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Jacques Raynal : "J'ai l'esprit tout à fait tranquille"



Tahiti, le 11 juin 2020 – Le ministre de la Santé, Jacques Raynal, a accordé jeudi après-midi une interview à Tahiti Infos dans laquelle il réagit à l'enquête préliminaire ouverte sur sa proximité avec le groupe MedEx Polynésie, s'explique en détails sur le dossier et assure avoir "l'esprit tout à fait tranquille" pour la suite de la procédure judiciaire.
 
Vous étiez sous les feux des projecteurs aujourd'hui ?

"Il vaut mieux être sous les feux des projecteurs qu'à l'ombre (rires). Il vaut mieux plaisanter un peu après une journée particulière à laquelle je ne suis pas habitué, puisque c'est la première fois de ma vie que je me retrouve dans cette situation. A 71 ans, cela fait un peu drôle quand même. Mais sans inquiétude majeure, dans la mesure où j'ai l'esprit tout à fait tranquille."
 
Que sont venus chercher les enquêteurs précisément ?

"Principalement des documents. Ils sont partis avec un certain nombre de documents, notamment informatiques, mais également des dossiers papier. Cela a pris beaucoup de temps, car vous savez, au ministère on a beaucoup de dossiers et ils recherchaient principalement ce qui pouvait concerner les actions du groupe MedEx et Fenua MedEx notamment. Un groupe que j'ai fondé avec des associés, dont j'ai démissionné en janvier 2017, dès que j'ai appris que j'allais être nommé ministre de la Santé. Et je ne suis plus du tout associé à ce groupe. Mais il est évident que les personnes avec lesquelles nous avons fondé ce groupe sont mes amis et que mes amis restent mes amis."
 
Avez-vous favorisé MedEx ?

"Il aurait été difficile de favoriser ce groupe, dans la mesure où c'est le seul acteur de télémédecine sur le territoire. Et je pense que c'est ce que recherchaient les enquêteurs,  essayer de matérialiser d'éventuelles préférences de la part du ministère de la Santé pour ce groupe. Mais comme je vous le disais tout à l'heure, je suis tout à fait tranquille. Vous savez, en matière de marchés publics notamment, on est tenu à un certain nombre de procédures. Et étant le seul acteur du territoire dans la télémédecine, il n'y a donc pas lieu de faire des appels. Je pense qu'il a dû y avoir une plainte. De qui ? Je ne le sais pas. On n'a pas voulu me le dire, mais je le saurai le jour où j'aurai accès au dossier. Une plainte à quel propos exactement ? Est-ce que c'est du favoritisme ? Ou est-ce que c'est de l'enrichissement personnel ou du détournement de fonds pourquoi pas ? De ce côté-là, j'ai l'esprit tout à fait tranquille. J'ai ouvert mes comptes, j'ai ouvert tout ce que je pouvais ouvrir aux enquêteurs. Y compris un compte personnel que j'ai depuis plus de 50 ans maintenant en métropole, que j'avais quand j'étais médecin en France. Voilà, attendons maintenant de voir quelle en sera la suite. D'après ce que m'ont dit les enquêteurs, il y aurait une convocation pour une audition, ce qui est normal, devant le juge. Et en fonction de cette audition, le juge décidera de la suite à donner à ce dossier. Je trouve cela un peu malheureux mais c'est comme ça. C'est la vie, il faut le prendre comme ça vient."
 
Vous n'avez donc pas été placé en garde à vue ou auditionné ?

"Non, j'ai appris que certains m'avaient déclaré en garde à vue. Une garde à vue dans mon bureau cela aurait été sympathique… Et il n'y a même pas eu d'audition. C'était simplement une recherche d'indices susceptibles de corroborer la plainte. (…)."
 
Vous devez avoir une petite idée de qui a porté plainte ?

"Oui. Est-ce que ce sont les cliniques ? Des confrères éventuellement ? Des frères même pourquoi pas ?... Je ne sais pas et je ne cherche pas à le savoir, mais je le saurai un jour lorsque j'aurai accès au dossier. Je trouve cette affaire extrêmement malheureuse, puisque à mon sens la création de MedEx a favorisé le développement de quelque chose que l'on attendait depuis plus de 30 ans : la télémédecine. Je rappelle que récemment, nous avons fait une expérience avec les Marquises, le Nord notamment, et que c'est une expérience extrêmement concluante et que MedEx, en accord avec la Direction de la santé, va poursuivre ses expériences pour pouvoir permettre aux gens qui sont éloignés d'obtenir un soin qui soit à la hauteur de leurs espérances."
 
MedEx s'est également occupé de la Maison médicale de garde au Centre hospitalier ?

"Cette maison médicale de garde a fait couler beaucoup d'encre à ses débuts. Elle est maintenant jugée indispensable à la porte du service des urgences de l'hôpital, pour assurer une meilleure prise en charge des personnes qui ne sont pas dans une situation d'urgence extrême, donc qui ne relèvent pas de l'urgence à proprement parler. Mais qui sont malades ou inquiètes de quelque chose. Cela permet également de désengorger ou de soulager les consultations urgentes. Et cela permet au personnel du service des urgences d'être un peu plus apaisé par rapport à cet afflux de personnes. Sur la crise Covid, nous avons décidé en accord avec l'hôpital et sur sa demande d'augmenter les horaires d'ouverture de cette maison médicale de garde. Finalement, avec l'expérience, il n'y a pas eu de rush, tant mieux, il n'y a pas eu d'affluence extrême sur ce service."
 
Quelle a été votre réaction quand vous avez vu les enquêteurs entrer dans votre bureau ?   
           
"J'ai été surpris sans être réellement surpris mais tout en l'étant. C’est-à-dire que je savais qu'il y avait depuis maintenant plus d'un an et demi, presque, un dossier sur ce sujet au sein du palais de justice. Mais la justice prend son temps. Il y a eu un changement de juge, peut-être est-ce l'occasion de lancer une nouvelle enquête ? Je ne jette la pierre à personne. Je ne fais pas de suppositions et de plans sur la lune. Je dis ce qui est. C'est dommage de se retrouver dans cette situation-là. C'est dommage que certains puissent penser que des actions qui ont été menées pour aider la population puissent être des actions qui donnent lieu à des détournements ou qui donnent lieu à des intérêts particuliers. Parce que cela n'a jamais été le cas. Je suis médecin depuis 1978 et c'est la première fois que je rencontre la justice."
 
Savez-vous quand serez-vous auditionné ?

"Je ne sais absolument pas, c'est dans les mains du juge. On verra."
 
Vous semblez serein pour la suite de la procédure ?

"Je suis serein car je pense qu'ils ne vont rien trouver. Franchement, je pense qu'ils ne trouveront aucune particularité dans ce dossier qui pourrait amener la justice à me condamner en quoi que ce soit. Je n'ai gagné aucun argent dans cette société."
 
Peut-être en avez-vous fait gagner à vos amis ?


"Je ne sais pas, parce que depuis que j'ai quitté la société, je ne participe pas aux débats sur les bénéfices éventuels qu'ils peuvent réaliser. S'ils en réalisent, ce n'est même pas certain. Et puis cette société s'est développée depuis. Elle ne s'est pas développée uniquement parce que docteur Raynal est devenu ministre. Elle s'est développée par elle-même. C'est pour cela que je suis serein. Je trouve cette affaire déplorable personnellement. Je verrai et peut-être que le juge aura une autre opinion, je ne sais pas. Et je m'en tiendrai de toute façon à ce que dira la justice. Si elle veut me condamner parce qu'elle pense que je suis condamnable et que j'ai effectivement des raisons d'être condamné, je serai condamné, point. Et puis voilà ça sera fini. Mais franchement je ne vois pas comment."
 
Mais si vous êtes condamné vous allez prendre cela comment ?

"Mal… Mal… Bien voilà. J'ai une belle maison en Auvergne. Voilà, je partirai en Auvergne tranquille (rires)."

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Jeudi 11 Juin 2020 à 21:33 | Lu 3455 fois





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