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Jeune cycliste fauchée à Papeete : la conductrice et les passagers du véhicule condamnés



PAPEETE, le 5 février 2019 - Deux femmes et deux hommes ont comparu ce mardi devant le tribunal correctionnel pour répondre des chefs de « blessures involontaires », « délit de fuite » et « non assistance à personne en danger ». Le 12 août dernier, alors que les prévenus se trouvaient à bord d'un véhicule sur l'avenue du Prince Hinoi, ils avaient pris la fuite après avoir renversé une cycliste de 18 ans. Ils ont été condamnés à des peines comprises entre 12 mois ferme et deux mois de prison avec sursis.

Le 12 août dernier, peu après 21 heures, les agents de la DSP sont avisés d'un accident de la circulation ayant eu lieu à Papeete sur l'avenue du prince Hinoi. Alors qu'elle circulait sur son vélo avec six autres personnes, une jeune femme de 18 ans a été percuté par un véhicule qui a pris la fuite. La victime, gravement blessée, est transportée au CHPF. Elle souffre de fractures du crâne et du bras.

Afin de retrouver les occupants du véhicule, les enquêteurs se procurent les enregistrements des stations-service. Ils identifient une voiture appartenant à un homme qu'ils interrogent et interpellent trois autres personnes dans la foulée. Placés en garde à vue, les quatre jeunes gens reconnaissent les faits. Les deux hommes expliquent que le jour des faits, ils ont bu une caisse d'obus. Ils ont ensuite pris la route avec leurs compagnes dont l'une conduisait. Arrivés sur l'avenue du Prince Hinoi, le véhicule, qui roulait à « vive allure » selon un témoin, a percuté la victime qui circulait sans feux.

Les détails mis au jour par l'enquête glacent le sang. Après avoir pris la fuite, les quatre prévenus ont caché le véhicule. Les bouts de chair de la victime qui se trouvaient sur la voiture ont été nettoyés à l'aide d'un torchon qui a ensuite été jeté dans une rivière. Les enquêteurs constatent surtout qu'après l'accident, les deux couples se sont réunis à plusieurs reprises afin de s'accorder sur la version à donner. Les mis en cause indiquent qu'ils ont scruté les réseaux sociaux pendant plusieurs jours afin de savoir si la victime, tombée dans le coma, n'était pas décédée.

"Détails macabres"

Les quatre jeunes gens ont été présentés ce mardi devant le tribunal correctionnel pour pour répondre des chefs de « blessures involontaires », délit de fuite » et « non assistance à personne en danger ». En présence de la victime et de ses parents, les prévenus ont reconnu les faits tout en indiquant que la victime n'avait pas « respecté le code de la route ». « Dans ce dossier, nous avons la désagréable impression que votre seule préoccupation était de vous protéger » a commenté le président du tribunal face à l'absence manifeste de remords des quatre jeunes gens. « Nous avons l'impression qu'il vous fallait attendre de voir si la victime était morte ou non pour réagir », a poursuivi le magistrat, visiblement agacé par l'attitude des prévenus.

Agacement partagé par le conseil de la victime, Me Roy Croze selon laquelle il est très « rare » d'arriver « à un tel niveau de collusion et d'absence de regrets. »Lors de sa plaidoirie l'avocate a évoqué sa cliente, « incapable de s'exprimer » sur les faits puisqu'elle n'a « aucun souvenir » de l'accident : « Ils cherchaient un mort sur les réseaux sociaux, ils auraient plutôt dû chercher au fond de leurs consciences ».

Le procureur de la République a requis 12 mois de prison avec sursis à l'encontre de la conductrice du véhicule et des peines de six à deux mois de prison avec sursis à l'encontre des trois autres prévenus. Dans ce dossier « extrêmement désagréable », le représentant du ministère public a ensuite déploré « un contexte dans lequel tout a été mis en œuvre, dont des réunions avec des détails macabres, pour taire le passage à l'acte ».

Selon Me Aureille, conseil des quatre mis en cause, le fait que la victime n'avait ni feux ni gilet est l'une des causes principales de l'accident. Selon l'avocat, « la non assistance à personne en danger est une obligation morale et non juridique ».

Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné la conductrice à 18 mois de prison avec sursis. Au regard de ses antécédents judiciaires, l'un des prévenus qui était poursivi pour complicité de délit de fuite, à écopé de 12 mois de prison ferme. Les deux autres prévenus ont été condamnés à des peines de deux mois de prison avec sursis.


Rédigé par Garance Colbert le Mardi 5 Février 2019 à 16:11 | Lu 14393 fois





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