Tahiti Infos

L’OPH affiche 14 milliards de projets


Tahiti, le 17 septembre 2021 – Le ministre du logement, Jean-Christophe Bouissou, a détaillé vendredi à la Présidence les chantiers de l’OPH en cours ou prévus entre 2022 et 2024. Ce sont en tout 14,03 milliards de Fcfp qui sont engagés par l’État et le Pays pour la réalisation de ces travaux. Tour d’horizon des projets en cours et des ambitions de l’office pour l’habitat.
 
Après avoir détaillé, vendredi à la présidence, les travaux de l’Office polynésien de l’habitat (OPH) en cours ou prévus entre 2022 et 2024, le ministre du logement, Jean-Christophe Bouissou, a visité sept chantiers en cours entre Papeete et Tautira. Une visite menée en compagnie de Moana Blanchard, le directeur de l’OPH, et de Bruno Marty, directeur de la maîtrise d’ouvrage au sein de l’office. Une opération de communication assumée par le ministre "pour que les gens soient informés, dans leurs communes, de l’avancée des programmes", a expliqué Jean-Christophe Bouissou. "Cela va intéresser beaucoup de gens. Tout le monde veut savoir quand telle opération va se terminer, combien de logements sont en cours de construction, et que déploie-t-on comme efforts pour continuer sur ce rythme-là dans les années qui viennent."
 
En l’espace d’un an, l’OPH a livré quatre résidences, soit 80 logements entre Tahiti et Moorea. Pour les trois prochaines années, 14,03 milliards de Fcfp de programmes, cofinancés par l’Etat et le Pays, sont à l’étude ou en cours de construction à la direction de la maitrise d’ouvrage de l’OPH. Rien qu’au cours des six prochains mois, ce sont 458 logements, répartis dans onze résidences d’habitat groupé et destinés à des ménages dont le revenu est inférieur à deux Smig, qui doivent être livrés. Parallèlement, douze programmes sont en phase d’étude dans les bureaux de l’OPH avec à la clé 498 nouveaux logement à loyer modéré livrés à l’horizon 2024. 
 
Dans les archipels, 222 parcelles sont en cours de viabilisation. Elles sont destinées à la location-vente pour la construction d’un fare OPH avec des plans d’accès à la propriété sur 10 ans, moyennant un loyer mensuel de 5 à 10 000 Fcfp. Un total de 353 fare OPH est en outre prévu à la livraison pour cette année dans le cadre du programme "1500 fare", sur le triennal 2020-2022.
 
Objectif difficile
 
"Cette année, nous allons approcher des 1 000 logements qui vont être réalisés, entre l’habitat dispersé, l’habitat groupé et les productions des organismes de logements sociaux privés", s’est félicité Jean-Christophe Bouissou pour appuyer cet inventaire. Un effort qui, s’il est présenté comme exceptionnel, n’en devra pas moins être maintenu en rythme annuel, voire amélioré. Car les projections démographiques à l’horizon 2040 établissent un besoin total en logements compris entre 88 000 et 91 000 unités en Polynésie française. Besoin d’autant plus important que la taille des ménages (3,6 personnes par foyer) tend à diminuer. Et compte tenu de la croissance démographique naturelle, on estime que la collectivité devra pour sa part engager la construction de 980 à 1 290 logements nouveaux par an pendant les deux prochaines décennies. La partie n’est pas gagnée. 
 
Pour répondre à la future demande, la production annuelle est évaluée à 350 logements sociaux en habitat groupé, 500 en habitat dispersé (Fare OPH) et à 300 logements intermédiaires, pour les ménages avec un revenu compris entre 2 et 4 Smig. À l’horizon 2030, l’objectif affiché est déjà relevé avec une ambition de 1 400 logements par an (sociaux, intermédiaires et résidentiels). Et se posera vite la question du financement. Pour l’instant, des cofinancements par l’état sont assurés pour les deux prochaines années, dans le cadre du Contrat de développement et de transformation 2021-2023. Pour la suite, il faudra recourir à l’emprunt. "Nous allons rendre bancable l’OPH et la future société d’aménagement du Pays", explique Jean-Christophe Bouissou. "Dans ce cadre, nous pourront accéder aux financements du livret A avec des prêts à long terme à taux zéro." Des prêts à taux zéro via la Caisse des dépôts et consignation (CDC), sur 40 ans pour la construction et jusqu’à 60 ans pour les acquisitions foncières. 
 
Retards à combler
 
Reste qu’un retard est déjà à résorber, sur le seul créneau du logement social. En 2021, l'OPH enregistre environ 3 800 demandes locatives sociales dont 800 exprimées en 2020, sur fond de crise sanitaire. Avec un parc de 3 100 logements au sein duquel la rotation est quasi inexistante, l’opérateur doit déjà gérer 12 demandes pour 10 logements existants. L’OPH a pourtant été le premier poste de financement des contrats de projets État-Pays entre 2008 et 2020, avec un montant total de près de 35 milliards de Fcfp. 
 
Le défi du logement passera sans doute par une accélération de la production de logements sociaux abordables. Mais aussi par un accès facilité au logement locatif et en accession pour les ménages aux revenus intermédiaires et par une évolution du modèle économique de production du logement social. Problèmes de cohérence de la règlementation, de continuité et de cohérence des politiques publiques mises en place ces dernières années : ce défi est également synonyme de refonte globale du système. C’est tout l’objet des 23 actions cadres que décline la Politique publique de l’habitat en Polynésie. Un projet de délibération doit être présenté à ce titre aux élus de Tarahoi avant la fin de l’année. 

Le 1% logement, pas pour tout de suite 

Le détail de la réforme fiscale doit être présenté au gouvernement par Yvonnick Raffin dans les prochains jours, avec de premières mesures prévues dès janvier 2022. Le 1% logement ne devrait pas en faire partie, a estimé Jean-Christophe Bouissou vendredi. Mais "dans le cadre de cette refondation, je compte bien faire entendre ce message sur la nécessité d’une contribution qui aidera les actions de logements accessibles aux salariés", a-t-il aussi annoncé. "Il faut maintenant qu’il y ait une vraie volonté de discuter dans le cadre des accord tripartites, entre le Pays, les syndicats patronaux et salariés." 
Le 1% logement prendra la forme d’un prélèvement à la source financé par le salarié et l’employeur. A l’instar du dispositif d’aide au logement métropolitain (1% patronal), la réflexion est donc toujours en cours pour l’instauration au fenua de cette contribution dédiée à financer l’aide au logement des salariés. Ce 1% logement administré à l’image du Fonds paritaire de gestion (aide à la formation), pourrait représenter une source de financement dédiée de un milliard de Fcfp par an. Reste à s’entendre sur la base de contribution des salariés et du patronat pour alimenter ce fonds. Mais à terme, pour relever le défi du logement, "ce sera une source de financement complémentaire".

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Vendredi 17 Septembre 2021 à 18:32 | Lu 1639 fois