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Fidji: Le Contre-amiral se déclare candidat aux prochaines législatives



À vos marques….. C’est sur une piste d’athlétisme que le Contre-amiral Bainimarama a annoncé qu’il se présenterait aux élections (Source photo : Fijivillage)
À vos marques….. C’est sur une piste d’athlétisme que le Contre-amiral Bainimarama a annoncé qu’il se présenterait aux élections (Source photo : Fijivillage)
SUVA, vendredi 22 mars 2013 (Flash d’Océanie) – Le Contre-amiral Franck Bainimarama, au pouvoir depuis son putsch du 5 décembre 2006, a annoncé vendredi pour la première fois qu’il serait candidat aux élections législatives qu’il annonce toujours pour septembre 2014.
« Je me présenterai aux élections et je suis confiant de les remporter, sinon je ne présenterais pas. Je n’ai pas l’habitude de perdre », a-t-il déclaré à la presse locale, alors qu’il se trouvait sur les pistes du stade de la capitale pour y inspecter l’état d’avancement des rénovations de ces installations.
Cultivant à fond la métaphore sportive et concurrentielle, en associant piste d’athlétisme et course, sportive ou politique, le Contre-amiral s’est présenté en short, baskets, casquette et veste de survêtement.
Après avoir effectué quelques longueurs de piste en compagnie de jeunes Fidjiens, l’homme fort de Suva a fait sa déclaration et reconnu au passage qu’il devrait au préalable créer un parti.
Mais il a déclaré ne pas avoir encore choisi ses futurs compagnons de route.
« Je n’ai pas encore décidé de qui pourrait se présenter avec moi (…) Je n’y ai pas encore réfléchi », a-t-il déclaré au site d’informations en ligne Fijilive

Les spéculations quant aux velléités du Contre-amiral, qui a pris le pouvoir en invoquant son désir de débarrasser cet archipel de la corruption et de systèmes politiques discriminatoires et racistes, de rechercher un mandat populaire, alimentaient depuis longtemps les débats locaux.
Mais jusqu’ici, l’intéressé, lorsqu’il était interrogé à ce sujet, se contentait de déclarer qu’il n’avait pas encore pris sa décision, mais en informerait le public « quand il se sentira prêt ».

M. Bainimarama se déclare aussi inquiet d’un retour des anciens partis au pouvoir qui, selon lui, en cas de retour aux affaires, « s’empresseraient de défaire tout ce que nous avons mis en place depuis décembre 2006 ».
« J’ai jeté un coup d’œil sur les intentions affichées des partis politiques qui veulent se présenter aux élections et à mon sens, Fidji devrait se faire du souci », a-t-il déclaré.

Sur la scène locale, toutefois, avant même de se déclarer, le Contre-amiral a multiplié les tournées aux quatre coins de l’archipel, donnant l’image d’un homme en perpétuelle campagne.

De fait, plusieurs sondages réalisés ces derniers mois lui attribuent un taux élevé de satisfaction dans des bases électorales variées, aussi bien chez les Fidjiens indigènes que chez les citoyens d’origine indienne, descendants des premiers planteurs de canne à sucre amenés à Fidji à la fin du dix-neuvième siècle par le pouvoir britannique, alors que Fidji était l’un de ses colonies.

La dernière étude publiée en date (février 2013), conduite en 2011 et en 2012 par un institut de recherches sociales dépendant d’un séminaire de théologie basé à Fidji, a tenté de brosser un portrait de l’opinion des personnes interrogées (environ 350) concernant l’état de la démocratie et de la gouvernance à Fidji.
Cette étude a ainsi révélé qu’un nombre élevé d’opinions exprimées estimait que M. Bainimarama « aurait beaucoup à apprendre aux politiques », qu’ »il était « accessible », « réactif » et « l’homme de la situation ».
Selon le même sondage, à la question concernant le fait de savoir si le gouvernement post-putsch du Contre-amiral faisait ou non un bon travail, même s’il n’est pas élu, les réponses ont été majoritairement positives.

Lors d’un récent déplacement à Labasa (île de Vanua Levu, Nord de l’archipel), le 12 mars 2013, pour y inaugurer une nouveau centre de services gouvernementaux, le Contre-amiral a déclaré avoir été interpellé à plusieurs reprises par des citoyens lui demandant pourquoi il tenait tant à ce que des élections aient lieu en 2014.
« Dans plusieurs régions de Fidji que j’ai visitées, les gens m’ont demandé pourquoi une élection l’an prochain. Nous sommes contents des choses telles qu’elles sont maintenant. Pour moi, c’est une reconnaissance du travail que ce gouvernement a fourni en matière de prestation de services publics », a-t-il lancé à l’occasion de cette inauguration à Labasa, tout en fustigeant l’immobilisme des précédents gouvernements démocratiquement élus, y compris le dernier, mené par Laisenia Qarase, qu’il a renversé le 5 décembre 2006.

Une autre forme de sondage, mené ces dernières semaines par le Fiji Sun, le quotidien le plus ouvertement pro-Bainimarama de la place, affirme que la majorité des personnes interrogées ces dernières semaines à Suva et dans sa grande banlieue « veulent que (M. Bainimarama) continue à diriger Fidji après les élections ».

Joue-la comme Chavez ?

Le 9 mars 2013, dans un message transmis au Venezuela exprimant ses condoléance à l’annonce de la mort du dirigeant Hugo Chavez (le 5 mars), le Contre-amiral soulignait sa « grande tristesse » à l’annonce de la disparition d’un « dirigeant politique dévoué au service de son pays et de son peuple ».
« Il croyait et travaillait en vue d’améliorer le bien-être et les vies des plus pauvres, en vertu des principes d’égalité sociale, de liberté, de justice sociale et de solidarité. Il était leur champion, il a mené la nation pendant des périodes politiquement et économiquement rudes », écrivait alors le Contre-amiral fidjien, qui se déclarait aussi « convaincu que les répercussions de sa mort se feront sentir non seulement en Amérique latine, mais aussi dans de nombreux pays en développement, y compris le mien, la République des îles Fidji ».

Exit l’Assemblée Constituante

Cette annonce de candidature de la part du Contre-amiral intervient au lendemain d’une autre annonce, qui a concerné, jeudi, l’abandon de la notion d’Assemblée Constituante, organe envisagé jusqu’alors pour entériner le projet final de Constitution, avant la tenue des élections.

Conséquence de cette annonce : le projet de Constitution fidjienne, « corrigée » par les services juridiques du gouvernement de l’archipel, ne sera finalement pas soumis à une Assemblée Constituante, a annoncé jeudi le Premier ministre Contre-amiral Franck Bainimarama, au pouvoir à la suite de son putsch du 5 décembre 2006.
M. Bainimarama, qui annonçait le 11 mars 2013 être en possession de la version « corrigée » de la Constitution fidjienne, a annoncé jeudi, à l’occasion d’un discours à la nation, que l’étape initialement prévue de soumission de cette ébauche à une Assemblée Constituante, composée d’un large éventail de politiques et membres de la société civile, n’aurait pas lieu.
Il a justifié cette décision de supprimer cette étape collégiale par la nécessité de tenir les échéances annoncées (l’adoption de la Constitution en avril 2013), mais aussi par les difficultés rencontrées dans un processus mené parallèlement et qui consistait à imposer de nouvelles conditions d’enregistrement pour les partis politiques existants.
« Malheureusement, cette modification nous a été imposée par le manque d’engagement de la part des partis politiques pour se faire enregistrer conformément aux nouvelles dispositions. Il y a des allégations de fraudes et d’usurpation d’identité. Cela ne produit pas un climat propice à la tenue d’une Assemble Constituante. Nous ne pouvons pas nous laisser retarder par de telles circonstances. À mon sens, c’est décevant car il semble que certains politiciens sont encore sous l’emprise de politiques anciennes. Le racisme et l corruption ne peuvent constituer les bases d’un nouveau départ pour notre cher pays », a-t-il lancé en réaffirmant que l’objectif ultime demeurait la tenue d’élections législatives en septembre 2014.
« Et pour cela, nous avons besoin d’au moins quinze mois pour préparer les élections », a-t-il ajouté.

Au lieu de passer par l’étape Assemblée Constituante, l’homme fort de Suva a annoncé que le projet « modifié » de Constitution serait directement soumis au peuple.
« Mes chers compatriotes Fidjiens, la nouvelle Assemblée Constituante, ce sera vous », a-t-il lancé en précisant que l’accès au texte intégral de ce document sera possible via Internet et imprimé dans la presse locale.
« Vos aurez jusqu’au 5 avril pour faire vos commentaires », a-t-il annoncé.
Ces réactions pourront se faire par courriel via une adresse qui sera annoncée dans les jours à venir, par courrier aux services juridiques du gouvernement, par texto, sur la page Facebook du ministère de l’information ou bien au cours de séances publiques en mode Forum qui sont annoncées pour avoir lieu dans les prochains jours.
Le Contre-amiral a aussi annoncé sa participation à des émissions de radio participatives, sur les ondes de la radio nationale, dans les trois langues officielles de l’archipel (Anglais, Fidjien et Hindustani), entre le 26 et le 28 mars 2013.
« Après ces consultations et la réception de vos commentaires, nous finaliserons la Constitution de manière à ce qu’elle soit prête à entrer en vigueur pas plus tard que le 12 avril de cette année », a-t-il précisé.
Parmi les points saillants de ce projet : un parlement unicaméral de 45 élus pour un mandat de quatre ans, mais aussi des dispositions prévoyant une amnistie pour les forces armées fidjiennes, et leur commandant (M. Bainimarama), pour le plus récent des quatre putschs qu’a connu Fidji dans son histoire récente (depuis 1987).
L’amnistie concernerait aussi le Premier ministre, les membres de son gouvernement, le Président de la République, les forces de police et leurs services annexes, l’appareil judiciaire et d’une manière général les membres de la fonction publique.

Cette nouvelle version vient remplacer un premier projet de Constitution, remis fin 2012 par une Commission Constitutionnelle présidée par le Kenyan Yash Ghai, mais qui avait rapidement été jugée inappropriée par les autorités locales, qui promettent toujours des élections législatives pour le dernier trimestre 2014.
Depuis, le Professeur Ghai a quitté le pays en s’exprimant en termes peu élogieux à l’adresse du gouvernement fidjien et les services juridiques à Suva ont été chargés de plancher sur une nouvelle version.

Début mars 2013, la personne en charge, au sein du ministère de la justice, de superviser ce processus d’enregistrement des partis politiques, Mme Mere Vuniwaqa, annonçait sa démission, en invoquant des raisons « personnelles ».
Cette annonce est intervenue le jour où la liste officielle des partis politiques répondant aux nouveaux critères imposés par le décret devait être annoncée, vendredi 8 mars 2013.
Le 11 mars 2013, afin de combler ce vide, le Président de la République, Ratu Epeli Nailatikau, a fait prêter serment à un nouveau Chef du Registre des partis, en la personne d’un jeune juriste Sri-lankais, Yohan Liyange, qui a dans un passé récent officié au sein des services juridiques du gouvernent de Colombo.

De nouvelles règles controversées pour l’échiquier politique

Outre la décision du gouvernement fidjien de reprendre en main et de modifier l’ébauche de Constitution, le gouvernement de Suva avait annoncé un nouveau décret entré en vigueur le vendredi 18 janvier 2012, imposant de nouvelles règles pour l’enregistrement des partis politiques.
Concernant ces récentes décisions de la part du gouvernement fidjien, l’Australie et la Nouvelle-Zélande avaient, quoique dans des termes mesurés, exprimé la déception et évoqué un « pas en arrière » dans le processus général de rétablissement de la démocratie à Fidji, avec pour étape préliminaire le processus constitutionnel.
La France, de son côté, avait réagi par la voix de son ambassadeur à Suva en estimant que « tant qu’elles ne déraillent le processus de tenue d’élections libres et justes et le retour de Fidji à la démocratie, il ne serait pas raisonnable de faire des commentaires sur ces questions de politique intérieure ».

Les partis tentent de se réorganiser

Au plan intérieur, après l’entrée en vigueur du décret relatif à l’enregistrement des partis politiques, plusieurs partis de la place se sont élevés contre ces mesures, qu’ils considèrent vexatoires et pouvant dissimuler une volonté du régime actuel, issu du putsch du 5 décembre 2006, d’éradiquer toute opposition avant la tenue des élections, toujours annoncée pour le dernier trimestre 2014.
Les partis en présence avaient 28 jours, à compter de la date d’entrée en vigueur, pour se confirmer aux nouvelles règles, qui concernent entre autres le nombre minimum d’adhérents inscrits (au moins cinq mille), la transparence des comptes et des sources de revenus, ainsi que l’interdiction pour des fonctionnaires ou syndicalistes de s’engager en politique, à moins qu’ils ne démissionnent au préalable de leurs fonctions.

Rédigé par PAD le Vendredi 22 Mars 2013 à 07:06 | Lu 479 fois





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