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L'agrégation de la discorde



Tahiti, le 28 avril 2021 - À peine le premier concours d'agrégation "Langues de France option Tahitien" mis en place que déjà certains évoquent le fait de déposer un recours en justice "vu toute l'opacité au niveau du concours et tout ce qu'on peut considérer comme des irrégularités".
 
II aura fallu attendre huit ans pour qu'enfin l'agrégation "Langues de France option Tahitien" voit le jour. En effet, en 2013, la loi relative à la refondation de l'école de la République avait mis en avant l'apprentissage des langues régionales. Trois ans après, l'agrégation des "langues de France" faisait son apparition avec d'abord le breton, le corse et l'occitan, puis le créole et le tahitien prévus pour 2020. Mais à peine la première édition du concours mis en place, avec une dizaine de candidats et trois reçus aux épreuves écrites, que s'élèvent déjà les premières critiques et menaces de recours.

"On se pose la question sur l'impartialité du jury"

Le syndicaliste du Snetaa-FO, Maheanuu Routhier, s'il reconnaît que cette agrégation est "une bonne nouvelle pour l'évolution de la carrière de mes collègues enseignants de lettre tahitien", s'étonne des notes "catastrophiques" de certains candidats. "Une des notes les plus basses frise le zéro". Et pourtant, ajoute-t-il, "certains enseignent depuis plus d'une trentaine d'années et leurs compétences sont reconnues dans certains services de l'État et du Pays puisqu'ils étaient formateurs à l'école supérieure du professorat et de l'éducation (Espe)". Les premières critiques vont à l'encontre du jury accusé par les candidats déçus de "partialité", explique le syndicaliste.
 
Des professeurs s'étonnent que la majorité des membres du jury enseignent à l'université et "qu'un des candidats admissible a eu comme directeur de thèse le vice-président du jury", indique Maheanuu Routhier. Le syndicaliste s'étonne que les académiciens n'aient pas fait partie du jury. Autre problématique, celle de la professeure du Lycée Paul Gauguin admissible aux oraux, mais dont l'association des parents d'élève demande l'éviction en raison de ses absences répétées, selon eux en raison justement de sa préparation au concours. "C'est malheureux de voir que cette personne se fasse lyncher. Je ne connais pas les raisons de son absence. Peut-être qu'elles sont justifiées", commente Maheanuu Routhier. "Après, qu'elle ait eu l'occasion de se préparer à l'agrégation, cela relève d'un choix individuel". Toujours selon le syndicaliste, le président du jury, Yves Barnabé, était au fait de cette situation et de ces absences.
 
Enfin, dernier cafouillage, sur les 25 inscriptions pour cette première édition de l'agrégation et sur la dizaine de professeurs s'étant réellement présentés aux écrits, seuls trois candidats avaient été retenus initialement pour les oraux. "Initialement" puisque l'un d'entre eux a finalement été éliminé car originaire de l'enseignement privé

"On se réserve le droit de déposer un recours"

Maheanuu Routhier assure que cette situation est "malheureuse", mais se réserve le droit de contester l'examen après la publication et l'officialisation des résultats des oraux. "Vu toute l'opacité au niveau du concours et tout ce qu'on peut considérer comme des irrégularités, on se réserve le droit de déposer un recours.

"Ouvrir plus de postes au Capes de reo"

Interview - En plus des problèmes avec l'agrégation de reo tahiti, Maheanuu Routhier, représentant du Sneeta-FO, dénonce la situation des contractuels "précaires" embauchés pour pallier le manque de professeurs titulaires en reo. Ceci alors qu'un seul poste n'est ouvert au concours tous les deux ans.
 
Vous dénoncez un souci avec le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré lettre tahitien (Capes) ?
 
"Tous les deux ans, il y a un concours avec un seul poste en lettre tahitien. Le problème, c'est qu'on a beaucoup de postes vacants occupés par des contractuels, alors qu'ils sont là pour des remplacements. Ces postes devraient être réservés à ceux qui ont réussi le concours, mais malheureusement il n'y a qu'un seul poste à chaque fois qui est proposé. Et l'excuse qu'on nous donne toujours, c'est la peur que la discipline soit saturée. Sauf qu'aujourd'hui, ce n'est pas du tout le cas. Il est urgent de recruter du personnel en Capes de tahitien. Car quand des profs sont absents pendant longtemps, on a des difficultés à les remplacer puisque le vivier de remplaçants est déjà pris. Il faut ouvrir plus de postes au concours du Capes."
 
Quel est le problème avec les contractuels ?
 
"Il y en a pas mal et beaucoup sont en CDI. Normalement, un contractuel on le prend pour des besoins temporaires sur un ou deux ans. On a demandé à la ministre de mettre en place, comme ce qui existe au premier degré, une brigade de remplaçants avec des enseignants polyvalents qui pourraient remplacer des profs absents pendant un ou deux mois. Et même peut-être les bloquer à l'année et lorsqu'on a besoin d'eux, on a quelqu'un sous la main."
 
On précarise l'emploi avec ce système ?
 
"Depuis la cédéisation des contractuels en 2017 via le tribunal du travail, le 1er juillet prochain un système qui avantage uniquement l'employeur qui est le vice rectorat va être de mise. Je m'explique : Le tribunal du travail reconnait que tous les contractuels qui ont signé leur contrat ici relèvent du code du travail local. Aujourd'hui, on veut appliquer à ces derniers des décrets et des lois qui seront pris au niveau national et qui pourront changer tous les quatre matins. On a réussi à mettre en place un droit d'option, c'est à dire la possibilité pour les CDI de rester en droit privé ou droit public. Mais en droit public, les contractuels se verraient contraints de cotiser à la sécurité sociale et non plus à la CPS. Ils auraient donc une double cotisation et vont recevoir une retraite de la CPS et une de la Sécurité sociale qui ne sera jamais à la hauteur de la retraite qu'ils auraient eue s'ils avaient cotisé uniquement à la CPS ou uniquement à la Sécurité sociale. Cette situation concerne tous les contractuels embauchés par l'Etat".
 
Vous dîtes que les contractuels sont "sous-payés"?
 
"C'est clair, je prends un exemple : Il y a une contractuelle qui a enseigné pendant plus de 18 ans et moi je suis enseignant depuis 11 ans. Et pourtant je gagne entre 120 et 150 000 Fcfp plus qu'elle. On est intervenu déjà auprès du vice-recteur, car cette situation est aberrante et je ne peux pas l'accepter. Nous demandons donc que les contractuels sortent de cette précarité. Et le souci, c'est que les contractuels ne sont pas indexés. Nous sommes en discussion avec le vice rectorat pour une réévaluation des salaires de ces dernier"

Harmoniser les CIMM

Une délégation de la CSTP-FO a été reçue par le haut-commissaire, Dominique Sorain, mardi. Plusieurs sujets ont été abordés parmi lesquels l'attribution du centre des intérêts matériels et moraux (CIMM) aux fonctionnaires d'État. Le syndicat demande une clarification et une harmonisation des conditions d'attribution de ce fameux sésame "pour arrêter les CIMM de complaisance qu'on dénonce depuis plusieurs années", affirme le syndicaliste Maheanuu Routhier. Il explique que les services et établissements de l'État n'ont pas les mêmes critères d'attribution : "chacun a son interprétation, chacun a ses faisceaux d'indice, et parfois l'administration requiert de la personne qui demande un CIMM plus de 22 critères avant de le donner, à un moment il faut arrêter".
 
Maheanuu Routhier indique également qu'il faut qu'il y ait plus de "transparence". La CSTP-FO demande la mise en place d'une commission qui étudierait les dossiers de demande de CIMM. "Il faut arrêter que cela soit un administratif, dans un bureau, qui décide tout seul sans qu'on puisse avoir de visibilité sur comment a pu être traité le dossier", tacle Maheanuu Routhier. Il affirme que certains Polynésiens ont du mal à avoir leur CIMM. Un Marquisien a dû récemment aller jusque devant la cour d'appel de Paris pour se voir reconnaître son CIMM, car "une des administrations de l'État en Polynésie ne l'a pas voulu malgré ses attaches avec la Polynésie et c'est inacceptable". Alors que, selon lui, "certains après quatre ans au fenua l'obtiennent sans avoir investi dans quoi que ce soit. On ne peut plus accepter qu'on donne les CIMM comme des sucettes".
 
Il y a, selon lui, une centaine de demande de CIMM annuellement et, généralement, il y a une vingtaine de réponse positive. L'avantage, selon le syndicaliste, c'est qu'au niveau du vice rectorat,  tous les chiffres de demande et d'acceptation sont affichés, contrairement aux autres services et établissements de l'État.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mercredi 28 Avril 2021 à 21:50 | Lu 6538 fois






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