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L’accusé, « un mari exemplaire et un père aimant »



PAPEETE, le 29 mai 2018 - La deuxième session de la Cour d’assises a débuté ce mardi avec l’ouverture du procès d’un homme poursuivi pour des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. En août 2015 à Raivavae, l’accusé avait percuté son petit frère avec un pick-up, le laissant à l’agonie. Evasanée à Tahiti, la victime était décédée des suites de ses blessures quelques jours plus tard.

Le 8 août 2015, les militaires de la Brigade territoriale (BT) de Raivavae sont avisés d’un accident de la circulation. La victime, toujours consciente, est allongée sur le sol. A côté d’elle se trouve un pick-up qui présente un choc sur la partie avant et des traces de sang. Evasané à Tahiti où il est hospitalisé, l’homme décède le 12 août suite à une embolie pulmonaire. Si la thèse de l’accident est retenue dans premier temps, elle s’effondre suite aux constations techniques qui démontrent qu’il n’y a eu aucune tentative de freinage et que le véhicule a effectué un virage brutal avant de heurter la victime. Le frère de la victime est rapidement interpellé à son domicile. Il avoue qu’il a percuté son petit frère et l’a laissé sur le sol mais explique que les faits sont accidentels. Plus tôt dans la journée, les deux hommes, accompagnés de leur mère et de leurs femmes, avaient assisté à un mariage. Alcoolisés, ils avaient alors regagné le domicile familial où avait eu lieu une altercation. Suite à cette dernière, la victime était partie à pieds sur un petit chemin jouxtant la maison. Son frère aîné avait repris le pick-up pour le suivre et l’avait percuté après avoir franchi une haie. La victime, assise sur le coin d’une terrasse, avait été gravement blessée.


Tout au long de ce premier jour de procès, les proches de la victime et de l’accusé, les enquêteurs et le seul témoin direct de la scène ont été entendus par la cour d’assises. La matinée a été consacrée à la personnalité de l’accusé. L’homme, issu d’une fratrie de 8 enfants, a décrit une enfance modeste dans un milieu traditionnel avec un père diacre. A la barre, son épouse et mère de leurs trois enfants, a évoqué un homme sérieux : « c’est un travailleur, un père attentionné. Il est calme et consciencieux. Bien sûr, il est comme tout le monde, si on le cherche, il se défend. » Les enquêteurs se sont ensuite succédé à la barre. L’un d’entre eux a relaté l’audition de l’accusé quelques heures après les faits en déclarant que ses réponses « semblaient sincères. » Sur les faits, le gendarme a remis en cause la thèse accidentelle : « il roulait en 3 ème et connaissait parfaitement les lieux et le fonctionnement du véhicule. Il a évoqué la présence d’une souche sur le sol qui aurait entraîné une pression sur son pied, provoquant ainsi l’accélération. Selon moi, cette version n’a pas de sens. » Un autre enquêteur a dressé le portrait d’un accusé inséré dans la société, « un homme dont on entend peu parler mais qui est respecté sur l’île car il est un sportif accompli et s’occupe des jeunes. »

Relation houleuse

Quelle était la relation entre ces deux frères pour que se produise un tel drame ? Telle est la question à laquelle a tenté de répondre la Cour d’assises. Selon plusieurs témoignages, les deux hommes entretenaient une relation « houleuse ». La victime, lorsqu’elle avait bu, étant souvent celle qui « provoquait » son grand frère. Elle a, par ailleurs, été décrite comme un « homme à femmes », « grand sportif proche de sa famille. » A la barre, la psychologue chargée d’expertiser l’accusé a dépeint un homme « introverti » qui n’a jamais tenté de « minimiser » les faits, et qui n’a rien caché de la relation tumultueuse qu’il entretenait avec son petit frère. Sur le passage à l’acte, la spécialiste a invoqué un « craquage », « un moment de débordement des défenses habituelles. » Elle a indiqué que lorsqu’elle avait rencontré le mis en cause, ce dernier était dans un état de « sidération » et de grande « culpabilité. »

La parole a ensuite été donnée à la compagne de la victime. Calmement, elle a parlé du défunt, « un homme simple qui aimait son île et sa culture et dont la vie était rythmée de petites habitudes. » La jeune femme a expliqué à la Cour qu’elle avait voulu la mort de son beau-frère : « il y a trois ans, j’aurais voulu qu’il meurt. Puis, avec les années, je me suis dit qu’il avait une femme et des enfants et qu’il devait s’en occuper. »

En fin de journée, un petit garçon, seul témoin des faits, a été entendu par la Cour d’assises. L’enfant a confirmé qu’il avait vu le véhicule accélérer puis foncer sur la victime, indiquant cependant qu’il ne savait pas si cela était volontaire.

Le procès s’achèvera ce mercredi. Pour avoir involontairement donné la mort à son frère, l’accusé encourt une peine de 20 ans de réclusion.




Rédigé par Garance Colbert le Mardi 29 Mai 2018 à 16:51 | Lu 2498 fois





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