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Il porte un coup à son père et le rend infirme



PAPEETE, le 6 mars 2018 - Triste affaire de famille jugée ce mardi devant le tribunal correctionnel de Papeete. Un individu âgé de 39 ans était poursuivi pour des violences volontaires exercées sur son père. Au terme d’une journée fortement alcoolisée, la victime avait menacé son fils avec un couteau. Le prévenu avait alors saisi une jardinière en métal et avait frappé son géniteur à la tête. Pour cet acte, l’individu a été condamné à 3 ans de prison avec sursis.

Le drame avait pris place le 31 décembre 2014 à Pirae dans le cadre d’une réunion de famille. Ce jour-là, alors que le prévenu s’alcoolisait avec plusieurs de ses cousins, son père était venu se joindre à eux. Sans raison apparente, le vieil homme, qui présentait un taux d’alcoolémie de 3,36 grammes, avait mis un coup de pied à son fils. Puis il était parti après avoir menacé de l’égorger. Quelques minutes plus tard, l’individu était revenu sur les lieux de l’altercation avec un couteau de 30 cms. Il avait été désarmé par l’un de ses neveux alors qu’il s’approchait de son fils. Le prévenu, qui avait également beaucoup bu, avait saisi un support de pot de fleur en métal et avait porté un coup sur le crâne de son père. Ce dernier, victime de graves traumatismes, avait dû être opéré en urgence.



« alcoolisme notoire »

Le prévenu comparaissait donc ce mardi pour avoir provoqué l’infirmité permanente de son père. A la barre, l’homme a reconnu les faits, expliquant qu’il ignorait les raisons de la violence de son père à son égard le jour des faits. Face aux enquêteurs, le vieil homme avait justifié son éclat de colère par le fait que son fils ne « payait aucune charge pour la maison. »

L’évocation des faits au tribunal ce mardi n’a pas réellement permis de comprendre l’origine de l’altercation. Mais elle a eu pour mérite de mieux cerner les relations de cette famille, très abîmée par la mort de la mère en 2007. Les témoignages de la fratrie ont dressé le portrait d’un père dont l’alcoolisme notoire a été aggravé par le décès de son épouse qui avait été placée dans une famille d’accueil en raison de son handicap. Le récit de l’un des autres fils de la victime a confirmé l’addiction de l’homme à l’alcool : « notre père buvait tous les jours. Du matin au soir. Parfois, je le voyais allongé sur le béton devant la maison. Alors, j’allais le chercher pour le porter dans son lit. » Propos confirmés par l’expertise psychologique du prévenu : « le père était un alcoolique notoire, il y a eu une forte majoration de son addiction à la mort de son épouse et lorsqu’il avait bu, il était violent avec les membres de sa famille (..) Le prévenu considère très mal son père lorsque celui-ci a bu. Il en a peur. Le passage à l’acte réside dans l’exacerbation de sa colère dans un contexte d’alcoolisation massive. »

Avant de requérir 2 ans de prison avec sursis à l’encontre du prévenu, le procureur de la République a rejeté la notion de légitime défense en ajoutant que l’on « pouvait penser que le comportement de la victime » n’était pas « étranger à l’origine de la bagarre. »

Après en avoir délibéré, les magistrats ont, eux-aussi, estimé que les conditions de la légitime défense n’étaient pas réunies. Le tribunal a cependant déclaré la victime « responsable à 50 % » de son préjudice. Le prévenu a été condamné à trois ans de prison avec sursis simple.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 6 Mars 2018 à 15:48 | Lu 1735 fois




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