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Il y a 30 ans, l'enchaînement sanglant d'Ouvéa



Nouméa, France | AFP | vendredi 03/05/2018 - La petite île d'Ouvéa, où Emmanuel Macron se rendra samedi au terme de sa visite en Nouvelle-Calédonie, a été le théâtre paroxystique des violences entre indépendantistes kanak et loyalistes caldoches dans les années 1980.

Des troubles secouent "le Caillou" depuis 1984, quand un enchaînement sanglant fait véritablement basculer la situation dans le drame. Le 22 avril 1988, des indépendantistes attaquent la gendarmerie de Fayaoué, chef lieu de la commune d'Ouvéa, tuent quatre gendarmes et en prennent 27 autres en otage.

L'événement provoque la stupeur à Paris. Bernard Pons, alors ministre des DOM-TOM, est envoyé à Nouméa et dépêche sur place des renforts de gendarmerie et des unités d'élite, qui procèdent à des interrogatoires musclés dans les tribus pour savoir où ont été emmenés les otages.

Douze gendarmes sont rapidement relâchés tandis que le 27 avril, le capitaine Philippe Legorjus, chef du GIGN, ainsi que six militaires et un magistrat sont à leur tour faits prisonniers dans la grotte de Gossanah, au nord d'Ouvéa.

A trois jours du second tour de l'élection présidentielle, Paris opte pour la manière forte. Le 5 mai 1988, l'opération militaire "Victor" permet la libération des otages, sains et saufs, mais au prix d'un bain de sang: 2 militaires et 19 kanak sont tués, certains exécutés d'une balle dans la tête.

A Paris, le président François Mitterrand déplore le "bilan douloureux" de cette opération, tandis que le Premier ministre Jacques Chirac adresse ses "chaleureuses félicitations" à l'armée.

Les deux hommes s'affrontent alors au second tour de l'élection présidentielle le 8 mai et, pour nombre d'observateurs, le drame d'Ouvéa a contribué à la défaite de Jacques Chirac.

En Nouvelle-Calédonie, l'organisation indépendantiste kanak FLNKS, opposée au nouveau statut voulu par le gouvernement Chirac, avait décidé de boycotter activement les élections territoriales programmées le même jour que le premier tour de la présidentielle.

Pour stopper l'escalade de violence, le leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou et son rival loyaliste Jacques Lafleur se réconcilient moins de deux mois après le drame d'Ouvéa. Le 26 juin 1988, ils signent ainsi les accords de Matignon, sous l'égide du nouveau Premier ministre, socialiste, Michel Rocard.

Un an plus tard, Jean-Marie Tjibaou paiera de sa vie cette main tendue. A Ouvéa, le dirigeant kanak et son lieutenant Yeiwéné Yeiwéné sont assassinés par un indépendantiste ultra, Djubelly Wéa.

Traumatisée par ce nouveau drame, qui la met au ban du monde kanak, l'île d'Ouvéa se replie sur sa souffrance pendant de nombreuses années et un "travail de réconciliation" se met peu à peu en place. En 2004, une coutume kanak de réconciliation et de pardon entre les trois familles -Tjibaou, Yeiwéné et Wéa- contribue à refermer les plaies.

Emmanuel Macron, premier président à se rendre à Ouvéa, doit y effectuer "trois gestes de mémoire et de recueillement". Une cérémonie aura lieu devant la stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, puis il se recueillera à Wadrilla, où MM. Tjibaou et Yeiwéné ont été assassinés, et enfin devant le monument dédié aux victimes de l'assaut sur la grotte.

cw-jba/vdr/frd/sma


Rédigé par () le Jeudi 3 Mai 2018 à 16:16 | Lu 623 fois





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