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Fin du 46ème sommet du Forum des Îles du Pacifique : un communiqué et des polémiques



PORT-MORESBY, dimanche 13 septembre 2015 (Flash d’Océanie) – Le sommet annuel des dirigeants des États membres du Forum des Îles du Pacifique (FIP) s’est achevé vendredi 11 septembre 2015 sur son traditionnel communiqué final, marqué par les questions de changements climatiques touchant cette région, mais aussi par une vive polémique qui, dimanche, a forcé dimanche un ministre australien à s’excuser publiquement après avoir tenu des propos désobligeants envers les pays de cette région.
« J’ai fait une erreur, je présente mes excuses à quiconque ait pu être offensé par mes propos », a déclaré dimanche Peter Dutton, ministre australien de l’immigration, qui participait à ce sommet à Port-Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée), aux côtés de son Premier ministre Tony Abbott (conservateur).
« Il s’agissait d’une discussion sur un ton léger avec le Premier ministre et je n’avais l’intention d’offenser personne », a-t-il expliqué face à une chaîne de télévision australienne.

En fin de semaine dernière, M. Dutton, faisant apparemment référence à l’une des réunions du FIP quoi s’éternisait, avait ironisé en faisant remarquer à son chef de gouvernement que « le temps n’a pas d’importance quand, vous savez, vous avez l’eau qui frappe à votre porte ».
La remarque s’était conclue par un éclat de rires.
Quelques secondes plus tard, un autre ministre de la délégation australienne lui faisait remarquer qu’il s’exprimait devant un micro, qui avait tout enregistré.
Ces commentaires avaient ensuite suscité un torrent de critiques, aussi bien sur les réseaux sociaux qu’à un niveau plus officiel.
Peter O’Neill, Premier ministre papou et assurant désormais la Présidence tournante du FIP, avait évoqué des commentaires pour le moins « malheureux » .

« La montée du niveau des océans est un sujet grave, qui touche des milliers de personnes à travers le Pacifique (…) Des communautés entières sont menacées et perdent leurs maisons et leurs moyens de subsistance. À chaque nouvelle grande marée, les peuples du Pacifique vivent dans la peur (…) Des gens sont poussés à abandonner leurs terres, où leurs familles ont vécu pendant des milliers d’années. Et dans le Pacifique, le lien à la terre est très important » , a ainsi rappelé le chef de l’exécutif papou.
D’autres dirigeants océaniens, dont les pays sont parmi les plus directement menacés par les effets néfastes du changement climatique, se sont aussi offusqués de ces remarques australiennes.
Anote Tong, Président de Kiribati, a parlé pour sa part réagi en parlant d’attitude « moralement irresponsable »
« Tant qu’il y aura ce genre d’attitude, ce genre d’arrogance, de la part de n’importe quel dirigeant que ce soit, alors il y aura toujours des tensions », a-t-il commenté.
Tony de Brum, ministre des affaires étrangères des îles Marshall, s’est dit quant à lui « consterné » par ce genre de propos.
Cet incident intervenait quelques heures après que l’Australie, représentée au plus haut niveau, soit parvenu à tenir tête aux dirigeants océaniens.
Ces derniers demandaient à Canberra de faire plus d’efforts en vue de réduire son volume d’émissions de gaz à effet de serre, et en particulier celles liées à sa florissante industrie de l’exploitation et de l’exportation du charbon.

Au final, sur le chapitre du changement climatique et de la menace que ce phénomène représente pour le Pacifique, le communiqué final des dirigeants du FIP est largement perçu comme un constat d’échec et de divisons internes, tant le texte final est dilué.
Ce texte contraste avec celui, plus musclé, publié plus tôt dans la semaine, à l’issue de la réunion des plus petits États insulaires membres du FIP, parmi lesquels Kiribati ou encore Palau.

Par contre, sur le dossier des ressources halieutiques océaniennes, convoitées et exploitées parfois de manière illégale par des navires non signalés, les dirigeants océaniens se sont déclarés plutôt satisfaits par l’initiative lancée par la Nouvelle-Zélande, sous forme de proposition de mise en place d’un système de quotas.
Cette initiative est assortie d’un programme d’aide de l’ordre d’une trentaine de millions de dollars US au cours des trois années à venir.
Quant à l’Australie, sur le même dossier, elle a promis de mettre l’accent sur un renforcement des capacités régionales de surveillance maritime, à hauteur d’environ 13 millions de dollars US.

Symptôme de ces tensions internes parmi les dirigeants du FIP : la version définitive du communiqué final n’aura finalement été publiée qu’une douzaine d’heures après la clôture du sommet.
Les prochaines éditions du sommet annuel du FIP devraient avoir lieu aux États Fédérés de Micronésie (2016), à Samoa (2017), à Nauru (2018) et à Tuvalu (2019), ont par ailleurs annoncé les dirigeants océaniens dans leur communiqué final.


Plus musclée : la déclaration de Suva

Début septembre 2015, Fidji accueillait la troisième édition de « son » Forum, le Pacific Islands Development Forum (Forum de Développement des Îles du Pacifique, PIDF).
À l’issue du troisième sommet du PIDF, les dirigeants se sont fendus d’une « déclaration de Suva », censée interpeller la communauté internationale en termes parfois loin des formules diplomatiques, au sujet de leur responsabilité dans la réduction des émissions de gaze à effet de serre contribuant au réchauffement climatique planétaire.

Ces déclarations interviennent à quelques semaines du sommet COP21 qui devrait avoir lieu à Paris, sous l’égide de l’ONU et sous les auspices français, avec pour objectif affiché de parvenir à des engagements contraignants de la part des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre.

Dans leur déclaration, les dirigeants océaniens participant à ce 3ème PIDF sont même allés jusqu’à évoquer le concept de la reconnaissance de « dommages-intérêts » payables aux pays océaniens, dont certains (Kiribati, Tuvalu, îles Marshall, mais aussi certaines îles de Fidji, de Vanuatu ou de Papouasie-Nouvelle-Guinée) sont menacés à moyen terme par la submersion, du fait de la très faible élévation de leurs îles et atolls (moins de deux mètres) au-dessus du niveau de la mer.

Enfilant volontiers le rôle de porte-parole et de défenseurs des intérêts des États insulaires du Pacifique, le Premier ministre fidjien Franck Bainimarama, rappelant le contenu de la déclaration de Suva signée vendredi 4 août 2015, a notamment rappelé que ce texte était marqué par « notre déception et notre frustration face à l’échec du monde et son inaction ».
« Nous, ici, dans le Pacifique, avons pour habitude de parler doucement. C’est dans notre nature. Mais sur ce sujet, il nous a fallu crier ensemble, d’une seule voix. Crier que trop, c’est trop. C’est ce que nous avons fait », a-t-il déclaré en guise de clôture du sommet de Suva.
« La déclaration de Suva a pour vocation d’être un document historique, correspondant à un moment historique : celui où le Pacifique s’est uni pour faire porter sa voix », a-t-il ajouté.
« La lutte n’est pas terminée. Elle va se poursuivre jusqu’à Paris et même au-delà (…) Nous laisser couler sous les vagues est totalement immoral. Le monde ne doit pas nous trahir », a-t-il lancé à l’attention de la communauté internationale.

Les rivalités entre le FIP et le PIDF se sont aussi invitées, par épisodes, lors du sommet de Suva.

En particulier lorsque M. Bainimarama, dans son discours d’ouverture, a spécifiquement pointé du doigt l’Australie, demandant publiquement à Canberra de « cesser de miner le PIDF en faisant pression sur les gouvernements et dirigeants de la région pour qu’ils n’assistent pas (aux réunions du) PIDF ».
« Je l’ai dit à plusieurs reprises : cette organisation (le PIDF) n’est pas une menace pour le Forum des Îles du Pacifique, que l’Australie et la Nouvelle-Zélande préfèrent maintenir comme la composante dominante, voire la seule, de l’architecture régionale (en Océanie) », a-t-il martelé.
Au passage, il a aussi pointé du doigt l’Australie, pièce maîtresse, selon lui, d’une « coalition des égoïstes » en raison de l’importance qu’elle attache à la préservation de ses exportations de charbon.
« Cher Premier ministre (australien, Tony) Abbott, il est temps de placer le bien-être et la survie de vos voisins du Pacifique avant le développement de votre industrie du charbon », a-t-il renchéri mercredi 2 septembre 2015 lors d’une de ses interventions à Suva devant les dirigeants océaniens et internationaux.

pad

Le texte intégral du communiqué final du 46ème sommet des dirigeants du FIP (en Anglais) à l’adresse suivante :

http://www.forumsec.org//pages.cfm/newsroom/press-statements/2015-media-releases/46th-pacific-islands-forum-communique.html

Ce texte est assorti de deux déclarations, l’une dédiée à la question des changements climatiques et l’autre à la montée en puissance de la notion de « régionalisme océanien » :

Pacific Islands Forum Leaders Declaration on Climate Change

Hiri Declaration: "Strengthening Connections to Enhance Pacific Regionalism"

Rédigé par PAD le Lundi 14 Septembre 2015 à 06:07 | Lu 819 fois






1.Posté par simone grand le 14/09/2015 13:01 | Alerter
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Un sacré leurre que celui des états océaniens indépendants.
Ils le sont si peu
Et le peu qu'ils puissent l'être se fait en colonisant d'autres frères
Aue tatout e.........................

2.Posté par atopa le 14/09/2015 21:11 | Alerter
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Les "dommages intérêts "payables aux états océaniens (en fait mis au chaud sur les comptes bancaires des dirigeants !!) sont le souci principal de tous ces clowns qui sont déjà des réfugiés économiques en Australie et Nouvelle Zélande.
Il faut le redire : le réchauffement climatique est une réalité liée à un phénomène naturel, il s'est déjà produit à de multiples reprises alors que l'homme n'existait pas sur Terre. Mais difficile de taxer le soleil ou les volcans qui crachent sans interruption les fameux gaz à effet de serre. Il vaut mieux culpabiliser l'Australie ou la Nlle Zélande comme on culpabilise les européens avec l'invasion qui déferle.....
Merci Simone ! C'est si rare l' intelligence !!!

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