en référence à l'une de ces prestations passées avec le prédécesseur de Gilbert Guido : “Et donc, vous vous êtes dit que vous alliez employer un ancien directeur de l'Egat pour remédier à ça ?”. “Oui, c'est paradoxal”, a reconnu, un brin gêné, Gilbert Guido.
 
En droit, l'avocate de Gilbert Guido, Me Eftimie, a insisté pour réfuter la relation “d'amitié de longue date” imputée à son client avec Christophe Faure, préférant parler de “relations de respect et de confiance strictement professionnelles”. L'avocat de l'hôtelier, Me Jacquet, a insisté sur le même argument, appelant à la “vigilance” sur une application trop zélée de la notion de conflit d'intérêts et faisant le parallèle avec sa propre profession dans ses relations avec les établissements publics : “Je suis inquiet parce qu'à l'avenir, je me demanderai si j'ai été choisi pour mes compétences ou parce qu'on m'apprécie…”
 
Les deux avocats ont plaidé la relaxe de leurs clients. La procureure a demandé 6 mois de prison avec sursis et 500 000 Fcfp d'amende. Et l'avocat de l'Egat a réclamé le remboursement de la somme de 1,3 million de Fcfp payée pour cette prestation. Le tribunal rendra sa décision dans une semaine.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 9 Mars 2021 à 17:50 | Lu 2647 fois





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