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"Je ne lâcherai pas mon père même si je suis dans la politique" (Vaitea Legayic)



Vaitea Legayic a tenu à rendre hommage à son père.
Vaitea Legayic a tenu à rendre hommage à son père.
PIRAE, le 13 avril 2018 - L'assemblée générale de la Confédération des syndicats indépendants de Polynésie (CSIP) s'est tenue ce vendredi matin, dans l'amphithéâtre de l'hôpital du Taaone. Parmi les nombreux points à l'ordre du jour, l'adoption des démissions de deux membres du bureau et leur remplacement. Et Vaitea Legayic n'a pas caché son émotion.

Deux secrétaires généraux adjoints ont démissionné de leurs fonctions au sein de la Confédération des syndicats indépendants de Polynésie (CSIP), il s'agit de Vaitea Legayic et de Sam Tavaearii. Tous deux ont choisi de se lancer en politique, l'un avec Te Ora Api de Marcel Tuihani et l'autre avec le Tahoeraa Huiraatira.

Après avoir acté ces démissions il y a une dizaine de jours, le bureau a convoqué l'assemblée générale du syndicat ce vendredi matin, dans l'amphithéâtre du Centre hospitalier de Taaone.

Plusieurs points étaient à l'ordre du jour, dont l'adoption des deux démissions, et leur remplacement au sein du bureau de la confédération. Et pour cette étape, l'émotion était à son comble. Au moment où elle a pris la parole, Vaitea a rendu hommage à son père. "Très émotive parce que je laisse mon père, il est le vivier de mon parcours professionnel. C'est lui qui m'a forgée pour que je devienne une personne importante au niveau syndical."

Mais le règlement intérieur de la confédération est clair, "il prévoit la démission d'office d'un membre qui se présente sur une liste électorale", souligne Vaitea Legayic. Mais, elle a tenu à remercier celui qui l'a formée. "S'il a besoin de moi, eh bien, je serai toujours là pour lui. Après toutes les difficultés qu'il a rencontré que ce soit dans les affaires au tribunal, j'ai toujours été là pour lui, et le fait de ne plus être à l'intérieur de la maison mère, eh bien, j'ai l'impression de l'abandonner, parce que je serai moins présente physiquement à ses côtés. Mais j'ai fait mon choix."

Un choix qu'elle assume, mais "je ne lâcherai pas mon père même si je suis dans la politique", lance-t-elle. Si elle n'occupe plus les fonctions de 1ère secrétaire générale adjointe de la confédération, elle conserve, cependant, son titre de déléguée syndicale au sein du CHPF de Taaone. Et elle est devenue, par la même occasion, secrétaire général adjointe du Syndicat autonome du personnel hospitalier (SAPH). "Les dispositions règlementaires sont différentes par rapport à la confédération générale" Le SAPH sera désormais, mené par Ronald Lyou, informaticien de profession.

Quant au poste de 1er secrétaire général adjoint de la Confédération, il sera assuré par Cyril Legayic. "J'occupais les fonctions de DGS, je dirige la permanence, c'est moi qui organise tout ce qui se passe au niveau de la permanence à 80 %, sous couvert de notre secrétaire général. Aujourd'hui, j'ai l'opportunité de monter au niveau du bureau sans évincer qui que ce soit. C'est la raison pour laquelle, je me suis porté candidat et le bureau a accepté", assure Cyril Legayic.

Pour l'heure, le poste de Directeur général des services de la Confédération reste vacant. "Il faut être fort sur le plan juridique et administratif. Il faut connaitre les lois, les rouages, l'organisation de la permanence, l'organisation des élections professionnelles. C'est un peu la tête et les jambes de la confédération. Je peux, en tant que 1er secrétaire général adjoint, continuer à assurer ce poste. On verra avec le bureau, peut-être qu'on va nommer quelqu'un. Mais, je serai toujours avec cette personne."

Aujourd'hui, la CSIP compte 5 600 adhérents.


Cyril Legayic
1er secrétaire général adjoint de la CSIP


"Elle veut suivre la voie de sa grand-mère. Je ne peux pas l'en empêcher"

Quel est votre sentiment par rapport au départ de votre fille ?
"Ça me fait mal puisqu'elle a œuvré avec moi pendant des années. Elle sait comment je travaille et les rouages… À un moment donné, je comptais sur elle pour prendre la succession. Aujourd'hui, j'ai 65 ans, peut- être que je quitterai la confédération dans 3 ou 4 ans. Ça n'a pas été facile aussi pour moi, mais je connais bien mes enfants. Et avant de prendre une décision, ils viennent toujours me consulter, et la décision, je ne la donne pas du jour au lendemain. Ils me relancent à plusieurs reprises. Après, je me suis dit que c'était son choix et si elle veut faire ça pourquoi pas ? Elle veut suivre la voie de sa grand-mère. Je ne peux pas l'en empêcher."


Si elle est élue, les dossiers avanceront mieux sur le plan social ?
"Au niveau du gouvernement, ou de l'assemblée, elle pourra avoir plus d'attention sur les doléances sociales, sur la politique sociale. Aujourd'hui, on considère les travailleurs comme les vaches à lait. Il ne faut pas oublier qu'on a aucune politique au niveau de la jeunesse. C'est comme une bombe à retardement, et quand ça pète, c'est pire qu'une bombe atomique. Il y a un point que je souhaiterai remettre en place et sur lequel je discuterai avec les autres organisations intersyndicales, c'est celui de remettre le service national. Ça va diminuer peut-être la délinquance chez nous et pourquoi pas en métropole. Depuis qu'on a supprimé le service national obligatoire, on a une énorme recrudescence de la délinquance, en plus, il n'y a pas de politique de la jeunesse."


Vaitea Legayic
Secrétaire général adjointe du Syndicat autonome du personnel hospitalier (SAPH)

"Je ne quitte pas les représentants de l'hôpital"


"Je reste quand même à la disposition de mon entreprise mère qui est l'hôpital. Je ne quitte pas les représentants de l'hôpital, et je veux rassurer le personnel.

Le social fait partie des critères importants du syndicalisme et de la politique. Donc, c'est une continuité. C'est sûr que les orientations peuvent être différentes ainsi que les objectifs. Mais le but principal est cette similitude entre le syndicalisme et le politique sur le volet du social.

Le syndicat reste sur sa position première au sein des entreprises, le politique est plus sur un état général. Donc, lui, a une vision sur toute la population. Les pouvoirs du politique sont plus larges que ceux du syndicat, je ne dis pas que le syndicalisme n'est pas fort dans ce domaine-là.

Et concernant mon remplaçant à la tête du SAPH, je dirai que j'ai vu au travers de ses compétences et de ses qualités, et en le formant, je sais qu'il arrivera à un bon niveau. Il faut que je le forme sur les rouages syndicaux, il faut avoir des bagages surtout règlementaires. Donc, je l'encourage et il est très motivé.
"


Ronald Lyou
Secrétaire général du Syndicat autonome du personnel hospitalier (SAPH)

"Je vais essayer de m'intégrer et de rassembler d'autres personnes"


"Je suis prêt et je continue à me performer sur le mouvement syndical. On a affaire à une équipe qui est performante. Pour moi, ça fait moins d'un an que je suis au sein de cette équipe, et je peux voir ma progression. Je vois les actions aussi qui sont menées par le syndicat et qui sont, pour moi, positives. Je vais essayer de m'intégrer et de rassembler d'autres personnes. On va de l'avant et dans la bonne direction. Je suis heureux pour Vaitea. C'est une voie positive pour elle, pour voir d'autres horizons. C'est une ouverture vers une nouvelle vie. C'est une continuité."



Rédigé par Corinne Tehetia le Vendredi 13 Avril 2018 à 12:42 | Lu 3023 fois

Tags : CSIP





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