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Gaston Flosse règle ses comptes



Tahiti, le 1er février 2021 – Dans une interview accordée à Tahiti Infos, le président du Tahoeraa, Gaston Flosse, évoque le retour de Vaitea Le Gayic dans les rangs du groupe orange, règle ses comptes avec ses élus, Fernand Tahiata, et surtout sa présidente déléguée, Teura Iriti, qu'il voit même démissionner du parti. Il expose une nouvelle fois son projet de Amuitahiraa et d'État associé à la France.
 
Pourquoi avoir demandé à Vaitea Le Gayic de revenir au groupe Tahoeraa ?

"L'année dernière au mois de décembre, à l'approche de la discussion budgétaire, Nicole Sanquer m'avait dit qu'elle attendait cinq ou six représentants du Tapura qui devaient la rejoindre de manière à avoir un bon groupe à l'assemblée. Nous avons attendu. Or, on s'est retrouvé à la veille de la discussion budgétaire et personne n'est venu les rejoindre. Donc, c'est moi qui ai proposé à Nicole Sanquer de lui prêter Vaitea Le Gayic pour avoir six représentants à l'assemblée et donc un groupe, pour pouvoir participer aux réunions des présidents de groupe et avoir un temps de parole intéressant pour vraiment bien travailler à l'assemblée."
 
Que lui avez vous demandé en retour ?

"Rien du tout. Après le vote du budget, j'ai à nouveau demandé à Nuihau et Nicole de venir et je leur ai dit que Vaitea reviendrait au Tahoeraa. Nicole Sanquer m'a dit : 'oui, c'était normal. On avait compris que Vaitea venait pour un temps provisoire chez nous. Et il est normal qu'elle retourne au Tahoeraa'. Mais cette opération ne s'est pas faite à ce moment-là. Et ce n'est donc que la semaine dernière que j'ai demandé à Vaitea de concrétiser ce que nous avions prévu à l'avance. Elle a démissionné du A Here ia Porinetia pour revenir au Tahoeraa. C'est un non-événement, je ne vois pas pourquoi elle en fait tout un plat."
 
Vous ne vous êtes pas fâchés parce qu'elle voulait monter un mouvement politique ?

"Ça, c'est autre chose. Franchement, je ne sais pas comment qualifier cette conduite de Nicole Sanquer. Je l'aide –car Vaitea Le Gayic ne voulait pas aller dans son groupe car elle ne savait pas ce qui allait se passer– et ce sont nos représentants dans les archipels et notamment aux îles Sous-le-vent qui m'appellent pour me signaler que Nicole Sanquer leur a demandé d'être leur représentant à Huahine, à Taputapuatea, Tumara'a et Moorea également (...). La personne de Moorea devait être recrutée par Nuihau Laurey et devait travailler dans son école de formation pour être professeur en langue tahitienne. Elle est tout à fait libre de créer un parti. Mais pourquoi elle ne va pas chercher au Tavini, au Tapura ? Personne ne veut venir dans son parti. Donc elle s'est dit que, peut-être, le plus facile ce serait au Tahoeraa. C'est quand même pas fair-play, alors que le Tahoeraa lui a donné les moyens d'exister à l'assemblée. Et voilà comment elle nous remercie. Mais ce n'est pas un problème. C'est le jeu politique. C'est comme cela et je ne lui en veux pas du tout. C'est un non-événement pour moi."
 
Il a bien été question de fusion entre A Here ia Porinetia et le Tahoeraa ?

"Oui, nous avons parlé de fusion, mais cela ne l'intéressait pas."
 
Ce n'est pas plutôt votre présidente du groupe Tahoeraa, Teura Iriti, qui n'était pas d'accord avec cette fusion ?

"Oui, Teura n'était pas d'accord, elle voulait garder les trois groupes de l'opposition à l'assemblée. Bon, peut-être qu'elle craignait aussi pour la présidence du groupe, je ne sais pas."
 
Si demain Nicole Sanquer revenait vous voir, vous l'accepteriez ?

"Ah non ! Cela suffit comme cela. Ce n'est pas la première fois qu'elle me trahit. Non, cela suffit."
 

"Teura Iriti ne participe plus à la vie du parti"

On entend parler d'une possible démission du Tahoeraa du tāvana de Tubuai, Fernand Tahiata ?

"Ce n'est pas nouveau. Il y a longtemps qu'il veut démissionner, comme beaucoup d'autres maires avec le chantage et la pression d'Édouard Fritch sur eux. Car si vous ne venez pas au Tapura, vous n'aurez pas de budget d'investissement. Vous n'aurez rien de la part du gouvernement. Et Fernand Tahiata ne mène pas du tout la vie d'un élu Tahoeraa. Cela ne me surprend pas qu'il s'en aille. Mais Édouard Fritch lui a posé comme condition qu'il emmène avec lui le tāvana de Rimatara, Artigas Hatitio, qui est Tahoeraa, pour qu'il prenne la tête de liste aux Australes. C'est un marchandage et je déplore cette attitude du président, alors que nous sommes en pleine crise sanitaire, sociale, économique, que le chômage atteint toutes les familles polynésiennes, qu'elles n'ont pas d'argent, pas d'emploi, que les entreprises ont fait faillite (...). Monsieur va se promener au lieu de se préoccuper de la santé des Polynésiens. Décidément, on peut dire que le Pays n'a pas progressé, ne s'est pas développé pendant sa gouvernance. Je pense qu'il n'est pas à sa place."
 
Si on parle des pressions aux investissements sur les tāvana, on peut dire qu'Édouard Fritch est allé à bonne école avec vous ?

"Non, ce n'est pas cette école-là. Depuis septembre 2014, il est président. Qu'est-ce qu'il a fait pour notre Pays ? Lorsqu'il aura terminé cette mandature, en 2023, qu'est-ce qu'on va retenir d'Édouard Fritch ? Il n'a absolument rien fait."
 
Mais sur les tāvana, vous êtes connu vous aussi pour avoir utilisé les investissements du Pays pour rallier les maires à votre cause ?

"Ils venaient de leur plein gré. Et puis la différence, c'est que je tenais ma parole et je réalisais la promesse que je leur avais faite. Ils étaient réellement attachés à notre gouvernement et à notre majorité. Tandis que là, ils ont quand même peur car son conseiller spécial est là également et il fait pression et menace tous ces maires-là. C'est presque de la dictature."
 
Quelles relations avez-vous avec votre présidente déléguée Teura Iriti ?

"Teura Iriti ne participe plus à la vie du parti. Je l'ai vue au lendemain de son élection à Arue. Je lui ai dit qu'elle était représentante à l'assemblée, présidente du groupe Tahoeraa, présidente d'une commission et maintenant maire de Arue, présidente de la fédération Tahoeraa de Arue et dans d'autres organismes encore… Donc elle n'a pas le temps. À quel moment elle va faire tout cela ? Alors je lui ai demandé de céder ou bien la présidence du groupe ou bien la présidence d'une commission. Et je pensais à Sylviane Terooatea ou bien aujourd'hui à Vaitea Le Gayic qui seraient à même d'assumer ces fonctions-là. Et madame ne veut pas. Elle veut garder toutes ces fonctions-là et le groupe à l'assemblée ne fonctionne pas. Il n'y a jamais de réunion. Elle a recruté une personne, mais qui travaille uniquement pour elle et pas pour le groupe. Enfin, le groupe Tahoeraa huiraatira est le groupe qui marche le moins bien à l'assemblée. On n'a jamais entendu parler du groupe Tahoeraa à l'assemblée. Mais elle n'a pas le temps. Je ne la blâme pas, elle n'a pas le temps. Alors je dis laisse au moins quelques postes, mais madame se fâche et monte sur ses grands chevaux."
 
Il y a de l'eau dans le gaz entre vous alors ?

"Pas pour moi, elle reste présidente et voilà, le travail est mal fait."
 
Dans une interview à Tahiti infos, elle a indiqué qu'elle "prenait son envol". Qu'en pensez vous ?

"J'attends de savoir qu'est-ce qu'elle veut dire par prendre son envol. Car quand on vole, on quitte son nid. On quitte sa maison, sa famille et on va avec ses propres forces. J'attends de voir ce qu'elle veut dire par prendre son envol."
 
Est-ce vous pensez qu'elle va démissionner ?

"Je crois. Car avant les élections, elle a rencontré Lana Tetuanui et lui a dit qu'elle allait voter pour elle. Elle a invité à dîner Édouard Fritch, Teva Rohfristch et d'autres responsables du Tapura pour leur dire : comptez sur moi, je vais voter pour vos candidats. Mais à une condition, c'est que vous fassiez l'impossible pour que je ne sois pas inéligible. Et je pense qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait."
 
Vous pensez vraiment que le politique local a la mainmise sur la justice ?

"Eh bien oui, j'ai l'impression. Je ne sais pas, mais j'ai bien l'impression. C'est comme le cas de Cyril Tetuanui. Je ne comprends pas qu'ayant été condamné en première instance, puis en appel… en cassation, il n'y ait plus rien. Il est blanc comme neige."
 

"Qu'avons-nous eu en retour des Nations Unies ?"

Où en êtes-vous avec le Amuitahiraa ?

"Les statuts du Amuitahiraa sont prêts. Malheureusement, nous devions tenir le congrès le 3 octobre 2020 et nous n'avons pas pu à cause de l'épidémie. Nous devions également demander au congrès d'accepter cette nouvelle voie que je leur propose, considérant que l'autonomie –après 37 ans– était devenue un statut dépassé. Et considérant que malgré tout, nous n'arrivons pas à développer notre pays comme nous le voudrions, car l'autonomie ne nous donne pas tous les moyens. J'avais l'intention de proposer au congrès du Tahoeraa d'opter pour un nouveau statut : celui d'État souverain associé à la France, parce que nous ne pouvons pas couper complètement les liens avec la France. Et je devais ensuite parcourir toutes les fédérations pour développer ces deux points, malheureusement la Covid nous en empêche."
 
Est-ce vos démêlés judiciaires avec l'État qui vous ont conduit à cette idée d'État souverain associé à la France ?

"Non, moi je ne veux pas de démêlés avec la France (sic). Lorsque nous serons prêts, je demanderai à rencontrer le président de la République pour lui exposer notre vision de l'avenir de notre pays. (…) Je veux que les négociations aient lieu dans la paix, le respect de l'un par rapport à l'autre et que la France comprenne ce mouvement qui démarre, qui est dans la population et qui est de plus en plus soutenu par une majorité de la population. Si on regarde les chiffres des dernières territoriales de 2018, le Tapura a fait 53 000 voix, le Tahoeraa 36 000 voix et le Tavini 25 000 voix. Et les deux partis souverainistes, le Amuitahiraa o te nunaa Ma'ohi –ancien Tahoeraa– et le Tavini, nous faisons ensemble 62 000 voix. La majorité de la population est avec nous… Mais il y a de nombreux problèmes avant. Nous ne pouvons pas nous défaire comme ça, comme Oscar le réclame, avec une indépendance pure où il y a vraiment une rupture totale avec la France. On ne peut pas. On a 6 000 Polynésiens qui sont fonctionnaire d'État. Qu'est-ce qu'on en fait ? Vous avez l'Éducation où tout le personnel est payé par l'État. C'est un total de 69,200 milliards de Fcfp. Comment allons-nous les payer ? C'est la question que je pose à Oscar. Depuis huit ans qu'il va aux Nations Unies, c'est l'échec total. Qu'avons-nous eu en retour des Nations Unies ? Rien, zéro, pas un avantage. Donc ce n'est pas avec les Nations Unies qu'il faut discuter, c'est avec le président de la République. C'est avec Paris qu'il faudra que nous discutions."
 
Vous êtes pour la mise en place d'un référendum au fenua ?

"Ah oui, tout à fait. De toutes façons, c'est la population qui décide. Les Nations Unies ne pourront pas nous imposer l'indépendance. Il y aura un référendum et c'est le peuple polynésien, sur une liste électorale spéciale, qui va décider de cette nouvelle voie que je leur proposerai."
 
Qu'est ce qui va réellement changer ? Quelles seront les compétences supplémentaires pour le Pays ?

"Notre problème, c'est surtout un problème de développement économique. Un exemple : pourquoi est-ce que la ferme aquacole à Hao ne sort pas, alors que cela fait sept à huit ans qu'on en parle ? La France est complètement opposée aux investissements chinois dans notre pays. Voilà un frein à notre développement. Si nous voulons emprunter de l'argent, nous sommes obligés d'emprunter aux établissements financiers français, alors que nous avons ailleurs des avantages plus intéressants sur la durée, le taux… Concernant l'Éducation, qui dirige ce secteur-là qui est de notre compétence ? C'est le vice-recteur et la DGEE (Direction générale de l'éducation et des enseignements,NDLR) deux métropolitains. Alors que pour la DGEE, un de nos inspecteurs de l'Éducation nationale pourrait très bien tenir cette place-là. Et non, on fait venir un métropolitain. Vous avez d'autres exemples comme cela. Il n'y a que le statut de souveraineté qui pourrait le faire. Même nos richesses sous-marines, aujourd'hui, appartiennent à la France. Mais pourquoi ? C'est chez nous. C'est notre terre, notre mer… Cela fait de nombreuses années que je réfléchis, après 37 ans d'autonomie c'est fini. On a atteint les limites. D'ailleurs, Jacques Chirac le disait avec notre dernier statut d'autonomie, celui de février 2004 : 'Ce n'est plus de l'autonomie cela.' Et je lui ai répondu : 'oui, mais ce n'est pas de l'indépendance non plus, c'est une nouvelle voie'. Il faut aller plus loin."
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 2 Février 2021 à 17:07 | Lu 8124 fois





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