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Iles Salomon: La RAMSI prise pour cible par des caillassages



Les troupes de la RAMSI sont aux Îles Salomon depuis maintenant 8 ans. [Reuters]
Les troupes de la RAMSI sont aux Îles Salomon depuis maintenant 8 ans. [Reuters]
HONIARA, mercredi 28 septembre 2011 (Flash d’Océanie) – La Force régionale d’assistance militaro-policière aux îles Salomon (RAMSI), débarquée en juillet 2003 sous commandement australien pour rétablir l’ordre dans cet archipel alors en proie à une guerre civile, a une nouvelle fois été prise pour cible le week-end dernier, dans un village de l’île principale où ses agents sont sur le point de se retirer.
L’attaque a eu lieu sur un poste de police de cette force régionale, après l’annonce par le commandement de la RAMSI que cet établissement allait être retiré vendredi 30 septembre 2011, a indiqué la RAMSI dans un communiqué mardi.
Les responsabilités du maintien de l’ordre devraient alors être transférées à la police nationale.
Les deux autres postes de la RAMSI notamment sur l’île principale et près de la capitale Honiara, sont maintenus.
Lundi, le poste de police ciblé, celui d’Isuna (côte Sud de Guadalcanal) a fait l’objet de jets de pierres de la part d’un groupe de villageois riverains.
Aucun blessé n’a été immédiatement signalé.
La police nationale, par la voix de son Commissaire adjoint Edmond Sikua, a immédiatement appelé au calme tout en estimant qu’il s’agissait d’un incident « isolé ».
Le poste d’Isuna a néanmoins été fermé par précaution.
Plusieurs députés salomonais, dont ceux de cette circonscription, avaient vivement critiqué la perspective de la fermeture de ce poste, estimant que le retrait localisé de la RAMSI ne pourrait être suivi que d’un retour aux troubles civils.
La RAMSI, pour sa part, appelait mardi la population à se montrer « coopérative », dans le cadre de ce processus de passation de pouvoir aux autorités locales, en insistant sur le fait que cette décision était le fruit de « consultations avec la police nationale et le gouvernement, ainsi qu’avec les communautés concernées ».
Argument principal avancé : les taux de criminalité ont sensiblement baissé de manière persistante au cours des derniers mois dans cette zone.
« Nos ressources quelque peu limitées sont mises à meilleur profit en maintenant les (deux autres) postes de Mbabanakira et Avu'avu, plutôt que de tenter de continuer à engager les coûts associés au fonctionnement d’un troisième poste à Isuna », précise la RAMSI.

Pas de retrait avant longtemps, estime Washington

Fin août 2011, la question du retrait éventuel de la RAMSI se trouvait en bonne place au sein d’une nouvelle vague de câbles diplomatiques publiés par Wikileaks et dont certains concernaient directement cette force régionale de stabilisation.
Selon ces câbles américains envoyés à Washington et dont le poste d’émission est celui de Port-Moresby, les îles Salomon sont toujours un pays « fragile, sinon brisé » et l’intervention extérieure demeurera nécessaire « pour très, très longtemps encore ».
Selon ces sources, malgré une présence de plus de huit ans dans cet archipel mélanésien et une facture estimée à plus d’un milliard de dollars australiens (731 millions d’euros), les efforts de reconstruction politique et économique pérenne ne seraient toujours pas au rendez-vous et par conséquent, tout retrait de cette force, dans les conditions actuelles, serait rapidement suivi d’un retour au chaos d’avant 2003.
La période nécessaire a été estimée à dix, voire quinze ans, mais « il y a fort à douter que le gouvernement local et les habitants envisagent une présence de la RAMSI pour si longtemps », s’interroge le diplomate auteur, qui évoque aussi, au passage, une perception locale selon laquelle les membres de cette RAMSI, sur place, « ont été lourds, insensibles aux questions culturelles ».
Lors de précédents épisode gouvernementaux aux îles Salomon et sous un précédent gouvernement conduit par le Premier ministre d’alors, Manasseh Sogavare (jusqu’à fin 2006), le sentiment anti-RAMSI a été particulièrement fort et a aussi conduit à une crise diplomatique entre Honiara et Canberra.
Un haut-commissaire (ambassadeur) australien en poste, Patrick Cole, avait alors été déclaré persona non grata pour ingérence.
Des accrochages, pour la plupart liés à des opérations de maintien de l’ordre (y compris lors des dernières élections législatives, en août 2010) ont aussi entraîné la mort de locaux.
Précédemment, des soldats australiens de la RAMSI avaient été pris pour cibles et l’un d’entre eux avait trouvé la mort par balles.
Fin juillet 2011, dans le cadre d’une nouvelle rotation des effectifs australiens, l’Australie a nommé un nouveau commandant pour la RAMSI en la personne de l’officier Paul Osborne, de la police fédérale australienne.
Dans le cadre de ce dispositif (et de sa composante militaire, baptisée « Opération Anode » du point de vue de l’armée australienne), l’Australie maintient aussi un poste de « coordinateur spécial », poste réservé depuis sa création à un diplomate de carrière.
Mi-juillet 2011, c’est le ministre australien de la défense, Stephen Smith (ancien chef de la diplomatie) qui se trouvait en visite à Honiara pour participer à une nouvelle édition des séances de consultation entre les pays participant à la RAMSI (Australie, Nouvelle-Zélande et plusieurs États insulaires du Pacifique, dans le cadre de l’accord de « Biketawa » voulu par le forum des Îles du Pacifique).
Ce processus de consultation avait lui-même été mis en place dans un esprit d’apaisement après les tensions dirigées contre la RAMSI.
Selon M. Smith, toute décision de retrait de cette force régionale nécessitera « un examen très attentif » et de toute manière devra se faire en consultation avec le gouvernement local, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ainsi que les autres pays océaniens impliqués.
Dans l’attente, les réunions de consultation de la RAMSI se terminent le plus souvent par un passage en revue, en mode auto congratulatoire, des objectifs atteints jusqu’ici.
Un récent sondage commandité par la RAMSI et mené par une équipe de l’Université Nationale Australienne auprès des populations locales faisait ressortir que plus de quatre vingt (84) pour cent des personnes interrogées souhaitaient son maintien.

pad

Rédigé par PAD le Mardi 27 Septembre 2011 à 16:02 | Lu 631 fois





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