Tahiti Infos
Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49


Grève Cuisine centrale : "La proposition faite par la direction est une coquille vide" (Cyril Legayic)



Grève Cuisine centrale : "La proposition faite par la direction est une coquille vide" (Cyril Legayic)
PAPEETE, le 04/12/2017 - Le conflit continue entre les grévistes de la Cuisine centrale de Papeete et son conseil d'administration. Cette fois-ci, les grévistes déplorent le traitement discriminatoire de la part de la direction, entre les salariés. Autre fait reproché, une partie des fonds qui a été rétribuée aux associations des parents d'élèves… Dans un courrier, les grévistes demandent des comptes à leur président, Jacky Bryant.

"C'est une coquille vide où les deux tiers des points sont refusés, et il n'y a pas de dialogue social", regrette Cyril Legayic, directeur général des services de la Confédération des syndicats indépendants de Polynésie (CSIP).

Jeudi, la direction de la Cuisine centrale représentée par son président, Jacky Bryant, a fait une proposition à la CSIP dans l'espoir de mettre fin au conflit qui les oppose depuis près de deux semaines. Face à cela, les grévistes ont fait part de leur mécontentement dans un courrier qu'ils ont adressé à leur président, jeudi dernier.

Dans ce courrier, les syndicalistes se disent "outrés de constater que vous rétribuez une partie des résultats aux Associations des parents d'élèves (APE), alors que ces dernières ont plombé la Cuisine centrale, depuis des années, par les retards et les non paiements des coûts des repas fournis par la Cuisine".

Selon les syndicalistes, les factures impayées des APE s'élèveraient à plus de 10 millions de francs, "une APE doit plus de 8 millions de francs à la Cuisine", raconte Uirai Layton, délégué syndical de la CSIP.

Et pour bien comprendre le topo de la situation, il faut savoir que la Cuisine centrale vend ses prestations aux APE. "On vend les repas (entrées, plats de résistance et desserts) à 365 francs aux maternelles et à 370 francs pour les primaires. Les APE revendent ces plats à des tarifs différents, ça varient entre 500 francs et 800 francs", explique Uirai Layton. "Donc, elle fait une plus-value sur le travail effectué par le personnel de la Cuisine centrale", rajoute Cyril Legayic.

Et tout ça "grâce aux efforts des salariés, et au nouveau directeur qui a réussi à inverser la tendance négative des finances vers le positif", indique Cyril Legayic.

Des pratiques qualifiées de discriminatoires par les syndicalistes. Surtout que "les APE encaissent directement les subventions accordées par la caisse de la CPS et de la commune (pour les ½ boursiers et boursiers)", notent les syndicalistes dans leur courrier.

AUTRE POINT : INIQUITÉ SUR LES PRIMES

Les syndicalistes regrettent là aussi le manque de respect de la direction. "Le personnel a fait des efforts depuis des années, sacrifiant nos primes d'ancienneté, sans aucune revalorisation des salaires avant juillet 2017, travaillant dans des conditions à la limite de la sécurité et d'hygiène, avec des promesses d'amélioration des équipements qui tardent à venir", indiquent-ils dans leur courrier.

Toujours selon les syndicalistes, le Conseil d'administration leur a proposé "une maigre prime" à hauteur de 25 000 francs par an. "C'est scandaleux", s'insurgent les grévistes.

Cette prime représenterait, selon les syndicalistes, une enveloppe de 700 000 francs à dispatcher sur les salariés. Alors que les bénéfices de la Cuisine centrale s'élèvent à plus de 52 millions de francs sur l'année scolaire 2016-2017. Et puisque la Cuisine centrale n'a pas le droit de conserver ces bénéfices, le conseil d'administration a donc décidé de répartir ces fonds comme suit :
- Une partie pour l'investissement de la Cuisine centrale (camions…)
-Une partie sur les APE
- Et 700 000 francs pour les salariés.

"Il y a certains qui ont bénéficié d'une augmentation de 10 000 francs, certains de 2 500 francs et d'autres de 5 000 francs. Et pourtant, on n'a pas regardé l'emploi occupé, ni les classifications. On a plutôt regardé le côté ancienneté, et c'est ce que le personnel déplore. Alors qu'à la Cuisine centrale, c'est une équipe de cuisiniers et une chaine de personnes qui travaillent dans l'intérêt des enfants dans les établissements scolaires, et ils ne sont pas récompensés à juste titre. Il y a une dépréciation au niveau des fonctions occupées par le personnel", rajoute Cyril Legayic.

CONVENTION COLLECTIVE DE L’HÔTELLERIE

Le président du CA avait déclaré se fier à la convention collective de l'hôtellerie. "Aujourd'hui, il se manifeste parce qu'il y a une convention collective, encore faut-il qu'il la respecte dans son intégralité. Ils ont fait un reclassement pour 3, 4 ou 5 personnes, alors que c'est la majeure partie qu'il faut reclasser par rapport aux classifications du secteur d'activité, et c'est là où le problème se pose", rétorque Cyril Legayic.

REVALORISATION SALARIALE ?

La direction aurait refusé de revoir la grille salariale, ce que dénoncent les syndicalistes. "À partir du moment, où il y a une différence de salaire par rapport au tronc commun des conventions collectives, pourquoi ne pas mettre en place une grille et la faire évoluer en interne ? Ils ont refusé et ils ont dit qu'il y avait une grille sectorielle qu'ils prennent comme référence pour le personnel. Comment peut-on prendre en référence une grille qui est inférieure aux salaires dont bénéficie le personnel ? Et nous souhaitons aussi faire valoir, les augmentations qui sont accordées dans le secteur d'activité, est-ce que le personnel en bénéficiera autant ? On se pose la question", souligne Cyril Legayic.

"Il y a aussi les primes qui ont été accordées lors des réunions mensuelles, et le CA veut les remettre en cause. Il y a des primes forfaitaires, et maintenant, ils veulent des primes à la journée, alors qu'ils ont déjà donné leur aval. Et sur le reclassement du personnel, ils se gargarisent de faire appliquer la convention collective sectorielle. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils respectent les classifications et les qualifications de la convention collective de l'hôtellerie", explique le directeur général des services de la CSIP.

Même si des points méritent encore à être éclaircis, Cyril Legayic assure que ce conflit pourrait être levé assez rapidement. "Mais on souhaite que le CA ainsi que son président redescendent sur terre pour venir discuter avec l'organisation et ses représentants. Et ce qu'ils oublient, c'est que, ce n'est pas avec le syndicat qu'ils continueront à travailler, mais avec le personnel qui est mécontent".

Malgré nos multiples tentatives pour joindre le président l'association en charge de la gestion de la Cuisine centrale de Papeete, nos appels sont restés sans réponse.



Rédigé par Corinne Tehetia le Lundi 4 Décembre 2017 à 18:30 | Lu 1323 fois






Dans la même rubrique :
< >

Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | Assistance | Appels d'offre et communiqués