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Journée portes ouvertes : l'Ifremer à la pointe de la recherche



Des techniciens du laboratoire Recherche marine en Polynésie qui travaillent sur la qualité de l’huître perlière (Toutes les photos sont fournies par l'Ifremer)
Des techniciens du laboratoire Recherche marine en Polynésie qui travaillent sur la qualité de l’huître perlière (Toutes les photos sont fournies par l'Ifremer)
PAPEETE, le 3 octobre 2019 - L'Ifremer organise une journée portes ouvertes demain, dans ses laboratoires de Vairao. Le public pourra découvrir les scientifiques et leurs travaux sur l'huître perlière, la crevette, le paraha peue, les bénitiers et plus encore.

Pour la Fête de la Science qui a lieu du 5 au 13 octobre, l'Institut français de recherche et d'exploration de la mer (Ifremer) ouvre ses portes au public. Une occasion à ne pas manquer pour découvrir les travaux et les équipes du laboratoire le plus avancé au monde dans la recherche sur l'huître perlière, dépassant même les instituts de recherche australiens, chinois et japonais.

Gilles le Moullac, responsable de l'Unité des ressources marines de l'Ifremer, est très fier du travail accompli par ses chercheurs : "Nos recherches sont publiées régulièrement dans des journaux scientifiques internationaux et notre travail est souvent cité. On voit que nos travaux ont un impact sur la recherche mondiale, que ces informations sont utiles et que nous faisons avancer la connaissance. Cela nous permet aussi d'établir des contacts avec des chercheurs à travers le monde, pour des demandes de renseignements, d'échantillons ou de collaboration. Nous ne sommes pas isolés au niveau scientifique, on rayonne dans notre spécialité."

Outre ces nombreux travaux sur la perle, l'Ifremer est également à la pointe de la recherche dans des domaines qui nous impactent tous, comme l'élevage de la crevette bleue, des paraha peue, et même sur les conséquences du réchauffement climatique sur nos bénitiers. Pour avoir un aperçu de toute cette connaissance et rencontrer les scientifiques qui travaillent pour nous aider à comprendre nos lagons, rendez-vous samedi à la presqu'île dès 8h30 !

Journée portes ouvertes de l'Ifremer

Caline Basset, technicienne en histologie. C'est une technique pour préparer des coupes fines d'organes pour l'observation au microscope. Elle présentera son travail à la journée portes ouvertes de samedi.
Caline Basset, technicienne en histologie. C'est une technique pour préparer des coupes fines d'organes pour l'observation au microscope. Elle présentera son travail à la journée portes ouvertes de samedi.
Pour qui : gratuit et ouvert à tous
Quand : le samedi 5 octobre de 8h30 à 15h, à l'occasion de la Fête de la Science
Où : Vairao, PK 13 en partant de Taravao. L'institut est situé côté mer juste avant les gros bassins, avec une énorme pancarte à l'entrée.
Au programme : de nombreux ateliers scientifiques animés par le personnel de l'Ifremer, la Direction des Ressources Marines et l' 'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Pour les enfants, un jeu avec une question sur chaque atelier offrira des lots à gagner.

Qu'est-ce que l'Ifremer ?

Tony Gardon, doctorant qui prépare une thèse sur l'impact des microplastiques sur l'huitre perlière WEB
Tony Gardon, doctorant qui prépare une thèse sur l'impact des microplastiques sur l'huitre perlière WEB
L'Ifremer a été créé en 1972, sous le nom de CNEXO, Centre national pour l'exploitation des Océans. En 1984, il fusionne avec l'Institut scientifique et technique des pêches maritimes et devient l'Institut Français de recherche et d'exploration de la mer.

Les missions de l'Ifremer au niveau national sont de mener la recherche science sur tous les domaines ayant trait à l'océan : océanographie, observation du fonctionnement physique des océans, connaissance des ressources marines, étude des aspects biologiques du milieu marin... Ces recherches vont de l'étude des bactéries thermophiles au fond des océans jusqu'au développement des techniques d'aquaculture industrielle, en passant par la cartographie des fonds marins.

En Polynésie, l'Ifremer est spécialisé dans l'aquaculture. Il travaille sur la perliculture, la pisciculture et la crevetticulture, dans le cadre du développement local. L'Ifremer c'est 36 salariés à temps plein payés par l'État, huit volontaires de service civique qui se renouvellent tous les deux ans et entre trois et six doctorants en permanence, venus de toute la France. "Nous avons aussi commencé à accueillir des étrangers, par exemple nous avons reçu un postdoc Australien et il y a d'autres collaborations qui pourront se faire" nous explique Gilles le Moullac.

Le responsable de l'Unité des ressources marines de l'Ifremer explique que l'Institut a actuellement "vingt projets scientifiques financés. La plupart sont des financements publics du Pays via la direction des Ressources marines et la délégation à la Recherche. Il s'agit principalement d'un appui au secteur aquacole, mais il y a également des projets plus environnementaux comme l'étude de la contamination des lagons perlicoles par les microplastiques et leur impact sur la production, ou le phénomène des 'blooms d'algues'. Il y a aussi des financements nationaux venant par exemple de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) ou du LabEx Corail de l'Agence nationale pour la recherche), qui financent des projets de recherche fondamentale avec des perspectives d'application. Enfin, l'Ifremer elle-même finance des petits projets de deux ans avec sa 'politique de site', pour contribuer à stimuler les coopérations avec les autres instituts de recherche locaux comme le Criobe, l'Institut Malardé, l'Université et l'IRD."

40 ans de recherche scientifique qui ont eu un impact sur notre quotidien

Une huître en train de pondre. Cette huître d'exception a été sélectionnée pour ses caractéristiques, que les chercheurs espèrent transmettre à sa descendance.
Une huître en train de pondre. Cette huître d'exception a été sélectionnée pour ses caractéristiques, que les chercheurs espèrent transmettre à sa descendance.
La crevetticulture : Il a fallu plus de 20 ans de recherche à l'Ifremer pour développer cette filière dans les années 80. Depuis les années 2000 c'est le Pays, via la DRM, qui reprend à sa charge la R&D de la filière crevette et, l'enjeu le plus important, le conservatoire des géniteurs. "Nous nous sommes assurés que les enjeux techniques étaient assurés pour pérenniser ce conservatoire unique au monde. Nous avons développé la base théorique, assuré les démonstrations pilotes avec nos propres bassin puis géré le soutien aux premières fermes, mais l'Ifremer n'est pas un établissement industriel, donc c'était le sens de l'histoire que le privé et le Pays assurent le maintien de cette industrie" explique Gilles le Moullac.

Le paraha peue : La DRM a sollicité l'Ifremer et lui a alloué des budgets pour aider au développement de la filière et maitriser la reproduction. Aujourd'hui l'Institut est mobilisé pour analyser une maladie qui affecte ces poissons en cage extérieure.

L'huitre perlière : Les recherches ont débuté dans les années 80 et se poursuivent aujourd'hui, avec des priorités changeantes. "L'activité avait démarré sans recherche publique, mais on a observé des mortalités dans certains lagons comme celui de Takapoto. Donc à la demande du Pays nous avons entamé les recherches, parce qu'à l'époque on ne connaissait rien sur la biologie de cette espèce. Depuis 40 ans nous faisons des recherches ininterrompues et on voit que c'est utile. Dès les années 80, connaitre la biologie a permis de donner de premiers éléments de gestion par rapport aux stocks sauvages, aux transferts de naissains, sur la densité d'huitres à mettre en élevage, sur l'attribution des concessions marines aux perliculteurs... Tout ça a été rendu possible par les premières recherches menées par l'Ifremer, l'IRD et l'université."
Après ces premières avancées, la filière a commencé à accumuler les problèmes et l'orientation de la recherche a changé : "avec les problèmes de qualité et de surproduction, l'idée dans les années 2000a été de se demander comment améliorer le produit. Donc nous avons commencé un programme de sélections pour l'amélioration génétique de l'espèce. Pour ça il faut maitriser la reproduction et créer des écloseries, établir les critères de sélection... Donc tout ce qui participe à la domestication d'une espèce sauvage, comme pour toutes les autres espèces productives. Par exemple, la crevette bleue locale est domestiquée depuis 35 ans. À terme, comme pour la crevette, il faudra qu'un partenaire prenne la relève sur les écloseries, pour l'instant on se dirige vers des écloseries privées gérées par les perliculteurs, mais avec notre aide et celle de la DRM."

Les "blooms d'algues" : Depuis six ans, certains lagons perlicoles subissent de fortes mortalités des huitres, accompagnées d'explosions d'algues, dont certaines sont toxiques. C'est ce qui a dévasté l'insdustrie perlicole de Takaroa. "On ne sait pas encore si ce sont les blooms d'argue qui sont à l'origine de la mortalité, ou si la mortalité des huitres et les blooms sont tous les deux causés par un autre phénomène. On vient de mettre en place les protocoles d'analyse des blooms d'algue pour mieux les connaitre. C'est un travail que l'on effectue avec l'Institut Malardé, qui sont leaders sur ce sujet de recherche" explique Gilles le Moullac.

Le bénitier : Avec l'UPF, l'Ifremer a lancé il y a 4 ans et demi un programme de recherche sur le bénitier. "Là ce sont des questions sur le changement climatique qui sont posées. Nous voulons connaitre l'impact sur le bénitier de la température, du réchauffement global et de l'acidification de l'océan. Il y a déjà des observations de mortalité de masse sur certains atolls après des épisodes de températures élevées. On cherche à savoir si nos bénitiers pourront s'adapter. Pour l'instant la Polynésie est une des rares zones dans le monde où la ressource est bien gérée, ce qui nous permet de les exporter pour l'aquariophilie par exemple. Mais ça n'est possible que parce que nos stocks sont encore abondants, donc il faut bien comprendre comment cette ressource pourra évoluer face aux changements climatiques pour pouvoir anticiper les problèmes que l'on pourra révéler avec nos recherches."

Des paraha peue dans une cage d'élevage dans le lagon de Vairao
Des paraha peue dans une cage d'élevage dans le lagon de Vairao

Des larves d'huitres perlières dans l'écloserie
Des larves d'huitres perlières dans l'écloserie

Un naissain d’huîtres perlières
Un naissain d’huîtres perlières

Ces microalgues servent à nourrir les huitres dans l'écloserie
Ces microalgues servent à nourrir les huitres dans l'écloserie

Un bénitier blanchi par le réchauffement climatique
Un bénitier blanchi par le réchauffement climatique


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Jeudi 3 Octobre 2019 à 18:11 | Lu 1340 fois

Tags : SCIENCE





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